La hauteur permise des bâtiments est réduite dans le Quartier chinois

Le projet de règlement de la Ville limite à quatre étages la hauteur des nouvelles constructions dans une partie du Quartier chinois.
Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le projet de règlement de la Ville limite à quatre étages la hauteur des nouvelles constructions dans une partie du Quartier chinois.

Le comité exécutif de la Ville de Montréal a adopté mercredi des modifications réglementaires visant notamment à réduire les hauteurs des bâtiments et les densités permises dans le Quartier chinois afin d’en préserver le patrimoine bâti, qui est menacé par les pressions immobilières au centre-ville. L’administration de Valérie Plante ne va toutefois pas aussi loin que ce que recommandait plus tôt cet automne l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

« C’est un grand jour pour le Quartier chinois », a lancé mercredi matin le responsable de l’urbanisme au comité exécutif, Robert Beaudry. Ce dernier réagissait alors à l’adoption quelques secondes plus tôt d’un règlement visant à « revoir les hauteurs et les densités maximales permises pour le secteur du Quartier chinois », comme l’avait recommandé l’OCPM en octobre dernier, au terme d’une consultation publique.

Le projet de règlement vise ainsi à limiter à quatre étages la hauteur des nouvelles constructions dans une partie du quartier, dans un contexte où des promoteurs immobiliers ont acquis dans les dernières années des bâtiments patrimoniaux situés dans ce secteur, dans l’espoir d’y réaliser des projets immobiliers. C’est notamment le cas de l’ancien bâtiment de la British and Canadian School, érigé en 1826, qui est dans la mire des promoteurs Brandon Shiller et Jeremy Kornbluth.

« On voulait être rapides parce que l’OCPM et la communauté qui a participé à ce rapport-là nous ont demandé d’aller de l’avant pour abaisser les hauteurs, mais aussi pour agrandir les frontières du Quartier chinois, un secteur de qualité exceptionnelle, a ajouté M. Beaudry. C’est ce qu’on va faire. »

Préserver le cadre bâti

 

Le comité exécutif a néanmoins adopté ce projet de règlement « sans changement », même si l’OCPM recommandait dans son rapport à la Ville qu’elle étudie la possibilité d’abaisser encore davantage les densités et les hauteurs permises dans le Quartier chinois « afin de préserver le cadre bâti existant ».

« Le [coefficient d’occupation du sol] peut difficilement être davantage rabaissé considérant la forme et le gabarit du lotissement du Quartier chinois et la moyenne de la hauteur des bâtiments existants, qui est de cinq étages », explique la Ville dans des documents décisionnels. L’administration municipale semble ainsi écarter une diminution plus grande des hauteurs permises dans ce secteur, par rapport à celles déjà inscrites dans son nouveau règlement.

Le gouvernement du Québec avait pour sa part évoqué en janvier dernier son intention de protéger le coeur du Quartier chinois ainsi que deux de ses bâtiments emblématiques en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec.

À voir en vidéo