L'Italie brise le rêve allemand

L’Allemand Michael Ballack a fondu en larmes à la fin du match perdu contre l’Italie hier.
Photo: Agence Reuters L’Allemand Michael Ballack a fondu en larmes à la fin du match perdu contre l’Italie hier.

Dortmund — L'Italie a brisé le rêve de finale de toute une nation en assommant l'Allemagne 2 à 0 en toute fin de la prolongation en demi-finale du Mondial 2006 hier à Dortmund.

Soixante-deux ans jour pour jour après le «Miracle de Berne» et le premier titre mondial de l'Allemagne et malgré les 65 000 spectateurs du stade de Dortmund plein comme un oeuf et chaud bouillant pour la Mannschaft, l'Allemagne n'atteindra pas l'objectif fixé par Jürgen Klinsmann de devenir champion du monde une quatrième fois.

Dimanche à Berlin, l'Italie affrontera le vainqueur de l'autre demi-finale entre le Portugal et la France. L'Allemagne devra se consoler avec la «petite» finale, samedi à Stuttgart.

Bataille tactique

Les Italiens ont pris la décision dans les ultimes minutes de la prolongation, atteinte sur un score nul et vierge, grâce à Grosso (119e) et Del Piero (120+1).

Les 118 premières minutes entre les deux triples champions du monde furent, comme annoncé, une bataille de tranchée. L'Italie a contenu les assauts allemands en attendant les occasions de contre lancées par ses latéraux Camoranesi et Grosso. La bataille tactique a tourné à l'avantage de la Squadra avec 57 % de possession de balle.

Privé du milieu récupérateur Torsten Frings, élément-clé de son système, Klinsmann créait la surprise en titularisant les deux remplaçants potentiels. Sebastian Kehl, milieu défensif de formation, prenait son poste et Tim Borowski, plus offensif, était aligné sur l'aile gauche.

La première grosse occasion était allemande. Borowski, manifestement à l'aise sur l'aile gauche, adressait un centre pour Klose qui combinait sans succès avec Podolski (15e). Mais dans la minute suivante, Lehmann devait intervenir dans les pieds de Perrotta, lancé dans le dos de la défense. Plus rapide avec Lahm, Borowski à gauche et Schneider à droite, les Allemands butaient sur le verrou italien.

L'Italie gardait le pied sur le ballon, asseyant sa domination en provoquant trois corners en dix minutes. Un raid de Grosso trouvait Toni mais était dévié par un défenseur allemand (30e). L'Allemagne était sevrée de bons ballons et seul Schneider, lancé par Klose, pouvait tenter sa chance juste au-dessus (34e) et le score restait vierge à la pause.

Les Allemands repartaient à l'attaque en seconde période. Klose, servi par Kehl, s'enfonçait dans la défense mais butait sur Buffon (48e). Ballack, transparent depuis le milieu de la première période, reprenait en main le jeu et Podolski, d'une frappe en pivot aux six mètres, obligeait Buffon à repousser des poings (62e).

Del Piero enfin

Le rythme baissait et Klinsmann injectait du sang neuf avec Schweinsteiger pour Borowski (73e) puis Odonkor pour Schneider (83e). Lippi faisait de même et Gilardino remplaçait Toni (74e). Ballack manquait l'occasion en or en frappant au-dessus un coup franc à la limite de la surface (81e). Sur l'un des rares éclairs italiens, Lehmann sauvait du poing devant Perrotta, lancé par Totti (87e).

L'Allemagne jouait donc sa seconde prolongation en quatre jours, après le quart de finale contre l'Argentine. Et passait tout près de la sortie, quand Gilardino, au bout d'un raid, trouvait le poteau, suivi par Zambrotta, dont la frappe s'écrasait sur la transversale (93e). Podolski, qui avait manqué une tête au premier poteau (105e), frappait sur Buffon (112e) entre deux ratages de Del Piero, rentré à la 104e minute.

Mais une petite passe de Pirlo trouvait Grosso qui délivrait enfin les siens d'une frappe enroulée (119e). C'était fini pour l'Allemagne, qui encaissait un second but par Del Piero deux minutes plus tard.

En tribune officielle, la chancelière allemande Angela Merkel félicitait le président du Conseil italien Romano Prodi, pendant que les joueurs, dont Ballack en pleurs, faisaient un dernier tour de stade pour saluer la foule.