Dormir chez sa mère pour éviter le trafic du pont-tunnel

Audrey-Anne Petit, étudiante au cégep Édouard-Montpetit, a voulu s’éviter le trafic à partir de sa maison de Repentigny.
Anne-Marie Provost Le Devoir Audrey-Anne Petit, étudiante au cégep Édouard-Montpetit, a voulu s’éviter le trafic à partir de sa maison de Repentigny.

Mardi, Audrey-Anne Petit a prévu le coup. Elle est partie de sa maison à Repentigny et s’est rendue chez sa mère, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, pour y passer la nuit. Son but ? Éviter la congestion du mercredi matin pour aller sur la Rive-Sud à partir du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

« Je vais aller chez ma mère deux soirs par semaine, voir comment ça se passe côté trafic et si ça aide », dit-elle. Une situation dont se serait passée la femme de 28 ans, qui fait un retour aux études au cégep Édouard-Montpetit, à Longueuil, pour devenir hygiéniste dentaire.

Sa décision de passer la nuit chez sa mère fut la bonne. La circulation était lourde mercredi matin pour se rendre sur la Rive-Sud. Les véhicules roulaient pare-chocs contre pare-chocs sur l’autoroute 25 sud à partir de la 40, tout comme dans la bretelle pour accéder à la 25 à partir de l’est, donc de Repentigny.

Lorsque nous rejoignons Mme Petit au métro Radisson à 6 h 45, rue Sherbrooke, le stationnement incitatif est déjà plein. La résidence de sa mère n’est pas très loin, et c’est à cette hauteur qu’elle peut emprunter l’autoroute pour se rendre au cégep et ainsi s’éviter une bonne partie du trafic.

Sur la 25, de nombreux camions sont figés dans la lourdeur de la circulation, et les feux rouges des freins étincellent dans la pénombre, alors que le soleil se lève tranquillement. Les petites voitures comme celle d’Audrey-Anne tentent tant bien que mal de se faufiler entre deux véhicules imposants pour accéder aux deux voies de la 25, avant d’entrer dans le tunnel qui se rétrécit à une voie.

Mais la manoeuvre prend de longues minutes. Alors qu’elle tente de se glisser vers la gauche, un chauffeur de camion, qu’on devine excédé par le trafic, accélère et ne la laisse pas passer. « Les gens sont agressifs », lance Audrey-Anne.

Cela prendra une vingtaine de minutes pour traverser le tunnel, parmi les véhicules qui roulent lentement, mais sans s’arrêter. Elle pourra arriver à l’heure au cégep, vers 7 h 30. Un soulagement pour la jeune femme, qui s’inquiète néanmoins des futures tempêtes de neige ou des accidents qui finiront inévitablement par survenir.

Prendre les transports en commun est une option vers laquelle elle pourrait se tourner, mais qui est plus compliquée. « Aujourd’hui, je termine mon stage à midi et, ensuite, j’ai une heure pour me rendre au travail, explique celle qui devrait alors prendre deux autobus en plus du métro. Je perdrais des heures de travail. »

À voir en vidéo