Hausse des tarifs pour le transport collectif métropolitain

Guillaume Levasseur Le Devoir

Malgré l’inflation galopante, les tarifs du transport en commun dans la grande région de Montréal augmenteront en moyenne de 2 % à partir du 1er juillet, a confirmé jeudi matin l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui poursuit en parallèle sa vaste refonte tarifaire à l’échelle de la région.

Le tarif unitaire demeurera néanmoins à 3,50 dollars à Montréal cette année, a annoncé l’Autorité lors d’une conférence de presse tenue en ligne à 10 h, jeudi. Cette décision a été prise pour donner un répit aux usagers, qui ont boudé le transport en commun en grand nombre dans les dernières années, dans le contexte d’une pandémie qui s’étire.

« On a comme but de ramener les gens dans le transport collectif, donc on va dans ce sens-là », a évoqué le directeur exécutif aux affaires publiques de l’organisation, Michel Lemay.

En ne tenant pas compte de l’inflation annuelle, qui est passée à 6,7 % au pays en mars, l’ARTM vient toutefois alourdir ses défis financiers, a convenu M. Lemay. Or, de façon générale, « les coûts du transport collectif augmentent plus rapidement que les tarifs », a-t-il ajouté, avant de rappeler qu’un « chantier » sur le financement du transport collectif est en cours afin de remédier à ce problème structurel.

« Je pense que dans le contexte actuel, c’est raisonnable comme hausse, et ce qui nous satisfait vraiment, c’est qu’on n’ait pas touché au coût des titres unitaires » dans la métropole, s’est réjouie en entrevue jeudi la directrice générale de Trajectoire Québec, Sarah V. Doyon.

Refonte tarifaire

L’ARTM poursuit en parallèle sa refonte tarifaire, qui vise depuis quelques années à simplifier les déplacements dans l’ensemble de la région métropolitaine par le passage, d’ici 2025, de 17 grilles tarifaires à une seule grille « intégrée ». Ainsi, 332 titres de transport limités à des secteurs particuliers seront retirés cette année, tandis que 29 plus larges seront créés afin de faciliter les déplacements sur l’île de Montréal ainsi qu’en direction de ses banlieues nord et sud.

« C’est une phase majeure cette année parce qu’on aura presque terminé la refonte [tarifaire] », a ainsi fait valoir M. Lemay jeudi. « Le pas qu’on franchit est très significatif. »

À partir du 1er juillet, il sera par exemple possible de se procurer un titre « tous modes », qui comprend le train de banlieue, le métro et le bus, au coût de 94 $ par mois pour circuler dans l’agglomération de Montréal. Ce tarif grimpera à 150 $ en incluant l’accès aux agglomérations de Longueuil et de Laval, puis à 184 $ lorsqu’on étend le secteur desservi à l’ensemble de la grande région de Montréal.

Le tarif mensuel le plus élevé, à 255 $ par mois, permet en outre de se rendre dans huit municipalités situées à l’extérieur de la région, dont Saint-Hyacinthe, au sud de la métropole, et Saint-Placide, au nord.

« Je constate que pour les Montréalais, entre autres, on s’en sort gagnants », a déclaré jeudi la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en marge d’une conférence de presse à Montréal. Selon elle, il était « important » de rendre le modèle de tarification dans la région « plus cohérent, facile et intelligent ».

Le Réseau express métropolitain (REM) sera à terme ajouté à ces titres de transport « tous modes ». Il sera donc possible d’emprunter le futur train léger en utilisant sa carte Opus et sans avoir à payer un tarif distinct du reste du réseau de transport collectif de la région.

 

Éviter des « hausses brusques »

La refonte tarifaire entraîne par ailleurs cette année la mise en place d’un titre mensuel intégré par bus de 105 $, qui permettra aux détenteurs de circuler à Laval et à Longueuil ainsi que dans des secteurs plus éloignés dans les couronnes nord et sud de la métropole.

Les usagers du Réseau de transport de Longueuil (RTL) qui devront à partir de cet automne emprunter le REM pour se rendre au centre-ville de Montréal par le biais du pont Samuel-De Champlain devront toutefois opter pour le titre « tous modes », qui couvre les agglomérations de Longueuil et de Laval et dont le coût mensuel est de 150 $.

Afin d’éviter que ces usagers subissent une hausse tarifaire « brusque », cette différence de 45 $ entre le titre « tous modes » et celui qui permet l’accès aux différents réseaux de bus de la région sera imposée graduellement jusqu’en 2025 aux usagers du RTL qui se rendent au centre-ville. Ces tarifs « transitoires » seront majorés d’un peu plus de 10 $ annuellement jusqu’à ce que l’objectif de la refonte soit atteint.

« On n’est pas dans la business de perdre des usagers, il ne faut pas voir ça comme ça », a d’ailleurs assuré M. Lemay, lorsque questionné sur les impacts que ces hausses tarifaires pourraient avoir sur le nombre d’usagers du transport collectif de la Rive-Sud. Selon lui, « d’un point de vue où il s’agit d’un incitatif pour éviter la voiture, on va être en meilleure posture pour faire des déplacements complets avec un titre, une transaction » grâce à cette refonte tarifaire.

« On pense qu’une hausse sur quatre ans, ça a du sens. Ça faisait partie de nos demandes, et on est satisfaits », a pour sa part affirmé Mme Doyon, de Trajectoire Québec.

L’ARTM continue par ailleurs ses démarches en vue de moderniser le système de paiement du transport collectif par les usagers. L’an prochain, ceux-ci pourraient être en mesure d’ajouter des titres de transport sur leur carte Opus à partir de leur téléphone intelligent, a indiqué un porte-parole au Devoir jeudi.

Avec Jeanne Corriveau

C’est une phase majeure cette année parce qu’on aura presque terminé la refonte [tarifaire].

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