Défaites en série des Alouettes - Calvillo se confesse

Au cours des dernières années, Anthony Calvillo a connu énormément de succès au poste de quart avec les Alouettes. Il a accumulé des gains par la passe de plus de 5000 verges à chacune des quatre dernières saisons. On retrouve son nom un peu partout dans le livre des records de la Ligue canadienne de football.

Mais samedi dernier, c'est sur le dos, regardant le toit du B.C. Place, qu'on l'a retrouvé le plus souvent. En fait, il a été plaqué 11 fois derrière sa ligne de mêlée quand les Alouettes ont essuyé un cinquième revers de suite.

Calvillo ne s'est pas caché pour dire qu'il avait été en partie responsable de la situation, qu'il aurait dû réagir plus rapidement en quelques occasions et même courir avec le ballon. L'entraîneur-chef Don Matthews semblait d'accord.

«J'ai dit en effet que le manque de mobilité de Calvillo avait été pour quelque chose dans tout cela», a avoué Matthews. «Je l'ai dit pour enlever un peu de pression sur les épaules des joueurs de la ligne à l'attaque. Je ne voulais pas qu'ils pensent qu'on leur jetait tout le blâme.»

Calvillo ne se défile jamais et il accepte souvent le blâme justement pour empêcher qu'on pointe du doigt ses coéquipiers. C'est noble de sa part. «Nous avons connu beaucoup de succès au cours des dernières années et pourtant je n'étais pas plus rapide ou mobile que maintenant», a dit le vétéran joueur de quart. «Non, je pense que depuis cinq ans, les défensives de toutes les équipes se sont améliorées. On voit des défensives plus sophistiquées. Ils inventent de nouvelles façons de faire tout le temps. D'ailleurs, quand je regarde autour, je vois qu'il ne se marque pas autant de points que par le passé dans la ligue.»

Autant Matthews que Calvillo ont reconnu que les Alouettes devront sans doute s'en remettre un peu plus à l'attaque au sol qui a souvent été négligée. Robert Edwards, pour un, n'a qu'un seul match avec plus de 100 verges de gains au sol cette saison.

Calvillo y est même allé d'une pointe d'optimisme.

«Je sais que nous avons perdu cinq matches, mais je suis excité à la pensée que nous avons joué très bien pendant deux quarts et demi samedi dernier contre une des meilleures équipes du circuit et que nous tenions notre bout. Nous nous sommes effondrés par la suite parce que nous avons commis des erreurs.

«Nous sommes toujours au premier rang, nous avons notre sort entre nos mains. Nous avons toujours un excellent personnel de joueurs. Si nous parvenons à limiter les erreurs et les revirements, nous nous en tirerons. Nous devons tout simplement arrêter de donner le ballon à l'adversaire.»

Pour ce qui est de l'histoire du congédiement ou de la démission de Matthews, Calvillo n'y croit pas.

«Le sentiment dans le vestiaire, et je pense que je parle au nom de tous en disant cela, est que Don est un excellent entraîneur et qu'il sera là pour encore longtemps.»