Un projet industriel rejeté dans l’est de Montréal

«Les membres du comité de démolition voulaient s’assurer qu’on ne crée pas un autre géant qui pourrait ajouter du camionnage de façon importante» près de quartiers résidentiels où le projet de transbordement de conteneurs de Ray-Mont Logistiques menace déjà d’augmenter la présence de poids lourds, relève la conseillère Alia Hassan-Courno.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir «Les membres du comité de démolition voulaient s’assurer qu’on ne crée pas un autre géant qui pourrait ajouter du camionnage de façon importante» près de quartiers résidentiels où le projet de transbordement de conteneurs de Ray-Mont Logistiques menace déjà d’augmenter la présence de poids lourds, relève la conseillère Alia Hassan-Courno.

Un projet industriel qui entraînerait la coupe de 57 arbres dans un secteur déjà hautement minéralisé de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve a essuyé un refus de l’arrondissement mardi, a appris Le Devoir.

Le Comité de démolition de l’arrondissement s’est penché mardi sur une demande de démolition déposée par l’entreprise canadienne Summit, qui possède plus de 150 bâtiments à vocation industrielle au pays. Celle-ci souhaite réduire en poussière la bâtisse d’un étage située au 7101, rue Notre-Dame Est, dont elle est propriétaire depuis 2018, pour construire un nouveau bâtiment d’un étage qui comprendrait sept quais de chargement de camions lourds.

Le projet industriel, qui impliquerait d’autre part la coupe de 57 arbres, a soulevé la grogne de nombreux résidents du secteur de L’Assomption Sud–Longue-Pointe, qui manque déjà cruellement d’espaces verts. Dans les derniers jours, l’arrondissement a d’ailleurs reçu 47 lettres d’opposition au projet de démolition de la part de citoyens, indique un compte rendu de la rencontre tenue mardi matin par le Comité de démolition de l’arrondissement.

Ce comité, constitué de huit personnes, dont trois élus, a ainsi refusé la demande de démolition de Summit en raison de la valeur patrimoniale du bâtiment qui serait démoli et des impacts environnementaux du projet soumis. Le maire d’arrondissement, Pierre Lessard-Blais, préside ce comité.

« On veut protéger le patrimoine industriel dans le secteur », a expliqué au Devoir la conseillère du district de Maisonneuve–Longue-Pointe, Alia Hassan-Cournol, qui siège à ce comité. Celle-ci constate que les résidents du secteur « sont attachés » au bâtiment que souhaite démolir Summit.

Construit au début des années 1950, celui-ci a d’abord servi de laboratoire de recherche pour l’entreprise pharmaceutique Johnson & Johnson pendant des décennies avant de changer de main en 2013, puis de nouveau en 2018. Le bâtiment est toutefois vacant depuis au moins un an.

« On est en 2022 ; on est dans une crise climatique. Les entreprises doivent aller plus loin, être plus audacieuses dans la qualité des projets qu’elles proposent à l’arrondissement. »

Congestion et environnement

D’autre part, « les membres du Comité de démolition voulaient s’assurer qu’on ne crée pas un autre géant qui pourrait ajouter du camionnage de façon importante » près de quartiers résidentiels où le projet de transbordement de conteneurs de Ray-Mont Logistiques menace déjà d’augmenter la présence de poids lourds, relève la conseillère.

« Le projet n’apporte pas suffisamment d’information quant à l’achalandage des camions et aux futures activités projetées à proximité des secteurs résidentiels et des zones sensibles », note d’ailleurs la décision du Comité de démolition, dont Le Devoir a obtenu copie.

Le promoteur proposait d’autre part de planter de nombreux arbres, mais le Comité constate que même une fois que ceux-ci auraient atteint leur maturité, la qualité des espaces verts sur ce site serait moins grande qu’elle ne l’est actuellement.

« On est en 2022 ; on est dans une crise climatique. Les entreprises doivent aller plus loin, être plus audacieuses dans la qualité des projets qu’elles proposent à l’arrondissement », affirme Alia Hassan-Cournol, qui assure toutefois ne pas être opposée au développement industriel du secteur. « Maintenant, ce n’est pas n’importe comment, à n’importe quel prix et surtout pas au détriment de la qualité de vie des citoyens et de l’environnement. »

L’entreprise Summit dispose de 30 jours pour faire appel de la décision du Comité de démolition. Elle pourrait aussi décider de réviser son projet pour déposer une nouvelle demande de certificat de démolition, indique Mme Hassan-Cournol.

L’entreprise n’avait pas répondu aux questions du Devoir au moment où ces lignes étaient écrites.

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