François Bonnardel continue de voir la densification comme une «mode»

François Bonnardel a aussi fait savoir que le modèle d’affaires d’Exo, qui gère les trains de banlieue de la région métropolitaine, sera modifié afin que l’organisation puisse acquérir un parc d’autobus électriques.
Photo: Mathieu Belanger La Presse canadienne François Bonnardel a aussi fait savoir que le modèle d’affaires d’Exo, qui gère les trains de banlieue de la région métropolitaine, sera modifié afin que l’organisation puisse acquérir un parc d’autobus électriques.

Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, persiste et signe. Selon lui, le concept de densification est bel et bien une « mode » et ne convient pas à toutes les familles.

En marge d’une allocution qu’il prononçait lundi midi à Montréal à l’occasion du dîner-bénéfice annuel de Trajectoire Québec, le ministre Bonnardel est revenu sur sa vision de la densification. « Le long des axes de transport collectif, il est normal qu’on densifie. Il y a des familles qui s’y retrouvent dans cette densification-là, mais il y en a d’autres qui ne s’y retrouvent pas », a-t-il expliqué en parlant d’un « équilibre » à trouver dans le développement des territoires.

Le mois dernier, alors qu’il dévoilait la nouvelle version du projet de troisième lien entre Québec et Lévis, François Bonnardel avait indiqué qu’il ne pouvait dicter à une famille d’aller vivre dans une tour de 12 étages « vu que la mode est à la densification ».

Le mot « mode » était-il approprié pour qualifier la densification ? « Absolument », a-t-il affirmé lundi aux journalistes. « La densification est là. Je ne l’ai pas niée et elle existe. Et elle va exister encore pendant un certain temps. »

Il a alors évoqué la nécessité pour certaines villes, qui n’ont plus de terrains disponibles, d’agrandir leur périmètre urbain pour le développement immobilier. Ce processus d’autorisation est encadré par le ministère des Affaires municipales, a-t-il rappelé. « Je vais laisser ça dans la cour de ma collègue [Andrée Laforest]. »

Financement sur cinq ans

Le ministre Bonnardel a profité de son passage à Montréal pour annoncer que le gouvernement québécois entendait proposer aux villes un cadre financier pour le transport collectif qui s’échelonnerait sur cinq ans, de 2023 à 2028. « En agissant ainsi, nous voulons répondre à une demande du milieu municipal et offrir davantage de prévisibilité, surtout dans le contexte où la pandémie a forcément bouleversé ce secteur », a-t-il indiqué.

Il va falloir trouver de nouvelles sources de financement, mais on est satisfaits qu’il y ait une volonté de travailler là-dessus

 

Il n’a cependant pas chiffré cet engagement ni annoncé de nouvelles sources de financement pour le transport collectif, comme le réclament depuis des années les municipalités québécoises et les sociétés de transport. Pourtant, son ministère mène des consultations à ce sujet depuis au moins trois ans. « Je sais jusqu’à quel point pour eux, c’est important d’être capable d’avoir de nouvelles sources de financement. […] Je ne peux pas vous annoncer rien aujourd’hui, mais c’est dans le plan de match. »

Le ministre a cependant pris soin de mentionner que ce financement sur cinq ans serait assorti de l’application d’indicateurs de rendement. « Un effort soutenu [de restriction des] dépenses doit être déployé, et l’exemplarité dans la gestion des fonds publics va être une préoccupation constante », a-t-il dit. « Le soutien financier de Québec ne doit pas entraîner un désengagement financier [des villes]. »

Pour la directrice générale de Trajectoire Québec, Sarah V. Doyon, l’annonce du ministre est un « premier pas dans la bonne direction », mais Québec devra en faire davantage, selon elle. « On sait qu’il manque d’argent. Il va falloir trouver de nouvelles sources de financement, mais on est satisfaits qu’il y ait une volonté de travailler là-dessus. »

Des bus électriques pour Exo

François Bonnardel a aussi fait savoir que le modèle d’affaires d’Exo, qui gère les trains de banlieue de la région métropolitaine, sera modifié afin que l’organisation puisse acquérir un parc d’autobus électriques. À l’heure actuelle, Exo exploite 241 lignes d’autobus dans la région métropolitaine ainsi que sept terminus, mais les autobus appartiennent à des transporteurs privés. « Cette situation complique grandement l’électrification des services d’autobus, puisqu’[elle] exigerait que le secteur privé investisse des sommes colossales dans les infrastructures et les autobus électriques », a expliqué le ministre Bonnardel.

Ainsi, afin de faciliter l’électrification de la flotte, Québec investira 338 millions, dans le cadre de la première phase du programme Exobus, pour l’achat d’une centaine de véhicules destinés à Exo.

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