Mondial 2006 - Portugal: les derniers feux d'une génération dorée

L’attaquant portugais Luis Figo se promenait sur le terrain avec le maillot du héros du match d’hier, le Français Zinédine
Photo: Agence Reuters L’attaquant portugais Luis Figo se promenait sur le terrain avec le maillot du héros du match d’hier, le Français Zinédine

Munich — L'attaquant Luis Figo, leader portugais d'une génération dorée et longtemps promise aux lauriers de la gloire, mettra samedi avec le match de classement du Mondial de football un terme à sa carrière internationale, sans avoir jamais remporté de titre majeur.

Même si une troisième ou quatrième place d'un Mondial est une belle ligne sur un palmarès, il manquera définitivement un titre majeur dans une grande compétition sous le maillot national à celui qui détient le record de sélections (126) sous la tenue rouge et verte.

Ce n'est pourtant pas faute d'y avoir cru. Car souvent, ces dernières années, le Portugal s'est présenté comme un prétendant au titre dans les grands rendez-vous tant, sur le papier, la sélection lusitanienne présentait un groupe de qualité, au même niveau pensait-on que les plus grandes nations.

Cette génération en or, celle des Pauleta, Nuno Valente ou Rui Costa, emmenée par le grand Figo, avait tout renversé sur son passage dans les catégories d'âge, s'attribuant les titres de champion du monde des moins de 16 ans à la fin des années 80, puis des moins de 19 ans en 1991.

Mais, chez les adultes, les déceptions se sont enchaînées. Souvent décevants dès les phases qualificatives, les Portugais manquaient deux rendez-vous planétaires (1994 et 1998) avant de se qualifier, enfin, pour le Mondial 2002 au Japon et en Corée du Sud.

L'aventure asiatique allait tourner au fiasco et l'élimination dès le premier tour sera ressentie comme une humiliation au pays.

«Nos joueurs étaient de qualité mais nous ne formions pas un groupe», révélera Figo.

Scolari le relance

Deux ans plus tard, le Portugal allait relever la tête, à domicile, lors de l'Euro 2004. La sélection qui avait été prise en mains par le sélectionneur brésilien Luiz Felipe Scolari au lendemain de la crise de 2002 répondait enfin aux attentes de ses supporteurs.

Un football souvent léché et efficace permettait à Figo et ses coéquipiers de se hisser en finale de «leur» tournoi. Mais, une nouvelle fois, la déception allait être au rendez-vous par la faute d'une étonnante équipe de Grèce, à l'insolent réalisme.

C'en était trop pour Luis Figo qui décidait alors de tirer un trait sur sa carrière internationale.

Le joueur, il est vrai, traversait une grave crise de confiance après avoir perdu sa place de titulaire au Real Madrid. Mais, relancé par un transfert à l'Inter Milan et convaincu par le discours volontariste de Scolari, le faux ailier droit réintégrait l'équipe nationale, convaincu «de pouvoir réaliser un exploit» en Allemagne.

«Je suis là pour aider le Portugal à gagner. Après une pause, c'est comme si c'était le premier jour», avait alors déclaré lors de son retour en mai 2005, cet attaquant râblé, très solide sur ses jambes et doté d'une technique hors norme.

Hélas pour lui, la victoire l'a une nouvelle fois boudé hier à Munich.

Après avoir accumulé les trophées en clubs (avec le Sporting Lisbonne, le FC Barcelone, le Real Madrid puis l'Inter), Figo restera donc à jamais frustré par ses résultats en équipe nationale.

Même s'il délaisse le maillot national avec l'aura de l'un des meilleurs joueurs portugais de tous les temps.