Le Canadien - Les partisans semblent avoir choisi leur homme de confiance: Cristobal Huet

Cristobal Huet a célébré la victoire de 2-0 du Canadien contre les Bruins de Boston, samedi, devant la foule montréalaise.
Photo: Agence Reuters Cristobal Huet a célébré la victoire de 2-0 du Canadien contre les Bruins de Boston, samedi, devant la foule montréalaise.

Cristobal, superstar? Qui l'eut cru... Grâce à ses récentes performances, Cristobal Huet semble avoir gagné le coeur des partisans du Canadien.

«Huet! Huet! Huet!», a scandé une partie de la foule avant même le début de la rencontre, dimanche, contre les Flyers. Puis, 60 minutes de jeu plus tard, le gardien réserviste prolongeait le plaisir des spectateurs en signant un deuxième blanchissage en un peu plus de 24 heures.

Hier, à la veille du premier match d'une série aller-retour importante contre les Sabres de Buffalo, Huet se retrouvait avec une séquence de 147 minutes et 36 secondes sans avoir cédé de but. Il avait repoussé les 72 derniers tirs de l'adversaire.

Mais plus important encore, Huet joue avec une confiance contagieuse. En danger de glisser loin au classement dans l'Association de l'Est, le Canadien s'est ressaisi avec deux victoires lors du week-end du Super Bowl pour revenir au plus fort de la course pour une place en séries.

Jusqu'ici, on pouvait considérer Huet comme une simple roue de secours, une solution à court terme en attendant le retour en forme de José Théodore. Mais peut-être faut-il maintenant cesser de parler de feu de paille dans le cas du gardien de Grenoble. Ses succès, il semble bien décidé à les prolonger.

La question se pose donc: Bob Gainey doit-il tout simplement faire de Huet son homme de confiance alors que l'équipe lutte farouchement pour sa survie? Bref, faire un peu comme les Bruins, qui ont repris du poil de la bête depuis qu'ils ont décidé d'y aller avec Tim Thomas, lui aussi un vétéran dans la trentaine, même si c'est au détriment du gardien établi, Andrew Raycroft?

Les partisans du Canadien, qui ont encore hué Théodore lorsqu'on l'a montré en action dans un montage vidéo avant le match de dimanche au Centre Bell, semblent se prononcer en ce sens. Et peut-être les joueurs montréalais aussi.

Mathieu Dandenault ne cache pas que ses coéquipiers et lui jouent de façon plus sereine devant Huet. «Ça ne te trotte pas dans la tête, affirme le défenseur. Si un tir se rend jusqu'au filet, tu ne t'inquiètes pas parce que tu sais qu'il va faire l'arrêt. Quand le gardien n'est pas dans le match, tu y penses, même si tu essaies de ne pas le faire, et tu as peut-être tendance à quitter ta position pour tenter de bloquer un tir ou quelque chose comme ça.»

Steve Bégin reconnaît, de son côté, avoir découvert en Huet un gardien de but plus solide qu'il ne le croyait au départ. «Je me souviens d'avoir marqué contre lui quand il était à Los Angeles, dit-il. J'avoue que je ne le connaissais pas beaucoup. Je me suis informé à son sujet quand on l'a obtenu avant le lock-out, mais c'est au camp d'entraînement que je me suis vraiment rendu compte que c'était un bon gardien, qui travaille fort pour s'améliorer.»

Pourtant, les statistiques de Huet avant son arrivée avec le Canadien n'étaient pas mal du tout. En 53 matchs et deux saisons avec les Kings de Los Angeles, il a conservé une moyenne de 2,41 buts accordés par match avec un pourcentage d'arrêts de ,908. Sauf qu'il fait encore mieux depuis qu'il est à Montréal, avec un taux d'efficacité de ,926, ainsi qu'une moyenne de 2,47 — dans la nouvelle LNH, faut-il le rappeler.

Et surtout, c'est clairement mieux que Théodore, auteur de moyennes de 3,46 et ,881.

«J'ai appris à le connaître un peu plus durant la saison, ajoute Bégin en parlant de Huet. Ce n'est pas un gars qui parle beaucoup, c'est sa personnalité, mais on voit qu'il veut gagner. Avec lui, on sait à quoi s'attendre. On a juste à l'appuyer.»