Des banlieusards s’insurgent contre le nouveau tarif du billet de métro

Des usagers du métro à la station Berri-UQAM à Montréal
Valérian Mazataud Le Devoir Des usagers du métro à la station Berri-UQAM à Montréal

À partir de juillet 2022, le billet de métro unique au tarif ordinaire pour un trajet de Laval ou Longueuil à Montréal coûtera 5,25 $, une hausse qui a suscité l’ire de certains citoyens, qui ont lancé une pétition pour dénoncer ce nouveau prix.

La pétition, nommée « Contre l’augmentation des tarifs du billet de métro aux stations de Longueuil et de Laval », recueillait plus de 1700 signatures en date de mercredi soir. Elle a été lancée par Marie Magistry, une résidente de Longueuil depuis plus de 20 ans qui vit à quelques minutes à pied de la station Longueuil–Université-de-Sherbrooke. « Avec des tarifs aussi élevés, je prends souvent ma voiture puisque ça me revient à peu près au même prix avec le stationnement », explique-t-elle, déplorant une hausse qui dissuade à ses yeux les résidents des banlieues vivant à proximité des stations de métro d’utiliser le transport en commun.

L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a annoncé la semaine dernière les nouveaux tarifs des billets de transport en commun, qui seront en vigueur à compter de juillet 2022. Pour un déplacement de Laval ou Longueuil à Montréal, le billet unique coûtera 5,25 $. Ce billet est de type « Tous modes AB », c’est-à-dire qu’il est valide pour le bus, le métro, le train et, un jour, le REM et de voyager partout à Montréal, Laval et Longueuil.

Cette option peut donc être économique pour quelqu’un habitant loin du métro et devant emprunter plusieurs moyens de transport pour se déplacer. Mais pour les gens qui habitent à côté d’une station de métro, le coût pour un seul trajet dans le réseau souterrain est donc de 5,25 $.

« Je trouve ça injuste pour les gens qui se sont installés proches d’un métro », dénonce Marie Magistry, qui affirme que la proximité d’une station était l’un de ses critères lorsqu’elle a sélectionné son logement. Un autre citoyen mécontent résidant à Laval, Thierry Lavallée, affirme également prendre sa voiture plutôt que le transport en commun en raison du coût croissant du billet. « On a beaucoup d’amis et de famille à Montréal, et quand notre famille ou nos amis veulent venir nous voir, ils doivent payer plus cher pour revenir alors qu’ils ont déjà le titre pour le métro, déplore-t-il. C’est comme si on vivait dans un autre pays. »

Un titre qui devrait « évoluer »

Joint par Le Devoir, le conseiller principal aux affaires publiques et aux relations médias de l’ARTM, Simon Charbonneau, a défendu la nouvelle tarification. « Les titres “Tous modes” offrent une flexibilité qui sera de plus en plus appréciable, et ils vont permettre [aux usagers] d’envisager une plus grande variété de déplacements en transport collectif. » Il précise également que cette nouvelle tarification met fin « à la double tarification bus/métro qui est la grande réalité des usages occasionnels », en plus de s’avérer économique si les passagers optent pour la formule multipassage, qui revient à 4,50$ par déplacement.

« On passe d’un déplacement à 7$ (3,50 $ à la RTL ou la STL, plus 3,50 $ à la STM) ou à 10,50 $ dans certain cas actuellement, à un déplacement à 4,50 $ », souligne-t-il.

Il explique également que la tarification choisie par l’ARTM est zonale, ce qui explique l’augmentation à 5,25 $, alors que le tarif unitaire demeure à 3,50 $ sur l’île de Montréal cette année. « On n’a pas inventé ça à Montréal, c’est le propre de plusieurs systèmes de transport dans les grandes villes à travers le monde », soutient-il.

M. Charbonneau affirme également que « le titre va évoluer dans le temps » et que « des développements sont regardés, notamment à Longueuil ».


Ce texte a été mis à jour après publication pour ajouter des précisions de Simon Charbonneau sur les trajets passant par le bus et le métro.

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