Masters féminin - Sharapova ou Henin-Hardenne, qui sera Miss monde?

Madrid — Justine Henin-Hardenne et Maria Sharapova s'affrontent aujourd'hui en demi-finales du Masters avec comme enjeu la place de no 1 mondiale du tennis féminin.

Une place en finale suffirait à la Belge pour verrouiller définitivement la position en sa faveur. Le problème, c'est qu'elle devra se coltiner, dès les demi-finales, ce qui se fait de mieux actuellement sur la planète tennis.

Henin-Hardenne a en effet réalisé une très mauvaise opération hier en se faisant reléguer au deuxième rang de son groupe par Amélie Mauresmo, qui rencontrera Kim Clijsters dans l'autre demi-finale.

Car Sharapova continue à croquer dans le tournoi avec une rage incroyable, dont Svetlana Kuznetsova a fait, à son tour, les frais (6-1, 6-4). Il s'agit là de la 19e victoire de suite (hors forfait) de la Moscovite qui, à Madrid, n'a toujours pas perdu un set. «C'était pas mal aujourd'hui [hier] encore. J'aime Madrid!», a-t-elle commenté à chaud.

On voit mal comment Henin-Hardenne, apparue très fatiguée dans son troisième set face à Mauresmo, pourrait réellement l'inquiéter.

«Si je dois jouer Sharapova, la motivation sera énorme. Pas pour la place de no 1, cela passe au deuxième plan pour moi, mais pour aller plus loin. Mais elle joue un grand tennis en ce moment. Ce sera difficile», a concédé la Belge après sa défaite contre la Française.

Au fond du trou il y a deux jours après un non-match en ouverture face à Nadia Petrova (6-2, 6-2), celle-ci a fait preuve d'un orgueil formidable pour renverser la situation.

Comme la veille face à Hingis, désormais éliminée, la future ex-no 1 mondiale s'est sorti d'une situation comprise face à Justine Henin-Hardenne.

Brouilles

À la traîne après la perte du premier set et un break contre elle dans la deuxième manche, elle a réduit progressivement son retard, écarté deux balles de break cruciales à 4-4 dans le deuxième set, pour remporter cette manche au bris d'égalité, sur deux doubles fautes de la Belge.

Visiblement marquée physiquement, celle-ci accusait sérieusement le coup et laissait Mauresmo, plus fraîche, dominer nettement le dernier set.

«Je suis très contente de la manière dont je me suis accrochée hier et aujourd'hui [jeudi et hier], a synthétisée Mauresmo. Malgré ce qui s'était passé en ouverture, j'ai continué à y croire. Je reviens de très loin et j'en suis fière.»

À croire que l'animosité l'inspire. Opposée coup sur coup à ses deux ennemies intimes sur le circuit, elle y a peut-être puisé une partie de la force qui allait lui permettre de renverser la vapeur.

En froid avec Hingis depuis toujours, sa brouille avec Henin-Hardenne remonte au début de l'année, où la Française n'a pas très bien pris l'abandon de la Belge en finale de l'Open d'Australie, qui l'a privée d'un triomphe plus spectaculaire.

Mauresmo, elle, a préféré mettre en avant ses deux victoires en Grand Chelem cette année, à l'Open d'Australie et à Wimbledon, où elle avait battu chaque fois... Henin-Hardenne en finale.

«Cela m'a aidée à rétablir la situation ici, a-t-elle souligné. Ces victoires en Grand Chelem m'ont donné beaucoup de confiance. Cela aide beaucoup, car vous savez que rien n'est impossible.»