Jeux olympiques de Turin - Les hockeyeuses canadiennes suivent les controverses mais gardent leur concentration

Au terme de leur séance d’entraînement, hier à Turin, les joueuses de l’équipe canadienne n’ont eu d’autre choix que de répondre aux questions des journalistes sur l’affaire des paris illégaux et sur José Théodore.
Photo: Agence Reuters Au terme de leur séance d’entraînement, hier à Turin, les joueuses de l’équipe canadienne n’ont eu d’autre choix que de répondre aux questions des journalistes sur l’affaire des paris illégaux et sur José Théodore.

Turin — Les hockeyeuses canadiennes suivent avec intérêt en Italie les controverses qui secouent leur sport en Amérique.

Au terme de leur séance d'entraînement au Torino Esposizioni hier, les francophones n'ont pu échapper aux questions ayant trait à José Théodore tandis que les anglophones ont été interrogées au sujet de Wayne Gretzky.

«On a lu sur Internet ce qui arrivait à José avant d'aller se coucher jeudi, a fait savoir la gardienne Kim St-Pierre. Tout le monde nous parle de ça, mais on ne sait pas grand-chose. On est loin et on ne veut pas porter de jugement hâtif, mais on a hâte d'en savoir davantage.»

St-Pierre n'avait jamais entendu parler du médicament, Propecia, qu'utilise le gardien du Canadien depuis plusieurs années afin de prévenir la chute de cheveux et la calvitie. Elle sait toutefois mieux que quiconque qu'en matière de dopage, il n'y a aucun risque à prendre.

«On doit dire au médecin de l'équipe absolument tout ce qu'on consomme, peu importe le produit, a-t-elle confié. Nous en avons la preuve avec ce qui arrive à José qu'on ne doit rien laisser au hasard parce qu'on ne sait jamais comment ça peut influencer les résultats des tests.»

Dans le moindre doute, les athlètes apportent les emballages au médecin parce que même certaines vitamines peuvent contenir des produits dopants.

L'attaquante Caroline Ouellette a dit avoir eu «un choc» en apprenant la nouvelle qu'elle a commentée du bout des lèvres. «L'important pour nous est de nous concentrer sur les Jeux olympiques parce que nous avons travaillé pendant quatre ans pour être ici», a-t-elle dit.

L'attaquante Hayley Wickenheiser a tenu des propos semblables en parlant de la situation de Gretzky, qui se retrouve au centre d'une affaire de paris sportifs.

«Nous suivons ça avec intérêt et nous voulons savoir ce qui se passe, mais c'est le dernier de nos soucis en ce moment, a-t-elle affirmé. Nous avons simplement hâte de commencer le tournoi olympique.»

Le premier match des Canadiennes contre les Italiennes, aujourd'hui, est relégué au second plan. Il s'agit pourtant d'un affrontement historique parce que c'est le premier entre les deux pays.

L'Italie, qui évolue dans le groupe A à titre de pays hôte, devrait être une proie facile. À les écouter hier, Ouellette et St-Pierre craignent davantage les amateurs italiens que leurs rivales. «On ne sait pas trop à quoi s'attendre, mais on sait que la foule va être bruyante», a commenté Ouellette.

«On pense qu'on va l'emporter facilement, mais on doit respecter les Italiennes, a ajouté St-Pierre. Elles vont être motivées devant leurs partisans.»

Ouellette a souligné l'importance pour l'équipe canadienne de ne pas mettre la pédale douce parce que le total de buts réussis pourrait faire la différence à la fin du tour préliminaire.

St-Pierre, qui faisait partie de l'équipe médaillée d'or de 2002, estime que l'équipe de cette année est encore meilleure et mieux préparée. «On a un bon mélange de joueuses aguerries et de jeunes talentueuses, a-t-elle résumé. L'équipe est aussi bien rodée. On a disputé une quarantaine de matchs préparatoires, soit une vingtaine de plus qu'il y a quatre ans.»

St-Pierre ne serait pas surprise qu'un pays comme la Suède ou la Finlande vienne mélanger les cartes. «Ces deux pays ont rétréci l'écart les séparant des États-Unis et de nous, a-t-elle avancé. Le jour n'est pas loin où ils vont jouer les trouble-fête, et ça pourrait arriver dès cette année.»