Le parc du Mont-Royal sera agrandi

Selon la Ville, l’agrandissement du parc du Mont-Royal sera le plus important depuis 100 ans.
Jacques Nadeau Le Devoir Selon la Ville, l’agrandissement du parc du Mont-Royal sera le plus important depuis 100 ans.

Le parc du Mont-Royal sera agrandi de trois hectares grâce à la cession à la Ville de terrains du site de l’ancien hôpital Royal Victoria. De plus, environ 290 places de stationnement situées aux abords de la maison Smith seront retirées et verdies.

L’administration de Valérie Plante a annoncé lundi matin que trois terrains se trouvant à l’arrière de l’ancien hôpital Royal Victoria, dont des stationnements, seraient cédés à la Ville. Comme l’Institut Allan Memorial et l’Institut-hôpital neurologique de Montréal sont encore en activité et qu’ils utilisent les stationnements, ceux-ci demeureront en fonction.

Le transfert des terrains se fera dans un horizon de 5 à 15 ans. Le boisé qui s’y trouve sera transféré à la Ville dès 2023, le stationnement ouest le sera en 2033, et le stationnement est, en 2036. À terme, une nouvelle entrée du parc du Mont-Royal sera aménagée.

Selon la Ville, il s’agit là du plus grand agrandissement de ce parc emblématique depuis 100 ans.

Pour leur part, les stationnements situés à proximité de la maison Smith seront reverdis dans une proportion de 40 %, ce qui entraînera le retrait d’environ 290 des 725 places de stationnement que compte actuellement le mont Royal. La Ville estime que les stationnements situés au sommet de la montagne affichent un taux d’occupation allant de 50 % à 55 %. Ils sont très achalandés la fin de semaine, mais peu occupés en semaine.

La clairière de l’ancienne propriété Smith sera réaménagée afin de comporter un jardin pour pollinisateurs. Le coût de ce volet est estimé à 19 millions de dollars, et les travaux d’aménagement débuteront à l’été 2024.

Questionnée sur la disparition de places de stationnement, la mairesse a évoqué lundi les impératifs environnementaux. « Cinq jours sur sept, le stationnement est sous-utilisé. On va se dire les vraies affaires : on est dans la COP, on parle de crise environnementale. Donc, on fait quoi ? On a le choix entre entretenir un îlot de chaleur ou encourager un îlot de fraîcheur pour soutenir la diversité. À un moment donné, on va aller dans le sens de ce que la population nous demande. Moi, je choisis l’îlot de fraîcheur plutôt que l’îlot de chaleur », a expliqué Valérie Plante.

La mairesse a évoqué la possibilité que l’accès à la montagne par le transport collectif soit amélioré ou que des négociations soient menées avec des propriétaires de stationnements sis au pied de la montagne.

Finalement, dans le cadre de la COP15, qui se déroule à Montréal ces jours-ci, la Ville procédera à des plantations massives dans le secteur boisé de la côte Placide. On évoque près de 200 arbres choisis en hommage aux nations représentées à la COP15, dont des essences d’arbres indigènes comme l’érable à sucre, le caryer cordiforme et le micocoulier.

En parallèle, la Ville a entrepris de fermer les sentiers non officiels qui accélèrent la dégradation des sous-bois. En 2020, le parc du Mont-Royal comptait 46 kilomètres de sentiers informels, un nombre qui a été réduit à 37 kilomètres en 2022.

La voie Camillien-Houde

Valérie Plante promet pour le début du printemps la vision de la Ville sur l’avenir de la voie Camillien-Houde. En mai 2019, l’Office de consultation publique de Montréal avait recommandé que la circulation automobile soit maintenue sur le mont Royal, mais suggérait que la voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance deviennent un « chemin de plaisance » afin de mieux s’intégrer à la vocation du parc. Il proposait notamment que la voie soit rétrécie et que les abords du chemin soient verdis par la plantation d’arbres.

Quant à la piscine de l’ancien hôpital, fermée depuis 2013, la mairesse ignore encore si elle sera réhabilitée.

À voir en vidéo