Coupe Grey - Les deux meilleures équipes de la LCF sont en finale, selon Buono

Wally Buono, entraîneur-chef et directeur général des Lions de la Colombie-Britannique, et Jim Popp, entraîneur-chef des Alouettes, discutaient entre eux lors de la conférence de presse d’hier, à Winnipeg.
Photo: Agence Reuters Wally Buono, entraîneur-chef et directeur général des Lions de la Colombie-Britannique, et Jim Popp, entraîneur-chef des Alouettes, discutaient entre eux lors de la conférence de presse d’hier, à Winnipeg.

Winnipeg — Wally Buono, entraîneur-chef et directeur général des Lions de la Colombie-Britannique, ne s'est pas caché pour dire qu'il aurait aimé affronter Don Matthews en finale de la coupe Grey. Il a reconnu qu'il comprenait par ailleurs très bien les motifs qui ont poussé le prédécesseur de Jim Popp à la barre des Alouettes d'avoir quitté il y a un mois et demi pour des raisons de santé.

«Je tiens d'abord à dire que j'aurais souhaité renouer avec cette vieille rivalité qui nous caractérisait», a dit Buono, lui-même un ancien secondeur, qui a joué pendant dix ans avec les Alouettes. «Il y a toujours eu cette grande rivalité entre Don et moi. Je lui ai toujours porté un profond respect. Ce que je peux dire maintenant, c'est que ce sont les deux meilleures équipes de la Ligue canadienne qui s'affronteront en finale de la coupe Grey.»

Matthews a mis fin à sa carrière d'entraîneur après avoir récolté 235 victoires comme entraîneur, soit 34 de plus que Buono.

L'entraîneur des Lions a présentement la même charge de travail que Popp et il a avoué qu'il ne s'éterniserait pas au poste d'entraîneur pour le simple fait de pouvoir rejoindre Matthews au premier rang de l'histoire de la ligue.

«Nous en sommes tous là dans ce métier, a-t-il dit. Vient un temps où l'on doit tirer sa révérence. Je parle tout seul souvent quand l'entraîneur tente de convaincre le directeur général de la qualité d'un joueur ou de son utilité. Mais nous avons des contraintes dans cette ligue. Je me souviens qu'un jour, j'ai déjà dû laisser partir Doug Flutie, le meilleur joueur de l'histoire de la ligue, pour des contraintes monétaires. Je sais aussi que mon jour viendra. J'ai encore un contrat de deux ans au poste d'entraîneur. J'aimerais bien rejoindre Don, mais ce n'est pas un but véritable. Je ne resterai pas en poste juste pour y parvenir, qu'il me reste une, deux ou huit victoires pour y arriver. J'ai trop de respect pour mon métier et pour Don. Quand je quitterai, le nombre de victoires ne sera pas le principal critère pour évaluer la somme de mon travail.»

Buono a connu des ennuis de santé importants il y a quelques années. Il a même dû être opéré il y a deux ans après avoir souffert d'angine. Dans certains milieux, on a laissé entendre que Matthews avait été congédié, mais Buono croit qu'il n'en est rien. «J'ai eu la chance de parler à Don quelques fois et il m'a assuré qu'il a quitté de son plein gré et je le crois, a dit Buono. Pour avoir eu des problèmes de santé moi-même, je comprends très bien comment il pouvait se sentir. Il m'en avait d'ailleurs parlé bien avant de prendre sa décision.»

Popp a mentionné qu'il avait discuté à plusieurs reprises avec Matthews depuis son arrivée à la barre de l'équipe. «Il a vu tous les matchs à la télé et visionnera le match de la coupe Grey, c'est certain», a dit Popp.

Pour ce qui est de la semaine de la coupe Grey, les deux entraîneurs ont des vues un peu différentes quant à la marche à suivre. Popp a décidé d'imposer un couvre-feu à ses joueurs. Buono ne le fera pas.

«Il y a bien des raisons qui motivent ma décision, a dit l'entraîneur des Lions. D'abord, nous l'avions fait en 2004 et cela n'a pas fonctionné. Nous avons perdu la coupe Grey face aux Argos. Puis, je m'étais promis d'essayer d'éliminer tout ce qui pouvait devenir une distraction pour mes joueurs. Le couvre-feu était devenu en soi quelque chose qui prenait trop d'importance.

«Je me suis aperçu que je me mentais un peu à moi-même, que c'était un peu hypocrite d'imposer un couvre-feu. Je m'étais dit que je voulais traiter mes joueurs comme des hommes. Je ne le faisais pas en imposant un couvre-feu. Si on veut les traiter comme des hommes, il faut le faire tout le temps. Les gars savent pourquoi ils sont ici. Ils connaissent tout l'enjeu de ce match.»

Popp a cru bon de rappeler à ses joueurs l'importance de la rencontre. «Nous avons imposé le couvre-feu cette semaine pour un rappel seulement. Nous voulions que les gars se souviennent à tout moment que c'est important», a dit Popp.