Les Alouettes reçoivent les Argonauts, demain au Stade olympique - La guerre des revirements...

Le secondeur Timothy Strickland, un des capitaines de l'unité défensive des Alouettes, en a vu d'autres et affirme que le match de la finale de l'est de demain contre les Argonauts de Toronto sera remporté par l'équipe qui commettra le moins d'erreurs.

«C'est l'équipe qui gagnera la guerre des revirements qui gagnera le match, a dit Strickland. Dans ce genre de matchs éliminatoires, c'est toujours l'équipe qui profite le plus des erreurs de l'autre qui l'emporte.»

La recette est simple et n'a pas changé au fil des ans: il faut conserver le ballon quand on l'a et tenter de le faire perdre à l'adversaire quand il est en sa possession.

Le maraudeur Richard Karikari était tout à fait d'accord avec Strickland. «Je me souviens qu'en finale l'an dernier, j'avais réussi une interception en début de match et Timothy une autre en fin de rencontre, a dit Karikari. Ces jeux-là sont importants dans les gros matchs et font une plus grande différence en fin ou en début de rencontre. Ces jeux-là changent toute l'allure.»

En fait, il est vrai que ce sont souvent ces jeux qui font la différence dans les matchs de championnat.

«Toutes les erreurs ou les bons jeux sont amplifiés, a rajouté Strickland. C'est la raison pour laquelle il est si important dans ce genre de match de faire attention à tous les petits détails et de vraiment se concentrer à chaque jeu.»

Strickland devra avoir deux joueurs à l'oeil en particulier, les deux porteurs de ballon des Argos, Ricky Williams et John Avery. Ils n'ont pas dominé le circuit comme on aurait pu croire en début de saison, mais ils ont tous deux immensément de talent et peuvent exploser à tout moment.

«Ils ont tous deux été des premiers choix au repêchage dans la NFL et il est évident qu'on ne peut les perdre de vue, a dit Strickland. Les Argos ont de bons receveurs de passes, mais il faut se méfier de cette attaque au sol. Nous nous sommes assez bien débrouillés lors de notre dernière rencontre, mais ces deux gars-là ont beaucoup de talent, on le sait.»

En fait, la présence de deux porteurs de ballon de cette trempe met beaucoup de pression sur les épaules des secondeurs. Ce sont eux qui ont la responsabilité de stopper l'attaque au sol.

«Il faut surtout s'affairer à colmater les brèches, a dit Strickland. Il faut en payer le prix. Nous avons connu du succès contre eux déjà et je ne vois pas de raison pour qu'il en soit autrement dimanche [demain]. La communication sur le terrain devient fort importante pour nous. C'est sûr qu'il faut tenter de réaliser le gros jeu, mais il est aussi très important de se concentrer sur le travail de base.»

La défensive des Alouettes a peu à se reprocher depuis quelque temps. Strickland reconnaît que ce ne fut pas toujours le cas. «Nous avons connu des hauts et des bas en début de saison. Mais nous jouons beaucoup mieux en deuxième demie. Nous avons sensiblement le même personnel que l'an dernier, mais on dirait que la communication est meilleure présentement.»

Karikari et ses coéquipiers de la défensive tertiaire doivent d'abord et avant tout s'occuper des receveurs de passes, mais il reconnaît qu'il garde lui aussi un oeil sur Williams, par exemple. «Il ne faut pas le laisser s'échapper. Il faut le frapper dès qu'on en a la chance. Il est tellement fort physiquement. Il faut tenter de lui faire échapper le ballon.»

Quant à l'entraîneur-chef Jim Popp, il a dit à nouveau qu'il ne s'attendait pas à rien de bien nouveau de la part des Argos, que les Alouettes ont affrontés trois fois en saison.

«C'est toujours la même chose, a dit Popp. Ça revient toujours à une question d'exécution. C'est l'équipe qui exécute le mieux les jeux qui a le dessus. Par exemple, je ne sais pas si nous allons courir souvent avec le ballon. Nous tenterons peut-être 50 passes, qui sait? Ça dépend toujours de l'allure du match et de ce que nous concède la défensive adverse.»

Anthony Calvillo sait par ailleurs qu'il faudra, que ce soit par la passe ou par la course, que son équipe connaisse du succès lors des premiers jeux.

«Si on ne gagne pas six ou sept verges au premier jeu, la balle se retrouve dans le camp des Argos, a dit Calvillo. Leur défensive est la plus efficace de la ligue quand l'adversaire a plus de quatre verges à gagner au deuxième essai. On peut connaître du succès contre cette défensive, mais elle joue toujours en fonction de limiter les dégâts.»

Les Alouettes ont vendu déjà quelque 30 000 billets pour le match de demain. Pour un, Popp aimerait sans doute qu'il y ait plus de spectateurs dans les gradins. «Les spectateurs nous donnent de l'énergie, dit-il. Ils nous soulèvent quand ils sont là pour nous encourager. Nous en voulons le plus possible.»