La livraison par vélo-cargo gagne du terrain à Montréal

Le projet Colibri Iberville permettra d’étendre le service de livraison utilisant des vélos-cargos et de petits véhicules électriques à plusieurs quartiers centraux.
Jacques Nadeau Le Devoir Le projet Colibri Iberville permettra d’étendre le service de livraison utilisant des vélos-cargos et de petits véhicules électriques à plusieurs quartiers centraux.

Le projet pilote de livraison urbaine Colibri fait des petits. Montréal a inauguré mardi un second centre de distribution rue D’Iberville, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, afin d’offrir ce service de livraison utilisant des vélos-cargos et de petits véhicules électriques sur un plus vaste territoire. La Ville envisage d’étendre le service à l’ensemble de l’île de Montréal d’ici quelques années.

« Remplacer des camions par des vélos, même si on parle de vélos-cargos, ça semblait un peu fou au départ. Il y a beaucoup de gens qui rigolaient dans leur barbe, mais à la Ville, on y a cru », a raconté mardi la conseillère Sophie Mauzerolle, responsable des transports et de la mobilité au comité exécutif.

Piloté par la Coop Carbone, le projet Colibri Iberville, situé au 4670 de la rue D’Iberville, permettra d’étendre le service de livraison quatre saisons à plusieurs quartiers centraux, dont le Plateau Mont-Royal, Rosemont–La Petite-Patrie et une partie des arrondissements de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension. Parmi les partenaires figurent FedEx, Courant Plus et Machool. Les commerçants locaux pourront aussi recourir à Colibri pour leurs livraisons.

Selon Sophie Mauzerolle, le modèle Colibri, implanté à l’ancienne gare d’autocars de la rue Berri en 2019, a fait ses preuves et s’est révélé rentable, d’autant que le dernier kilomètre est très coûteux pour les entreprises. Plus de 260 000 livraisons par année ont été effectuées dans le cadre du premier projet pilote. « Avec ce deuxième projet, on estime qu’on va pouvoir se rendre à 500 000 livraisons 100 % décarbonées sur le dernier kilomètre par année. Ça va nous permettre une réduction de 150 tonnes de CO2 et une diminution de 30 000 heures de camions sur nos routes. »

D’ici quelques années, le service Colibri est appelé à faire tache d’huile, soutient Luc Rabouin, maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal et responsable du développement économique et commercial au comité exécutif. « On a passé l’étape du projet pilote. Maintenant, on amorce le déploiement, a-t-il dit. On veut couvrir l’ensemble de l’île dans les années qui viennent, pas dans les dix années qui viennent. »

Directeur de mobilité durable de la Coop Carbone, Yves Sagnières a précisé que l’objectif était d’ouvrir un site Colibri par année.

Plusieurs conditions sont nécessaires pour l’implantation de centres de distribution Colibri en milieu urbain, comme une réglementation adaptée pour ce type de service en ville, des équipements pour nettoyer les vélos dans les bâtiments choisis et des infrastructures pour permettre le transbordement de colis, a indiqué Luc Rabouin.

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