Hockey - Yan Stastny, un Américain slovaque qui parle français

Boston — Yan Stastny est imprégné des cultures slovaque, québécoise et américaine. Citoyen du monde, le fils de Peter Stastny se dit à l'aise aussi bien en Amérique du Nord qu'en Europe. Âgé de 23 ans, il lui reste maintenant à faire sa niche dans la Ligue nationale.

«Je me sens jamais perdu, peu importe où je me trouve. Je m'adapte facilement», dit l'attaquant des Bruins de Boston qui a vu le jour à Québec le 30 septembre 1982.

Yan Stastny parle trois langues — le slovaque, le français et l'anglais — comme ses soeurs Katarina, 25 ans, et Kristina, 22 ans, et son frère Paul, 20 ans. Il se débrouille aussi en Allemand puisqu'il a joué deux saisons à Nuremberg.

Stastny a quitté Québec vers l'âge de huit ans lorsque son père est passé aux Devils du New Jersey. La famille s'est ensuite installée à St. Louis. «J'ai vécu à St. Louis pendant une quinzaine d'années. C'est là que j'ai grandi. La maison familiale est toujours là-bas», raconte Yan Stastny dans un français très correct.

Après la chute du communisme, les Stastny sont souvent retournés en Slovaquie pour les vacances d'été. «À la maison, on parle toujours le slovaque, dit-il. Pour mon père, c'est très important. La Slovaquie est toujours près de son coeur.»

Un match de rêve

Yan, lui, se dit Américain. Il espère d'ailleurs représenter les États-Unis au championnat du monde qui aura lieu à Riga, en Lettonie. Il se pourrait même qu'un jour il affronte la Slovaquie.

«C'est un match que mon père souhaite voir, dit-il. Son rêve serait que la Slovaquie l'emporte et que je marque un ou deux buts.»

Yan Stastny a été réclamé par les Bruins au sixième tour du repêchage de 2002. Incapable de s'entendre avec les Bruins sur les modalités d'un contrat, Stastny a joué deux saisons en Allemagne avant d'être échangé aux Oilers d'Edmonton en août 2005.

«J'ai eu un bon camp à Edmonton. Malheureusement, je me suis blessé à un poignet. Par la suite, j'ai surtout joué à Iowa, dans la Ligue américaine. Là-bas, c'était dur. Le club est affilié à Dallas et j'ai pas beaucoup joué. Mon jeu manquait aussi de régularité.»

Stastny a joué trois matchs dans l'uniforme des Oilers avant d'être transféré à Boston en retour de Sergeï Samsonov le 9 mars dernier, date limite des transactions. Les Bruins ont également obtenu l'attaquant Marty Reasoner et un choix de deuxième tour en 2006.

Avant d'affronter le Canadien, Stastny avait disputé 18 matchs à Boston, où il a amassé trois passes. «Cette transaction est une bonne chose pour ma carrière, dit-il. Les Bruins donnent une chance aux jeunes. J'espère faire partie de l'équipe la saison prochaine. Je suis prêt à remplir tous les rôles.»

Son frère Paul

Yan Stastny ne sera peut-être pas le seul Stastny dans la Ligue nationale. Son frère Paul, qui appartient à l'Avalanche du Colorado, vient de compléter sa deuxième saison à l'université de Denver où il a été choisi dans la deuxième équipe d'étoiles de la NCAA.

«Il est déjà plus grand et plus gros que mon père, dit Yan avec fierté. Il doit faire près de six pieds un pouce et 220 livres. Mais en plus, il possède de bonnes mains.»

Comme quoi la tradition des Stastny dans la LNH risque de se poursuivre encore longtemps.