Ligue canadienne de football - Boulay, une recrue digne de Cahoon

Winnipeg — C'est très rare qu'une recrue puisse être comparée à Ben Cahoon, un des meilleurs joueurs de toute l'histoire des Alouettes.

C'est pourtant ce que l'entraîneur et directeur général Jim Popp a fait hier à quelques heures des cérémonies de remise des trophées individuels dans la Ligue canadienne de football où Étienne Boulay était en nomination à titre de recrue par excellence.

Popp a eu la chance d'avoir Boulay sous ses ordres cette saison, mais il a aussi eu la chance de le voir à l'oeuvre quand il était avec les Wildcats de l'Université du New Hampshire puisqu'il était aussi dépisteur-chef de l'équipe. Popp a aimé ce qu'il a vu dès le départ.

Mais dès sa deuxième journée au camp d'entraînement, Boulay qui n'est pas un géant à cinq pieds, neuf pouces, 187 livres, s'est blessé à une jambe. Il a raté deux semaines d'entraînement, soit la majeure partie du camp.

Boulay ne le savait pas, mais Popp, lui, était persuadé qu'il allait mériter sa place avec les «Moineaux». «J'avais vu en lui tellement de qualités au collège et il en avait montré suffisamment au cours des premiers jours du camp que j'étais persuadé qu'il allait commencer la saison avec nous, a dit Popp. Je ne me souviens que d'un seul autre joueur où j'ai pu en dire autant et c'est Ben Cahoon. Dès la première journée, je savais que Cahoon allait être là, c'est la même chose avec Étienne.»

Boulay, qui est diplômé en kinésiologie, a vécu une saison de rêve. Mais il admet qu'il a aussi vécu des moments stressants au Collège militaire de St-Jean lors du camp. «Je dois avouer que c'est très stressant de se retrouver chez les blessés après seulement deux jours au camp. On se demande ce qui va se passer, si on va nous garder, si on aura la chance de faire ses preuves. Mais j'ai eu la chance de compter sur Éric Lapointe et sur Matthieu Proulx, qui m'ont beaucoup aidé.»

Lapointe, qui est devenu un des grands copain de Boulay, mentionne qu'il n'aurait jamais abandonné le jeune homme à son sort. «Ma pire année dans le football professionnel, en fait ma pire expérience de vie à ce jour sur cette planète a été ma première saison avec les Eskimos d'Edmonton, a dit Lapointe. Je n'étais qu'une recrue, on me traitait comme si je n'existais pas. On me laissait de côté. J'en ai souffert pendant toute l'année.»

«Nous avons la chance de remporter la coupe Grey et c'est tout ce qui compte présentement, a dit Boulay. Je ne suis pas ici pour les honneurs individuels, mais pour aider mon équipe à gagner le championnat. Pour moi, ce serait le couronnement d'une saison exceptionnelle.»