Les jeux gais de Montréal: un déficit de 5,3 millions

Les Outgames qui se sont tenus l'été dernier à Montréal connaissent des lendemains qui déchantent. Les organisateurs sont en effet aux prises avec un déficit de quelque 5,3 millions de dollars sur un budget total de 15 millions, une situation provoquée par les faibles ventes de billets, la réponse mitigée des commanditaires et un important manque à gagner du côté des autres sources de revenus.

Malgré ce gouffre financier, pas question pour le gouvernement du Québec de mettre à nouveau la main à la poche. Ce dernier a déjà octroyé une enveloppe globale de 3 millions de dollars, dont 1,47 million sous la forme d'une marge de crédit débloquée à la hâte quelques jours avant le début des Outgames parce que les organisateurs manquaient cruellement de liquidités.

La ministre de la Culture, Line Beauchamp, a d'ailleurs fait savoir hier que Québec renonçait à récupérer cette somme. «On a décidé de se retirer de la liste des créanciers, de transformer ce prêt en subvention parce qu'on veut prioriser le remboursement des petits fournisseurs qui sont toujours en attente de remboursement», a-t-elle expliqué. Sur les 650 fournisseurs de l'événement, quelque 250 sont toujours en attente du règlement d'une partie, voire de la totalité de leur facture. L'organisation a encore 800 000 $ de comptes à recevoir et on espère que cet argent sera utilisé pour les rembourser.

À la lumière de ce bilan, Mme Beauchamp a précisé que le gouvernement devrait se doter d'une «meilleure planification» de ce genre d'événement pour éviter la répétition de ce genre de «surprise». Car «même après l'événement, l'organisme continuait de dire qu'il n'y aurait pas de déficit. Quelques semaines plus tard, on s'est entendus avec eux pour envoyer un contrôleur financier parce qu'il semblait y avoir des difficultés importantes», a expliqué hier le porte-parole de la ministre des Affaires municipales, Jonathan Trudeau. Le contrôleur a informé le gouvernement de la teneur du déficit, mais on attend toujours le bilan définitif des organisateurs. Il n'a d'ailleurs pas été possible de leur parler hier.

La Ville de Montréal, qui avait accordé un prêt d'un million aux Outgames, a elle aussi choisi d'effacer la dette. Il ne s'agit cependant pas d'une subvention, selon ce qu'a précisé la porte-parole de la mairie de Montréal, Christiane Miville-Deschêne. «Ce n'est pas une subvention, parce qu'une subvention est un montant qu'on donne volontairement», a-t-elle laissé tomber.

Selon Mme Miville-Deschènes, «il n'est pas question de mettre plus d'argent» car la Ville aurait investi près de 2,3 millions pour les services dispensés au cours des dix jours de compétitions: nettoyage, prêts de lieux, mobilisation de services d'urgence, fermetures de rues, etc. Le maire Gérald Tremblay a qualifié la somme ainsi perdue de «petit coût additionnel pour les contribuables montréalais», ajoutant que cette compétition avait été globalement «bénéfique» pour le rayonnement de la ville.

L'organisme Tourisme Montréal a dit pour sa part qu'aucun bilan portant sur l'impact des Outgames pour le tourisme montréalais n'était encore disponible. Les organisateurs avaient originellement fait miroiter des retombées de 170 millions pour l'événement, mais cette somme avait été revue à la baisse par la suite.

Les Fédération des Gay Games avait mis en garde l'organisation montréalaise contre les idées de grandeur du projet, puis avait finalement retiré l'organisation des jeux gais à la métropole. L'organisation montréalaise avait alors décidé de tenir son événement en parallèle sous le nom des Outgames. Quelque 12 000 athlètes provenant de 111 pays y ont participé.