Un pied dans la grande ligue - Latendresse est aux anges

Maintenant qu'il a un pied dans la grande ligue, comme il le dit lui-même, Guillaume Latendresse veut faire sa place au sein d'un des meilleurs trios du Canadien.

«Je veux performer, pousser dans le dos des gars qui ont des postes dans les gros trios», a affirmé Latendresse, hier, devant l'espace qu'il va dorénavant occuper dans le vestiaire de l'équipe.

Quelques heures plus tôt, le jeune ailier qui ne manque pas de cran avait apposé sa signature au bas d'un contrat de trois ans qui va l'enrichir de 850 000$ US annuellement.

L'annonce de sa mise sous contrat a provoqué un raz de marée médiatique à l'Auditorium de Verdun, où l'équipe s'est entraînée, ainsi qu'au Centre Bell. L'arrivée de l'autobus des joueurs à Verdun a totalement éclipsé le départ de Guy Lafleur, qui participait à un événement en compagnie d'anciens.

«Je ne peux pas me sentir mieux qu'aujourd'hui. C'est le plus beau jour de ma vie jusqu'à maintenant», a lancé Latendresse, qu'on a mis sur un piédestal au sens propre.

«On dirait que je ne le réalise pas encore. Je suis au septième ciel, j'ai le sourire continuellement accroché aux lèvres», a ajouté le jeune attaquant, qui a appris la nouvelle de la bouche de son père Alain jeudi soir.

Il s'agit pour lui de la concrétisation des deux rêves qu'il chérissait depuis son enfance, soit ceux de jouer dans la LNH et dans l'uniforme du CH. Il ne craint la pression qui est associée au statut de hockeyeur québécois qui évolue dans la cour de la Sainte-Flanelle.

«Ce n'est pas de la pression à mes yeux, a-t-il mentionné. Je vois davantage ça comme de l'adrénaline qui me pousse à me surpasser.»

La performance de deux buts et d'une passe qu'il a connue, lundi, contre les Sénateurs d'Ottawa à Truro, en Nouvelle-Ecosse, est, selon lui, ce qui a convaincu les dirigeants de le garder.

Le numéro 84, qui aurait mal encaissé d'être renvoyé dans les rangs juniors pour la deuxième année de suite, a reçu la confirmation de l'entraîneur Guy Carbonneau qu'il ne portera pas les coulerus des Voltigeurs de Drummondville cette saison.

«Il [Carbonneau] m'a dit être bien placé pour comprendre ce que je vais vivre et que la porte de son bureau serait toujours ouverte si j'ai besoin d'aide.»

Quant à Carbonneau, il a indiqué devant la presse que la polyvalence de Latendresse avait fait la différence dans la lutte qu'il a livrée au Bélarusse Andrei Kostitsyn.

«Guillaume peut remplir plusieurs rôles, a-t-il expliqué. C'est ce qui fait qu'il est plus attrayant qu'Andrei. Il peut jouer sur un quatrième trio ou un premier.»

Latendresse devrait d'ailleurs amorcer la saison régulière au sein du trio à caractère défensif complété par Radek Bonk et Steve Bégin. L'unité va affronter les Sénateurs au Centre Bell, samedi, à l'occasion du dernier match préparatoire du Tricolore.

On ne veut évidemment pas brusquer les choses dans le cas du jeune colosse.

«Tout va se passer beaucoup plus vite que dans les rangs juniors, a fait remarquer l'entraîneur. Je lui ai dit ce matin qu'il compte déjà beaucoup plus d'amis qu'il en avait jeudi. On va voir comment il va composer avec tout ça. Il n'est pas assuré qu'il va disputer tous les matchs ou qu'il va avoir 20 minutes de temps de jeu par rencontre. Tout va être lié à son rendement sur la glace. S'il ne me donne pas le choix de l'envoyer dans la mêlée, il va jouer.»

Carbonneau a répété que le Canadien n'a pas cédé devant la réaction des amateurs qui réclamaient Latendresse haut et fort.

«Il a mérité son poste. Il a bien fait à chacun des matchs qu'il a disputés. Il a connu de moins bons matchs que d'autres, mais aucun de mauvais. Il a toujours été le meilleur chez les jeunes qui bataillaient pour un poste.»

Estimant que Latendresse possède la maturité pour résister à la pression, Carbonneau a opiné que la pression sera plus forte sur lui que sur le jeune.

«Je vais être l'ennemi numéro un de Guillaume parce que c'est moi qu'on va blâmer si je ne le fais pas jouer», a-t-il laissé tomber en souriant.