Jeux de turin - L'ombre de la prison plane sur les tricheurs

Paris — La chasse aux tricheurs sera plus intense que jamais aux Jeux olympiques d'hiver à Turin, avec 1200 contrôles antidopage prévus par le Comité international olympique (CIO), soit une augmentation de 45 % par rapport à l'édition 2002 à Salt Lake City, aux États-Unis.

La pression sera d'autant plus forte que l'ombre de la prison plane toujours sur les tricheurs. En effet, si un compromis avec le gouvernement italien est en bonne voie pour laisser au CIO la mainmise sur les contrôles, la loi italienne, qui assimile le dopage à un crime, prévoit des peines d'emprisonnement.

Contrôles

Entre le 31 janvier, date d'ouverture du Village olympique, et le 26 février, date de la cérémonie de clôture, tous les athlètes engagés aux Jeux seront susceptibles d'être contrôlés, avant ou après les compétitions quel qu'en soit le lieu: village olympique, sites ou en dehors... voire n'importe où dans le monde.

Ces contrôles urinaires (838 contre 700 en 2002) mais aussi sanguins (362), ces derniers faisant leur apparition aux Jeux d'hiver, seront l'oeuvre d'un groupe de travail réunissant des représentants du CIO, de l'Agence mondiale antidopage (AMA) et du Comité d'organisation italien (Toroc).

Mauvaises surprises

Le Toroc s'occupera des tests à l'intérieur des sites olympiques. L'AMA effectuera les contrôles partout ailleurs, sous l'autorité du CIO qui sera le gestionnaire exclusif des résultats.

Un nouveau laboratoire, accrédité par l'AMA pendant la période des Jeux, est installé dans les murs de l'hôpital d'Orbassano, situé dans la banlieue de Turin.

Cet établissement, conçu dans l'optique des Jeux et qui a ouvert ses portes en mars 2004, est équipé de la technologie la plus moderne. Des spécialistes de plusieurs pays y oeuvreront sous la direction de Francesco Botre, chef des laboratoires de l'AMA.

Dick Pound, le patron de l'AMA, a même promis de «mauvaises surprises» aux tricheurs en annonçant «une forte probabilité» de pouvoir détecter de nouveaux produits.

Quatre ans plus tôt, l'introduction inopinée de tests pouvant détecter la darbopoïétine, une substance proche de l'EPO (érythropoïétine), avait permis de détrôner trois fondeurs, dont l'Espagnol Johann Muehlegg. Trois cas de dopage parmi les sept ayant touché les XIXe Jeux d'hiver, soit plus que tous les cas révélés (cinq) depuis les premiers contrôles à Grenoble en 1968.