Football - Les Alouettes sont prêts à affronter les Bombers de nouveau

Si les joueurs des Alouettes semblaient abattus dimanche à la suite de leur défaite aux mains des Blue Bombers de Winnipeg, leur sixième revers d'affilée, l'attitude au sein de la formation de Don Matthews a bien changé au cours des derniers jours.

En fait, après une longue séance d'entraînement de plus de deux heures au Stade olympique hier, le ton était bien différent. On parlait à nouveau d'émotions, de plaisir de jouer et de travail à accomplir en vue des matchs éliminatoires qui seront à nos portes bientôt.

C'est avec cette attitude que les Alouettes veulent se présenter demain à Winnipeg pour le dernier affrontement en saison régulière contre les Blue Bombers.

«En fait, nous devons traiter cette rencontre comme s'il s'agissait de la grande finale de la section Est, a dit le vétéran joueur de centre Bryan Chiu. Don Matthews disait la semaine dernière que les séries étaient commencées, mais il faut aller encore plus loin.»

Personne chez les Alouettes n'a encore montré quelqu'un du doigt pour la série de défaite. Tous sont d'accord pour dire qu'il faut plutôt retrouver le plaisir de jouer. «Il y a un tas de gens qui enfilent un complet le matin et qui vont s'enfermer dans un bureau pour trimer dur toute le journée, a dit Chiu. Nous, nous sommes en culottes courtes sur un terrain de jeu à courir après un ballon et à nous amuser comme de grands enfants. Il faut se rappeler que c'est un jeu et il nous faut retrouver le plaisir de jouer.»

«Je sais que c'est notre travail et que nous sommes payés pour le faire, mais c'est un jeu. Si chaque gars fait ce qu'il a à faire, nous allons nous en sortir. Nous sommes capables d'y arriver. Nous avons la même équipe qui dominait la ligue en première demie. Nous devons faire en sorte que les autres équipes nous craignent comme c'était le cas en début de saison.»

Matthews a laissé entendre que plusieurs joueurs tentaient sans doute de trop en faire. Chiu a reconnu que c'était sans doute là un des problèmes. «Je pense que c'est la nature humaine, dit-il. Mais c'est impossible de réussir de cette façon. Quand on tente de faire le travail du gars d'à côté, c'est là qu'on commet des erreurs.»

Le plaqueur défensif Adriano Belli croit lui aussi que les Alouettes ont abandonné un peu leur plan de match. «Nous sommes tellement tendus depuis un certain temps, c'est incroyable, dit-il. Si chacun fait son travail, c'est certain qu'on va retrouver du plaisir à jouer. Nous sommes les Alouettes, une des meilleurs équipes de la ligue. Les gars semblent l'avoir oublié. Il faut que les autres équipes nous craignent comme c'est le cas pour Ohio State ou Notre Dame au football collégial américain. Il faut arrêter de penser qu'il faut limiter les erreurs. Il faut plutôt penser à réaliser les bons jeux.»

Le quart Anthony Calvillo croit lui aussi que bien des joueurs ont tenté de trop en faire pour aider l'équipe à mettre fin à cette série de revers. Il a reconnu qu'il avait lui-même été coupable de cela.

«Je me suis surpris à penser lors du match contre les Lions de la Colombie-Britannique il y a deux semaines que je devais courir un peu plus, me déplacer plus rapidement.»

«Ce n'est pas mon style et tout ce que j'ai réussi à faire, c'est de quitter la pochette protectrice trop rapidement. J'ai bousillé bien des jeux de la sorte parce que le synchronisme n'y était plus. Je courrai si le jeu le dicte, si la situation se présente, mais je ne tenterai plus jamais de forcer les choses.»

En tentant de trop en faire, Calvillo a reconnu que les siens avaient perdu de bonnes chances au cours des derniers matches. «L'autre jour contre les Bombers, nous avons réussi une interception. J'étais tellement excité en retournant sur le terrain que j'ai hâté mes gestes et deux jeux plus tard, nous étions de retour sur le banc. Il faut profiter des chances que nous avons, mais nous ne sommes jamais obligés de perdre notre calme.»

Les joueurs des Alouettes ont eu tendance à paniquer au cours des derniers matches. C'est le lot de bien des équipes qui connaissent une période creuse.

«Quand nous commettons une erreur on a tendance à se dire que ça y est, que ça recommence, a encore dit Chiu. Il faut plutôt se dire que ce n'est rien, que ce n'est pas un petit contretemps qui va venir gâcher notre plaisir. Les défaites nous épuisent. Il faut y mettre fin.»