Investissement de 565 millions de dollars pour le métro de Montréal

La ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, lors de la une conférence de presse lundi
Jacques Nadeau Le Devoir La ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, lors de la une conférence de presse lundi

Québec a annoncé lundi un investissement de 565 millions de dollars pour doter la ligne bleue du métro de Montréal d’un nouveau système de régulation des trains. L’arrivée de cette technologie obligera cependant la Société de transport de Montréal (STM) à retirer certains trains Azur de la ligne verte pour les transférer sur la ligne bleue.

Le nouveau système de régulation des trains, financé par des contributions du gouvernement fédéral (environ 200 millions), du gouvernement du Québec (296,6 millions) et de la Ville de Montréal (65,6 millions), remplacera celui qui est en fonction depuis une cinquantaine d’années.

Les autorités veulent profiter du prolongement de la ligne bleue jusqu’à Anjou pour doter celle-ci d’un système plus performant, raison pour laquelle cette ligne a été privilégiée pour lancer le projet. « Ça permet une meilleure fiabilité et un meilleur contrôle des mouvements du train », a indiqué la ministre des Transports et de la Mobilité durable, Geneviève Guilbault, lors d’une conférence de presse lundi aux ateliers Youville en présence de la mairesse Valérie Plante. « Les mouvements vont se faire de manière beaucoup plus fluide. […] Il va y avoir moins d’arrêts de train en cas de bris d’équipement. »

Basé sur une technologie plus performante de type CBTC (communications-based train control) utilisée ailleurs dans le monde, le nouveau système améliorera la fiabilité des trains, leur fréquence et le confort lors des départs et des arrêts. La somme de 565 millions annoncée lundi permettra d’implanter le système sur la ligne bleue, qui compte 12 stations à l’heure actuelle, mais qui en aura 5 de plus à la mise en service du prolongement en 2029.

Il sera ensuite installé dans le reste du réseau lors de phases subséquentes, mais le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell, n’a pas été en mesure de préciser l’ampleur des investissements qui seront nécessaires pour implanter le système sur l’ensemble du réseau du métro ni l’échéancier visé.

Une ligne bleue 100 % Azur

La mise en place de la nouvelle technologie sera terminée en 2028 pour la ligne bleue existante et en 2029 pour la partie prolongée. L’appel d’offres pour ce système a été lancé lundi matin.

L’arrivée du nouveau système nécessitera que tous les trains de la ligne bleue soient des Azur. Ainsi, entre 24 et 28 trains Azur seront nécessaires et, comme la STM n’entend pas faire de nouvelle commande de trains dans un avenir rapproché, ce sont ceux de la ligne verte qui seront réquisitionnés. « Avec un nouveau système de contrôle de trains, ce serait complexe, voire impossible, de garder les MR-73, qui datent de 50 ans [sur la ligne bleue] », indique Philippe Déry, porte-parole de la STM.

La ligne orange conservera tous les trains Azur dont elle dispose. Quant à la ligne verte, il ne serait pas possible d’y faire uniquement rouler des trains Azur puisque les garages et les ateliers d’entretien ne sont pas suffisamment grands. Des projets d’agrandissement de ces infrastructures sont cependant dans les plans d’immobilisations de la STM en prévision de la fin de vie utile des MR-73 en 2036.

Des besoins criants

La mairesse Plante a profité de l’occasion pour rappeler les besoins importants requis pour les sociétés de transport durement frappées par la pandémie et qui n’ont pas retrouvé l’achalandage d’avant la crise sanitaire.

En novembre dernier, la STM avait présenté un budget comportant un manque à gagner de près de 78 millions. Elle a dû mettre fin à son engagement de respecter un délai d’attente maximal de 10 minutes aux heures de pointe sur huit de ses lignes de bus desservant différents secteurs de la métropole. Des discussions se poursuivent avec Québec et l’ARTM afin de trouver des solutions durables pour financer le transport collectif. « Mon souhait, c’est que, rapidement, on ramène le niveau des services à ce qu’il était. Parce que sinon, on va à l’encontre de tous nos objectifs », a expliqué la mairesse.

La ministre Guilbault a insisté pour dire que, depuis l’arrivée au pouvoir de la CAQ, les investissements pour le transport collectif avaient augmenté de 88 %. Québec a aussi accordé une aide d’urgence de 1,7 milliard de dollars aux sociétés de transport pour pallier les pertes liées à la pandémie de COVID-19, a-t-elle rappelé.

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