Le Réseau de transport de Longueuil en pleine transformation

LE REM, à la station de Brossard, lors d’une présentation faite aux médias en juin 2021. Son entrée en fonction, le printemps prochain, incite le Réseau de transport de Longueuil à revoir son offre de service.
Paul Chiasson La Presse canadienne LE REM, à la station de Brossard, lors d’une présentation faite aux médias en juin 2021. Son entrée en fonction, le printemps prochain, incite le Réseau de transport de Longueuil à revoir son offre de service.

Le Réseau de transport de Longueuil (RTL) s’apprête à revoir en profondeur son offre de service afin de tenir compte de l’entrée en fonction l’an prochain de la première branche du Réseau express métropolitain (REM), mais aussi des nouvelles habitudes de déplacement des résidents de la Rive-Sud depuis le début de la pandémie.

En octobre, on apprenait que la mise en service du REM en direction de la Rive-Sud, qui devait avoir lieu en décembre, n’aurait finalement lieu qu’au printemps en raison des tests qui sont toujours en cours. Un retard qu’a tenu à relativiser mardi le directeur général du RTL, Michel Veilleux. « On n’est pas si pressés que ça, ça fait 30 ans qu’on attend [un réseau de transport structurant]. On va s’assurer d’en faire un succès », a-t-il déclaré lors d’une conférence tenue en matinée à Saint-Lambert à l’initiative de la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud.

L’arrivée du train léger de la Caisse de dépôt et placement du Québec viendra remplacer 29 lignes de bus qui circulent quotidiennement sur le pont Champlain pour relier la Rive-Sud au centre-ville de Montréal. Celles-ci seront remplacées par des dessertes en bus en direction des trois stations du REM sur la Rive-Sud, soit les stations Panama, Du Quartier et Brossard.

« On avait besoin d’un mode de transport plus performant, on l’a eu », a souligné M. Veilleux, qui constate que les lignes de bus qui traversent le pont Champlain — fort populaires — ont atteint les limites de leur capacité à répondre aux besoins des usagers.

Selon les prévisions du RTL, ce sont 1700 voyages quotidiens en bus qui auront lieu vers et à partir des trois stations du REM lorsque celui-ci sera en fonction. « Les gens vont vouloir accéder au REM et on va devoir être là au RTL pour permettre aux gens de s’y rendre », d’autant plus que l’arrivée de ce train léger aura pour effet de réduire le nombre de stationnements incitatifs sur la Rive-Sud, a évoqué M. Veilleux.

« C’est une occasion de tout rebrasser »

La société de transport souhaite d’ailleurs profiter de l’arrivée du REM pour aller plus loin dans la refonte de son réseau. « C’est une occasion de tout rebrasser, de tout optimiser », a affirmé le directeur général du RTL. Un processus qui entraînera des changements sur quelque 2300 arrêts du réseau.

La société de transport révisera donc les tracés et les horaires de 25 de ses circuits de bus, notamment pour faciliter les déplacements à l’intérieur de l’agglomération. M. Veilleux a indiqué mardi que les résidents sont de plus en plus nombreux à se déplacer dans la Rive-Sud — et non vers Montréal. Les résidents se déplacent aussi de plus en plus à l’extérieur des heures de pointe ainsi que la fin de semaine, a énuméré M. Veilleux. « Ça fait partie des points qu’il fallait que nous abordions. »

Dans cette optique, le RTL compte ajouter cinq nouvelles lignes de bus à son réseau. Un réseau de nuit sera par ailleurs créé pour la première fois dans l’agglomération de Longueuil « pour prendre la relève du REM et du métro pendant la nuit, durant les heures où il ne se rend pas à Montréal », a déclaré M. Veilleux.

« Ce qu’on veut offrir, c’est plus de flexibilité pour les heures de déplacement, des dessertes bonifiées pour les nouveaux quartiers et plus de liens à travers l’agglomération. Les gens ont vraiment insisté pour demander ça », a résumé Michel Veilleux. À terme, ce dernier espère que 85 % des usagers aient accès à une ligne de bus à moins de 400 mètres de leur domicile dans toute l’agglomération de Longueuil. Le directeur général n’a toutefois pas précisé quand le RTL prévoit terminer l’ensemble de la réforme de son réseau.

La société de transport se donne aussi comme objectif d’avoir un réseau entièrement accessible aux personnes à mobilité réduite d’ici 2026.

Taxi à la demande

Le RTL compte d’autre part bonifier un projet pilote entamé dans les dernières années de taxi à la demande. Actuellement, à Saint-Bruno, celui-ci permet aux résidents du secteur d’utiliser une application mobile pour prendre le taxi pour le même coût que le transport en commun afin de se déplacer à l’intérieur de la municipalité. Dans les prochaines années, la société de transport souhaite étendre cette initiative à Boucherville, à Brossard et dans l’arrondissement de Saint-Hubert, à Longueuil, a indiqué M. Veilleux.

Quant aux impacts financiers de ces changements à venir dans le réseau du RTL, ceux-ci seront largement absorbés par les économies que la société de transport réalisera en retirant 29 lignes de bus sur le pont Champlain, a évoqué M. Veilleux en marge de cette conférence.

La situation financière du RTL, qui compte plus de 1130 employés, demeure toutefois précaire. En début d’année, l’organisme anticipait un manque à gagner de 3,5 millions de dollars dans son budget de 2022, qui s’élève à 203 millions. Ce trou budgétaire a été comblé depuis, a assuré M. Veilleux mardi. « Par contre, on est en train de négocier pour 2023 et on espère faire du développement de service à la hauteur de nos attentes », sans avoir à prendre des décisions financières difficiles, a ajouté le directeur général du RTL.

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