Six jours de grève prévus pour les autobus de Lévis

L’ensemble des parcours se trouverait interrompu au cours de cette période, sauf dans l’ouest de Lévis, un territoire desservi par Autocars des Chutes, un sous-traitant.
Renaud Philippe Archives Le Devoir L’ensemble des parcours se trouverait interrompu au cours de cette période, sauf dans l’ouest de Lévis, un territoire desservi par Autocars des Chutes, un sous-traitant.

Les 110 chauffeurs et chauffeuses d’autobus de la Société de transport de Lévis (STLévis) menacent d’interrompre le service pendant six jours dans l’espoir de dénouer l’impasse qui bloque le renouvellement de leur convention collective, échue depuis décembre 2021.

Si les négociations n’aboutissent à aucune entente au cours des prochains jours, le syndicat menace de déclencher une grève du 23 au 28 janvier inclusivement. La fin du recours à la sous-traitance et des postes à temps partiel constituent les principaux points d’achoppement à la table des négociations, selon le syndicat.

Parmi les 110 chauffeurs et chauffeuses que compte la STLévis, 30 se trouvent présentement sur demande, sans garantie d’heures. Selon le syndicat, il faut présentement travailler entre cinq et huit ans pour espérer obtenir une permanence à la STLévis.

L’ensemble des parcours se trouverait interrompu au cours de cette période, sauf dans l’ouest de Lévis, un territoire desservi par Autocars des Chutes, un sous-traitant. En novembre, le syndicat des chauffeurs et des chauffeuses de la STLévis avait déclenché une journée de grève pour faire pression sur la partie patronale. Les offres, depuis, demeurent insatisfaisantes aux yeux des syndiqués.

L’écart salarial entre les chauffeurs du Réseau de transport de la Capitale (RTC), à Québec, et ceux de la STLévis, sur la rive sud du Saint-Laurent, s’élève à 13 000 $, précise le syndicat. Trente-cinq chauffeurs du RTC demeurent à Lévis, ajoute-t-il, et préfèrent traverser quotidiennement les ponts pour jouir des meilleures conditions de travail offertes au nord du Saint-Laurent.

Un chauffeur ou une chauffeuse qui commence à la STLévis doit suivre une formation obligatoire de trois semaines et vivre une période d’essai de 120 heures — ou 12 mois, selon ce qui arrive le plus rapidement. Une fois ces étapes franchies, son salaire horaire atteint un peu plus de 30 $.

  « Notre service est indispensable, écrit dans un communiqué le président du syndicat, Alain Audet. Lévis mérite un service de transport en commun financé adéquatement. »

La Ville de Lévis octroie 13,6 millions de dollars de son budget 2023 à la STLévis. Pour le syndicat, la municipalité de 150 000 habitants, en croissance continue depuis une décennie, a besoin d’investir davantage dans le transport collectif. « Il est temps que Lévis arrive au XXIe siècle pour son transport en commun et que le maire réfléchisse sur le long terme, indique Alain Audet. Lévis est la ville qui a la plus grande croissance démographique, il faut qu’on agisse en conséquence. »

En 2019, la STLévis revendiquait « un peu plus de 2,8 millions d’usagers ». L’année suivante, selon le rapport d’activité 2020, la masse salariale des chauffeurs et des chauffeuses de la société représentait 7,6 millions de dollars, soit près du tiers de son budget de 24 millions.

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