L'Italie met au supplice une pâle Ukraine

L’attaquant italien Luca Toni a enfin justifié son titre de meilleur buteur européen en marquant ses deux premiers buts au Mondial 2006 lors de la large victoire de la Squadra Azzurra devant l’Ukraine (3-0) en quart de finale, hier à Hambourg.
Photo: Agence Reuters L’attaquant italien Luca Toni a enfin justifié son titre de meilleur buteur européen en marquant ses deux premiers buts au Mondial 2006 lors de la large victoire de la Squadra Azzurra devant l’Ukraine (3-0) en quart de finale, hier à Hambourg.

Hambourg — L'Italie s'est facilement qualifiée pour les demi-finales du Mondial 2006 en mettant au supplice une pâle Ukraine (3-0), hier à Hambourg dans un quart de finale qui ne restera pas dans les annales, en dépit d'un doublé de Luca Toni.

L'Italie rencontrera l'Allemagne (vainqueur de l'Argentine) en demi-finale mardi à Dortmund. La Coupe du monde va encore s'offrir un classique. Les images de la demi-finale du Mondial 1970 n'ont pas fini de tourner à la télévision.

Notamment celle du «Kaiser», Franz Beckenbauer (aujourd'hui à la tête du comité d'organisation du Mondial 2006), terminant la rencontre le bras en écharpe, avec une épaule démise.

L'Italie, triple vainqueur de l'épreuve (16e participation), n'a pas eu beaucoup à faire pour prendre la mesure de timorés Ukrainiens, appuyés par leur président Viktor Iouchtchenko, assistant à la rencontre alors que son pays est en proie à de nouveaux soubresauts politiques.

Il est cependant peu probable que cette victoire éteigne totalement le feu des critiques qui s'abattent sur l'Italie depuis le début du tournoi, vu la faiblesse de l'opposition ukrainienne hier.

La Squadra Azzurra a en outre un peu baissé le pied après son premier but (1-0, 6e). Il a fallu attendre 53 minutes après l'ouverture du score pour que Luca Toni marque le deuxième but italien (2-0, 59e) dans une défense ukrainienne fantomatique. Toni récidivait dix minutes après (3-0, 69e).

Pauvre «Sheva»

Ce succès offrira cependant un petit ballon d'oxygène aux Italiens, sous les projecteurs avec le procès du scandale du Calcio.

Les choses commençaient idéalement pour l'Italie. Après un une-deux avec Totti, Zambrotta ouvrait la marque du gauche au ras du poteau de Shovkovskiy (1-0, 6e). C'était son deuxième but en 56 sélections.

Zambrotta a sans doute dédié son but à Gianluca Pessotto. Il avait d'ailleurs quitté brièvement la sélection cette semaine avec Alessandro Del Piero pour se rendre au chevet de l'ancien joueur de la Juventus Turin après sa tentative de suicide supposée.

Les Ukrainiens s'enferraient quant à eux dans un jeu brouillon, abusant des longs ballons aériens, à l'image de Kalinichenko cherchant Shevchenko.

«Sheva» faisait peine à voir, faisant l'essuie-glace sur le front de son attaque, de droite à gauche, allant chercher lui-même les ballons au milieu de terrain, prenant des coups au passage pour se retrouver le nez dans la pelouse.

Un de ses rares tirs était trop écrasé (40e). Gattuso, son ancien partenaire à l'AC Milan, allait même le consoler sur le chemin des vestiaires à la pause.

À la reprise, Buffon était impeccable sur une tête de Gusin (51e). Les Ukrainiens avaient encore une occasion en or, mais Gusev et Tymoshchuk échouaient sur le dernier rideau défensif (59e).

Puis Totti adressait un centre à Toni, qui reprenait de la tête au milieu d'une défense ukrainienne aux abonnés absents (2-0, 59e).

Une autre tête, de Gusin celle-là, finissait sur la transversale italienne (62e). Et Toni, sur un caviar de Zambrotta, corsait l'addition dans un match devenu trop facile (3-0, 69e). Le joueur de la Fiorentina en est désormais à neuf buts en 22 sélections et fait enfin trembler les filets en sélection après avoir survolé le Calcio.