Montréal augmentera les amendes de stationnement en 2023

Montréal n’avait pas augmenté les amendes relatives aux infractions en matière de stationnement depuis 2020.
Michael Monnier Archives Le Devoir Montréal n’avait pas augmenté les amendes relatives aux infractions en matière de stationnement depuis 2020.

Se stationner au mauvais endroit au mauvais moment à Montréal coûtera encore plus cher l’an prochain. La Ville de Montréal augmentera d’au moins 15 % les amendes liées au stationnement interdit.

Le coût des amendes remises aux automobilistes qui immobilisent leur véhicule dans une zone réservée aux personnes handicapées ou dans une voie réservée passera de 234 $ à 271 $ à compter du 16 janvier 2023. Stationner en double file ou dans une zone où l’arrêt est interdit sera passible d’une amende de 71 $, au lieu de 61 $. Pour un stationnement non réglementaire, l’amende passera de 51 $ à 60 $.

À ces sommes s’ajoutent les « frais de greffe » déterminés par Québec en fonction du montant de l’amende. Ainsi, un automobiliste qui se stationnerait dans une voie réservée s’expose à recevoir une contravention totalisant 348 $, si les frais de greffe demeurent à 77 $. Un stationnement en double file vaudra une amende de 100 $, en raison des frais de greffe de 29 $.

Inflation certes, mais aussi plus de discipline

 

Montréal n’avait pas augmenté les amendes relatives aux infractions en matière de stationnement depuis 2020. La Ville estime donc que ces hausses, qui varient de 15,8 % à 17,6 %, correspondent à l’inflation projetée pour la période de 2020 à 2023.

Mais au-delà de ce rajustement en fonction du coût de la vie, Montréal souhaite inciter les automobilistes à plus de discipline. « En majorant le tarif des amendes, la Ville de Montréal vise à modifier les comportements délinquants et problématiques des automobilistes, afin de renforcer la sécurité de tous les usagers sur le réseau, en cohérence avec le Plan d’action Vision zéro, et de donner la priorité aux modes alternatifs », soulignent les documents décisionnels rendus publics par la Ville.

Ces hausses devraient générer des revenus supplémentaires de neuf millions de dollars à la Ville de Montréal si le nombre d’infractions demeure stable.

En 2018 et en 2020, Montréal avait appliqué plusieurs hausses successives — et parfois salées — en matière d’infractions de stationnement, les tarifs n’ayant alors pas été augmentés depuis 2009. En 2019, l’administration de Valérie Plante avait fait passer de 150 $ à 302 $ le montant des amendes liées au stationnement dans les voies réservées.

Il est nécessaire d’augmenter les amendes, car encore trop d’automobilistes sont indisciplinés, estime Frédéric Bataille, porte-parole de la Coalition mobilité active Montréal. « Un des freins à l’utilisation du vélo, c’est qu’il y a beaucoup de camions qui sont stationnés dans les pistes cyclables et les bandes cyclables. Alors, si ça peut aider à ce qu’il y en ait moins, on est pour. »

Selon lui, un des problèmes avec le stationnement sur les voies cyclables, c’est que la demande de permis pour l’occupation du domaine public coûte plus cher que les amendes imposées aux entreprises délinquantes.

Augmenter le coût des constats d’infraction n’est pas de nature à inciter les automobilistes à délaisser leur voiture, croit par ailleurs M. Bataille. Rendre tous les stationnements sur rue payants serait une mesure bien plus efficace, dit-il.

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