Patinage de vitesse - Jeremy Wotherspoon connaît une autre journée exécrable aux JO

Jeremy Wotherspoon, qui avait chuté à Salt Lake City où il était grand favori, a encore déçu hier au 500 mètres en terminant au neuvième rang.
Photo: Agence Reuters Jeremy Wotherspoon, qui avait chuté à Salt Lake City où il était grand favori, a encore déçu hier au 500 mètres en terminant au neuvième rang.

Turin — C'est à se demander si Jeremy Wotherspoon, couronné champion du monde à plusieurs reprises et un des plus grands sprinters de l'histoire du patinage de vitesse, pourra un jour être couronné champion olympique.

Hier sur l'Oval de Turin, il a encore une fois failli lamentablement à la tâche. Grand favori à Salt Lake City en 2002, il avait chuté au départ. Hier, il avait l'air d'un patineur peu sûr de ses moyens et a terminé neuvième du 500 mètres des Jeux de Turin. C'est le 18 février qu'il aura sa seule autre véritable chance d'être couronné du laurier olympique quand il participera au 1000 mètres.

L'Américain Joey Cheek, qui a patiné aux côtés de Wotherspoon lors de la première vague, a survolé la compétition et a gagné facilement l'épreuve, lui qui a déjà été couronné champion mondial des sprints en 2006.

Il avait pris une confortable avance sur tous ses coéquipiers en remportant la première manche en 34,82 secondes. Il a repoussé tous ses concurrents en remportant également la deuxième manche en 34,94 secondes. Il a d'ailleurs été le seul patineur à descendre sous les 35 secondes.

Il a été accompagné sur le podium du Russe Dmtry Dorofeyev et du Coréen Lee Kang Seok.

Wotherspoon n'était pas le grand favori de cette épreuve et était classé quatrième au monde avant Turin mais on s'attendait à une performance plus inspirée. Il n'a même pas été le meilleur Canadien de l'épreuve quand il a été devancé par Michael Ireland, qui a pris la septième place avec un temps combiné de 70,88 secondes. Wotherspoon n'a pu faire mieux que 71.05 secondes.

Il a même avoué que les choses allaient trop vite pour lui.

«J'ai perdu confiance dans mes tournants, a avoué celui qui a récolté 57 victoires en Coupe du Monde. J'ai connu une bien mauvaise première course. J'avais l'impression d'avoir tout laissé tomber. Je savais ce que j'avais à faire. Je n'ai pas été capable de réaliser véritablement mon plan de match.»

Wotherspoon pensait sans doute encore à ses déboires de Salt Lake au départ de la première manche. Cheek est parti en flèche, laissant le Canadien loin dans son sillon. Wotherspoon a terminé cette première manche en 35,37 secondes, soit à 0,55 seconde de l'Américain, une éternité en patinage de vitesse.

«J'étais passablement fâché et déçu de ce que je venais de faire, a dit le patineur originaire de Humboldt, en Saskatchewan. J'ai eu beaucoup de difficulté à me concentrer pour la deuxième manche. Quand on sait qu'on n'est plus dans le coup, ce n'est pas facile. J'avais l'impression de tituber dans les tournants.»

Son entraîneur Sean Ireland a reconnu que Wotherspoon a connu des moments difficiles. «Il a surtout manqué de régularité. Je le sentais aussi nerveux. Il n'était pas aussi loquace que d'habitude, aussi détendu.»

Labrie, 29e

C'était un peu la même chose pour Vincent Labrie, de St-Romuald, qui n'en est qu'à ses premières armes en compétitons internationales. Il a lui aussi reconnu qu'il était quelque peu tendu après avoir mérité une 29e place avec un combiné de 72,43 secondes, devançant au classement son coéquipier Brock Miron (72,54 secondes).

À tel point que cela a affecté sa préparation.

«Les Jeux, ça n'a rien de comparable aux Coupes du Monde. J'étais tendu et ce n'est pas mon habitude, a dit Labrie. Mais je mets tout cela sur le compte de l'inexpérience. Ça va me servir, ça va aider ma progression au cours des quatre prochaines années pour me permettre de terminer dans les trois premiers à Vancouver. C'est ce que je vise.

«Je me suis concentré totalement sur la course, peut-être même un peu trop. Là, je vais pouvoir profiter un peu de mes Jeux, aller voir les épreuves de courte piste, par exemple.»

Pour ce qui est de la course elle-même, il a trouvé la glace un peu molle, mais il s'y attendait.

«Nous sommes habitués à la glace de Calgary et à celle de Salt Lake. Mais nous avons eu une Coupe du Monde ici en décembre et nous savions à quoi nous attendre. Ce que j'aime, c'est que j'ai amélioré mon temps dans la deuxième manche [36,12 secondes comparativement à 36,31 secondes].»

Son entraîneur Robert Tremblay se disait tout de même satisfait de la performance de son poulain. «Nous étions ici pour prendre de l'expérience. Il n'a jamais pris part à un championnat du monde. Il n'avait jamais participé à un événement de cette envergure, a dit Tremblay. Il y aura de petites choses à changer dans sa préparation, mais nous ne voulions pas toucher à cela avant les Jeux. Il est vraiment mature pour un gars de son âge. Il a une bonne tête. Il faut aussi qu'il s'amuse tout en travaillant. On sentait qu'il était plus tendu que d'habitude. Tout ce que je voulais, c'est qu'il prenne de l'expérience. Il est bien parti, reste à savoir comment il pourra progresser au cours des prochaines années.»