Une contravention de 124$ pour avoir marché dans une voie de bus

Une passagère de la navette gratuite reliant la Rive-Sud à l’île de Montréal par le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine a eu une désagréable surprise, lundi matin : elle a reçu une contravention de 124 $ pour avoir traversé à pied une voie réservée aux autobus, en se dirigeant vers l’arrêt au terminus de Sainte-Julie.

Solange Bouchard prenait pour la première fois ce service d’autobus et de métro gratuits pour se rendre à son travail, au centre-ville de Montréal. Peu familière avec la signalisation du terminus, elle a marché dans une « zone interdite ».

Un patrouilleur de la société de transport Exo, qui attendait à côté de son véhicule de service, s’est tout de suite dirigé vers la passagère et lui a remis un avis d’infraction. Elle devait recevoir la contravention de 124 $ par la poste dans les prochaines semaines, mais le constat d’infraction a été annulé après que Le Devoir a posé des questions à la société de transport.

« La navette gratuite vient de me coûter 124 $. C’est une curieuse façon d’encourager les gens à prendre les transports en commun pendant les travaux dans le tunnel », avait réagi Solange Bouchard en montant dans l’autobus — avant d’apprendre l’annulation de l’avis d’infraction, en fin de journée.

Cette résidante de Sainte-Julie, violoniste à l’Orchestre Métropolitain, se rend normalement en voiture à la Maison symphonique. En ce premier jour de travaux au tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, elle a décidé de prendre la navette de la société Exo, qui amène les passagers au métro Radisson, de l’autre côté du fleuve. Le bus et le métro sont gratuits, pour alléger la circulation.

Angles morts des bus

 

« Nous sommes au fait que plusieurs utilisateurs des lignes de mesures d’atténuation des travaux dans le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine sont de nouveaux utilisateurs du transport collectif. C’est pourquoi nos inspecteurs sont davantage en mode sensibilisation auprès de la clientèle pour leur rappeler les consignes de sécurité dans les terminus et aux abords des autobus », indique Jean-Maxime St-Hilaire, porte-parole d’Exo.

Le représentant du Devoir a eu droit à de la sensibilisation de la part de deux patrouilleurs d’Exo, lundi matin. En voyant le journaliste (qui mettait les pieds pour la première fois au terminus de Sainte-Julie) traverser en marchant dans une zone réservée aux autobus, ils lui ont ordonné de rebrousser chemin et de faire le détour vers le passage piétonnier.

« Sinon, c’est 124 $ d’amende », a prévenu un agent. « Merci, monsieur l’agent, de vous préoccuper de ma sécurité », a répondu le journaliste.

« Comme vous avez pu le constater, dans une boucle d’autobus, il y a beaucoup de mouvements d’autobus, notamment ceux de type “coach”, qui doivent composer avec des angles morts importants. […] C’est pourquoi nos agents sont proactifs et font de la sécurité des usagers leur priorité. Dans le cas que vous mentionnez, la dame avait traversé dans une zone interdite malgré l’inscription au sol. […] Après analyse, nos inspecteurs ont pris la décision de ne pas remettre le constat à la dame, le transformant plutôt en avertissement », indique la société Exo. Aucun autre constat d’infraction n’a été remis lundi, selon son porte-parole.

Soulagée que sa contravention soit annulée, Solange Bouchard compte reprendre la navette malgré sa mésaventure. « Il faut faire notre part comme citoyens [pour éviter les bouchons de circulation] », dit-elle.

En prime, le combiné gratuit bus et métro a été particulièrement efficace pour se déplacer vers Montréal, lundi matin.



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