Le RTC espère «une réflexion sérieuse» de Québec sur le financement du transport collectif

Le RTC a présenté mercredi un budget équilibré de 256,3 millions de dollars.
Getty Images iStockphoto Le RTC a présenté mercredi un budget équilibré de 256,3 millions de dollars.

Le Réseau de transport de la Capitale unit sa voix à la STM et sonne à son tour la sonnette d’alarme. « Il y aura des choix à faire », avertit le directeur général du RTC, si le Québec n’entame pas une « réflexion sérieuse » pour assurer le financement de son transport collectif.

Contrairement à son homologue de Montréal, le RTC n’écrit pas son budget 2023 à l’encre rouge. « Nous ne sommes pas en crise, ça va bien », a indiqué Alain Mercier en présentant, mercredi, un budget équilibré de 256,3 millions de dollars. « Le RTC a fait ses devoirs en restreignant son budget à une augmentation de 2,5 %. »

L’équilibre de ce budget tient toutefois à une aide d’urgence consentie par le gouvernement pour renflouer les sociétés de transport plombées par la pandémie. Le programme prend fin l’année prochaine : le RTC entend piger 12,6 millions de dollars dans l’enveloppe pour balancer ses comptes.

« La nouvelle réalité s’installe avec la fin des aides gouvernementales, avertit M. Mercier, et une réflexion sérieuse doit être entamée ». Les défis, selon le directeur général, s’annoncent nombreux à l’horizon, au moment où le financement du transport collectif s’apprête à emprunter des chemins cahoteux.

La facture pour électrifier la flotte du RTC, un chantier que le gouvernement l’oblige à compléter en 2025, atteindra près d’un demi-milliard en 2027, selon les prévisions budgétaires. « Qui va contribuer à payer ça ? Le client ? La municipalité ? Le gouvernement ? » Selon Alain Mercier, c’est ce dernier qui doit éponger la facture pour ne pas compromettre un service déjà mis à mal par les contrecoups de la pandémie.

Après avoir fracassé tous les records en 2019, l’achalandage du RTC subi encore les secousses du télétravail et des habitudes perdues pendant la période COVID. Les attentes sont modestes pour 2023 : la fréquentation atteindra 84 % du niveau prépandémique en 2023, soit seulement quatre points de pourcentage supplémentaires par rapport à l'achalandage observé à la fin 2022.

« Nous sommes dans une situation de mouvance et les prochaines années seront difficiles », a d’emblée indiqué le directeur général. À l’avenir, selon lui, de nouvelles sources de financement devront assurer le développement du transport collectif – surtout à l’heure où l’économie se décarbone et où les revenus issus de la taxe sur le pétrole doivent fondre à mesure que la voiture électrique gagne du terrain.

Alain Mercier répète que « des choix » s’imposeront si le Québec élude cet enjeu – sans jamais préciser à quels sacrifices il fait référence. La STM a évoqué une réduction des heures de services pour combler son déficit de 78 millions de dollars. Le directeur général du RTC, de son côté, suggère que le manque de revenus pourrait freiner l’amélioration du transport collectif, qu’il considère comme « la clé pour régler notre problème environnemental ».

Le RTC appuie toutefois sur l’accélérateur en 2023 pour devancer d’un an le déploiement de ses Flexibus, un service de transport sur demande, dans la périphérie ouest de la ville. Dès l’an prochain, les populations de Saint-Augustin-de-Desmaures et de L’Ancienne-Lorette auront accès aux camionnettes bleues et jaunes qui ont transporté 88 000 usagers en 2022 – un résultat qui, ajoute Alain Mercier, « dépasse [les] attentes ».

Le directeur général s’apprête à céder sa place à l’ancien député péquiste Nicolas Girard. Après un séjour à la présidence de l’Agence métropolitaine de transport et à la direction de différents services au sein de la Société de transport de Laval, il devra notamment piloter l’arrivée du tramway à Québec, un chantier estimé, pour le moment, à près de 3,9 milliards de dollars.

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