Hausse attendue de 20 % de l’achalandage dans les transports de Québec avec le tramway

Avec le tramway, la part de marché du transport en commun à Québec par rapport aux autres moyens de transport atteindrait 10,6%. Le trajet du tramway passerait sur la rue de la Couronne (sur la photo).
Renaud Philippe Le Devoir Avec le tramway, la part de marché du transport en commun à Québec par rapport aux autres moyens de transport atteindrait 10,6%. Le trajet du tramway passerait sur la rue de la Couronne (sur la photo).

En tenant compte de l’impact du télétravail, la Ville de Québec évalue que son projet de tramway lui permettra de passer le cap des 45 millions de déplacements dès la première année, une hausse approximative de 20 % de l’achalandage.

« Avis aux sceptiques », a prévenu la présidente du Réseau de transport de la capitale (RTC), Maude Mercier Larouche, lors d’une annonce mercredi. « Les effets du télétravail n’invalident en rien les effets du projet du tramway de Québec. »

Le RTC a annoncé qu’il prévoyait gagner 30 % d’achalandage en 2027 lors de la mise en fonction du réseau de transport structurant. Or, d’autres analyses lui font estimer qu’il y aura une perte de 10 % de clients causée par le télétravail, ce qui limiterait plutôt la hausse à environ 20 %.

Vers une part modale de 10,6 %

Par ailleurs, la part de marché du transport en commun par rapport aux autres moyens de transport (la part modale) atteindrait 10,6 %, par rapport aux 8,1 % mesurés par le ministère des Transports en 2017.

« Ça peut paraître relativement faible, mais sur une perspective historique, c’est quelque chose qui ne s’est jamais vu », a souligné Luc Samson, chef de la planification des services au RTC.

Tramway ou pas, l’organisme estime que 13 600 personnes de plus utiliseront le transport aux heures de pointe en 2027, ou l’équivalent de 160 bus biarticulés. On recensait déjà 37 200 passagers en 2017.

Or, il n’y a plus de place pour ajouter de nouveaux véhicules dans le réseau, selon le directeur du RTC, Alain Mercier. « On est très limités présentement, surtout en haute-ville », a-t-il expliqué après avoir mentionné qu’en ajoutant des bus, le RTC risquait de créer lui-même de la congestion.

Retour à la normale attendu à l’automne

En raison de la pandémie, le nombre de déplacements dans le réseau est passé de 33,7 millions en 2019 à 16,8 millions en 2021.

Mais le RTC soutient que l’achalandage a repris cette année à hauteur de 70 % de la capacité prépandémique, soit l’équivalent de 23 millions de déplacements d’ici la fin de l’année.

Mme Mercier Larouche s’attend même à ce que le nombre de passages retrouve son niveau prépandémique dès l’automne prochain, avec la rentrée. Comment est-ce possible, compte tenu de la pandémie ? La conseillère rétorque que le RTC a mis en place beaucoup de nouveaux services, comme des ajouts de fréquence et le « Flexibus », lesquels devraient compenser les pertes liées à la COVID-19.

Moins de clients à Beauport qu’à Charlesbourg

L’achalandage prévu dans le tramway a par ailleurs diminué par rapport à ce qui était prévu dans une analyse similaire dévoilée en 2020. À l’époque, on évoquait plutôt une hausse de 40,5 %. Cela découle en bonne partie de la modification du tracé, qui relie désormais le centre-ville au secteur D’Estimauville, à Beauport, plutôt que de cheminer vers la 76e Rue, à Charlesbourg.

En conférence de presse, M. Samson a expliqué que le nouveau parcours était plus court d’environ trois kilomètres, ce qui réduisait le bassin de population étant à distance de marche du futur tramway.

Les analyses présentées mercredi sont basées principalement sur les enquêtes origine-destination du ministère des Transports, les projections de l’Institut de la statistique du Québec, les données issues des cartes OPUS du RTC et les données de comptage routier de la Ville de Québec et du RTC.

À voir en vidéo