Les promoteurs visent une plus grande densification du secteur Bridge-Bonaventure

La vision présentée mardi prévoit 7500 logements avec des immeubles plus hauts que ceux envisagés par la Ville.
Office de consultation publique de Montréal La vision présentée mardi prévoit 7500 logements avec des immeubles plus hauts que ceux envisagés par la Ville.

Dans leur nouvelle proposition pour le développement du secteur Bridge-Bonaventure, des promoteurs immobiliers plaident pour la construction d’immeubles d’une hauteur supérieure à celle autorisée par le plan directeur de la Ville.

La vision présentée mardi par plusieurs partenaires, parmi lesquels Devimco, Groupe Mach, Broccolini, COPRIM et la firme Lemay, propose une plus grande densification que celle envisagée par la Ville. Des immeubles plus hauts permettraient de dégager davantage d’espace au sol — environ 33 % de plus que le cadre imposé par la Ville — de manière à favoriser l’aménagement de parcs et d’espaces verts, ont fait valoir les promoteurs.

Images à l’appui, ceux-ci ont présenté en conférence de presse deux scénarios : l’un avec des immeubles bas, occupant une importante superficie au sol, et l’autre avec des tours offrant des dégagements plus propices à l’aménagement d’espaces verts. « La densification intelligente est devenue incontournable parce que ça permet de redonner à la Ville et au public des équipements, des espaces publics variés et de dégager le sol de manière à offrir davantage pour la vie de quartier », a souligné l’architecte et associé à la firme Lemay, Stéphane Tremblay.

Les promoteurs prévoient un potentiel de 7500 logements, alors que la Ville en envisageait environ 4000. Ils visent aussi la construction de 3500 logements sociaux, abordables et familiaux alors que la Ville en planifiait 1300. « On n’est pas dans la surdensification », a assuré Serge Goulet, président de Devimco.

Le promoteur a décrit le site de Bridge-Bonaventure, d’une dimension de 2,3 km2, de « dernier grand secteur limitrophe au centre-ville » dont le développement permettra de contrer l’étalement urbain et de contribuer à atteindre l’objectif fixé par la Ville de construire 60 000 logements abordables. « Si on ne le fait pas là, on va le faire où ? », a demandé M. Goulet.

Une station du REM

 

Les promoteurs espèrent par ailleurs l’implantation d’une station du Réseau express métropolitain (REM) à proximité du site. Serge Goulet soutient que les redevances que toucherait la Caisse de dépôt et placement du Québec avec une station à cet endroit seraient importantes. « On parle de 45 millions juste pour 20 % du site Bridge-Bonaventure », a expliqué le promoteur. « En tout, on parle d’un potentiel de redevances d’environ 200 millions. Et du point de vue technique, c’est une gare facilement réalisable. »

Le ton utilisé mardi par les promoteurs était beaucoup moins tranchant que lors d’une conférence de presse tenue le mois dernier. À cette occasion, ceux-ci avaient accusé la Ville de ne pas être à leur écoute et de les bâillonner. Ils avaient aussi reproché à la Ville de vouloir développer le secteur Bridge-Bonaventure avec une faible densité, digne d’une « banlieue de troisième couronne », qui ne permettait pas de rentabiliser les projets de construction.

« Le point de presse qu’on a tenu il y a un mois ou deux, c’était plus un appel de détresse qu’un appel de confrontation », a assuré Serge Goulet lorsqu’il a été questionné à ce sujet. « On a parlé pendant trois ans de concept urbanistique. Il était temps d’arriver à quelque chose de plus concret. »

Acceptabilité sociale

 

Les promoteurs ont d’ailleurs présenté leur vision aux fonctionnaires et aux élus de la Ville la semaine dernière et ils estiment que la rencontre a été « très constructive » et que leur projet a été bien reçu par l’administration.

Désireux d’ouvrir le dialogue avec la population afin d’obtenir l’acceptabilité sociale, les promoteurs tenaient mardi soir un événement portes ouvertes pour présenter leur projet. Ils mèneront aussi, au cours des prochaines semaines, des consultations auprès de groupes communautaires et de citoyens.

À l’automne, le plan directeur de la Ville pour ce secteur fera l’objet de consultations de la part de l’Office de consultation de Montréal (OCPM).

La mairesse Valérie Plante voit d’un bon œil la démarche entreprise par les promoteurs. « Ce que je salue ce matin, c’est la volonté des promoteurs de faire preuve de beaucoup de transparence, d’être dans l’ouverture et d’aller rencontrer les communautés pour parler de leur projet », a-t-elle commenté mardi.

Avec Zacharie Goudreault

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