Boxe - Éric Lucas officialise sa retraite avec sérénité

Éric Lucas s’est dit fier de tout ce qu’il a fait en carrière.
Photo: Jacques Nadeau Éric Lucas s’est dit fier de tout ce qu’il a fait en carrière.

Éric Lucas a confirmé officiellement hier sa retraite de la boxe, annoncée depuis plusieurs jours déjà.

C'est un homme visiblement serein, quoique «un peu nerveux» de son propre aveu, qui s'est présenté devant le micro pour faire un long discours, qui a d'abord résumé sa carrière avant de s'éterniser en remerciements.

Le gentilhomme boxeur quitte avec une fiche de 38-7-3 et 14 K.-O.

Lucas a gagné quatre combats de championnat du monde, ayant défendu sa couronne avec succès à trois reprises avant d'être battu par Markus Beyer, dans ce que plusieurs estiment avoir été un vol manifeste en Allemagne.

«Je pense que j'ai eu une belle carrière et je suis heureux aujourd'hui de ce que j'ai accompli. Ç'a été beaucoup mieux que ce que j'avais imaginé», a-t-il dit en rappelant avoir découvert la boxe à 11 ans, soutenu par sa mère qui l'a élevé seule avec son frère.

«Je ne savais pas où je m'en allais avec ça mais finalement, j'ai fait un bon bout», a-t-il constaté.

«J'ai été un boxeur amateur assez ordinaire comparé à d'autres, je n'ai gagné qu'un seul championnat canadien, mais je suis un gars persévérant. Personne, même pas moi, n'aurait imaginé tout ce que j'ai réalisé. Je suis très, très fier.»

On ne saura jamais comment aurait évolué la carrière de Lucas s'il avait été déclaré vainqueur de son combat contre Beyer, sinon qu'il serait assurément devenu plus riche. Malgré tout, il n'a jamais paru le moindrement amer dans son bilan.

De son dernier combat en carrière contre le Danois Mikkel Kessler, Lucas a répété qu'il était fier de ce qu'il avait fait ce soir-là et que «mon seul regret est de ne pas avoir ramené la ceinture».

«Je n'ai aucune déception, a-t-il ajouté, et je ne suis nullement gêné non plus. J'étais content de voir cette semaine que Kessler est classé huitième meilleur boxeur au monde livre pour livre. J'ai déjà affronté Roy Jones qui était classé premier. Je n'ai pas affronté beaucoup de jambons, si on peut dire ça comme ça, dans ma carrière. J'ai subi sept défaites, quatre contre des champions du monde, deux, je pense, contre des aspirants numéro un qui sont devenus champions du monde et l'autre contre un aspirant numéro un. Ce ne sont pas des défaites très gênantes et je suis très fier de ma carrière», a-t-il redit.

Des remerciements émus

Dans ses remerciements, Lucas a insisté sur Johann MJulhegg, le propriétaire-fondateur d'InterBox. Il a aussi remercié Yvon Michel, l'ex-directeur général d'InterBox, qui appartient maintenant à Lucas lui-même, devenu un promoteur-compétiteur avec lequel il a eu quelques démêlés récemment.

«Yvon Michel a fait beaucoup dans ma carrière. En fait, il a été la personne la plus importante pour moi jusqu'à récemment. Je le remercie également pour tout ce qu'il a fait pour la boxe au Québec. La boxe est en santé ici et c'est en bonne partie grâce à lui.»

Lucas a eu un peu plus de difficultés à contrôler ses émotions lorsqu'il a été question de sa vie personnelle. «La plus belle réalisation de ma vie, a-t-il dit, c'est ma famille, ma femme et mes filles. J'en suis très fier.» L'émotion était aussi palpable quand il a parlé de son entraîneur Stéphane Larouche.

Quant à son avenir, ce n'était pas un secret pour personne, Lucas va continuer à s'occuper d'InterBox et de ses restaurants de La Cage aux sports. Il entend faire profiter les jeunes boxeurs de son expérience, fondant notamment beaucoup d'espoir sur Lucian Bute de même qu'Adrian Diaconu.