Première journée d'essais libres du Grand Prix du Japon de Formule 1 - Villeneuve se donne des frayeurs

Jacques Villeneuve a été forcé de rentrer aux puits à bord du camion-grue du circuit de Suzuka à la suite de son accident d’hier
Photo: Agence Reuters Jacques Villeneuve a été forcé de rentrer aux puits à bord du camion-grue du circuit de Suzuka à la suite de son accident d’hier

Suzuka, Japon - Victime d'une très violente sortie de piste en matinée, Jacques Villeneuve s'en est miraculeusement sorti indemne mais «secoué», disait-il hier, à l'issue de la première journée d'essais libres en vue du Grand Prix du Japon de Formule 1.

Pour une rare fois cette saison, ce sont les deux pilotes McLaren, Kimi Raikkonen et David Coulthard, qui ont réalisé les meilleurs temps de cette première journée d'essais sur le circuit de Suzuka.

Raikkonen a dominé la journée en bouclant le tracé de 5821 kilomètres en 1 min 34 s 232, une demi-seconde devant son coéquipier.

Les deux Ferrari, qui avaient terminé la matinée en tête, sont un peu à la traîne. Barrichello, troisième, compte plus d'une seconde de retard. Michael Schumacher, lui, a connu des ennuis électroniques et n'a pu défendre ses chances. Il a terminé la journée au sixième rang.

Le Colombien Juan Pablo Montoya (Williams-BMW) a lui aussi effectué une violente sortie de piste. Il a perdu le contrôle de sa FW24 à pleine vitesse, en fin de séance, et a percuté les murs de pneumatiques. Il s'est néanmoins adjugé le quatrième temps.

Dès sa première présence en piste, Villeneuve a perdu le contrôle de sa monoplace à la sortie de la courbe de «Spoon» et a terminé son embardée contre les pneus.

«Je suis monté sur le vibreur», a expliqué le Québécois, qui a dû se contenter du 19e rang (1 min 38 s 136). «Juste derrière ce vibreur, la piste redescend, et cela n'est pas normal car nous ne sommes pas supposés avoir de tels vibreurs.»

«Pendant un moment, les roues ne touchaient plus l'asphalte alors que c'était la coque qui touchait. Et le contrôle de traction n'a pas fonctionné. Quand les roues ont retouché l'asphalte, la voiture s'est mise à patiner et cela m'a envoyé dans le mur», a ajouté Villeneuve, qui roulait à 200 km/h.

«J'ai été surpris par le choc parce que nous n'avons jamais l'impression de rouler si vite. J'ai appuyé trop fort.»

Voitures lentes

Au moment où Villeneuve tapait le mur, son coéquipier Olivier Panis (17e en 1 min 37 s 927) se trouvait arrêté en bord de piste, à quelques mètres de Villeneuve. Catastrophe pour BAR-Honda, qui pourrait très bien s'en trouver handicapée pour la séance de qualification et peut-être même pour la course.

«En ce moment, les deux voitures sont lentes et très difficiles à piloter. Et nous n'avons pas fait de boulot aujourd'hui [hier]», a dit Villeneuve.

Ambassadeurs de Honda au Japon, Villeneuve et Panis pourraient toutefois bénéficier de certains avantages.

«C'est bien ainsi. Et ce serait bien aussi si, à chaque fois que nous venons au Japon, nous bénéficions d'un moteur plus puissant. Il faudrait juste qu'il y ait plus de circuits au Japon», a lancé Villeneuve en rigolant.

À chaque année, Villeneuve aime bien réitérer sa préférence pour le circuit japonais.

«C'est une piste fabuleuse mais c'est aussi un circuit sélectif où la répartition des poids est peut-être la plus importante. Et nous, comme nous avons beaucoup de masse à l'arrière, dans tous les changements de direction à haute vitesse, la voiture devient très difficile à piloter», a expliqué Villeneuve, ajoutant qu'il affectionne aussi les fans japonais même s'ils sont parfois envahissants.

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