Le tracé du REM de l’Est révisé sur 4,5 km

Des travailleurs sur le chantier du REM à l’automne 2021.
Marie-France Coallier (Archives) Le Devoir Des travailleurs sur le chantier du REM à l’automne 2021.

Le tracé du projet du Réseau express métropolitain (REM) vers la pointe est et le nord de Montréal a été révisé sur une distance de plus de 4,5 kilomètres afin de circuler en mode aérien sur une emprise ferroviaire située près de l’avenue Souligny, dans le quartier Mercier-Est, plutôt que dans la rue Sherbrooke.

Le promoteur du projet, CDPQ Infra, en a fait l’annonce vers 13 h mardi lors d’une conférence de presse tenue près de la voie ferrée du Canadien National, entre les avenues Souligny et Dubuisson, en plein cœur d’un quartier résidentiel de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

C’est à cet endroit que circulera le REM de l’Est sur plus de 4,5 kilomètres, plutôt que dans la rue Sherbrooke Est, dans le quartier Tétreaultville. Ainsi, deux stations, jusqu’ici nommées « Honoré-Beaugrand » et « Contrecœur », seront déplacées pour permettre au train léger de circuler plutôt sur des structures aériennes, qui prendront forme au sud de la voie ferrée du CN, qui a signé une entente confidentielle avec CDPQ Infra le 30 décembre dernier.

Photo: CDPQ Infra

« C’est vraiment un tracé qui est aérien, un peu comme sur Sherbrooke, mais il y a des avantages indéniables à passer ici », a fait valoir le vice-président à l’ingénierie de CDPQ Infra, Christian Ducharme, en référence au passage proposé du REM sur l’emprise ferroviaire du CN. Il propose, souligne-t-il un corridor de transport plus large que la rue Sherbrooke. Les structures aériennes du futur train léger de la Caisse de dépôt et placement du Québec paraîtront ainsi « moins massives », a-t-il dit devant la presse.

Le déplacement du REM de l’Est à proximité d’une artère routière moins fréquentée entraînera toutefois une « très légère » baisse de l’achalandage du futur train léger, de 2 %, a-t-il reconnu par la suite.

Des résidents inquiets

 

Ce changement dans le trajet proposé du REM de l’Est fait écho aux nombreuses critiques exprimées au cours des derniers mois par les quelque 32 000 personnes qui ont été consultées depuis l’annonce du projet du REM de l’Est, en décembre 2020. Le passage du REM dans la rue Sherbrooke Est posait en effet des défis « d’intégration et de cohabitation avec les résidences et les commerces » jugés « trop importants », a souligné mardi le cabinet de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a ainsi salué ce changement au tracé du projet, qui est vu comme « un pas dans la bonne direction ».

Plusieurs résidents qui demeurent le long de l’emprise ferroviaire du CN, près de l’avenue Souligny, sont toutefois inquiets du projet du REM de l’Est. « On déplace le problème de Sherbrooke à ici », dit Chantal Laurin. La résidente de Mercier-Est, rencontrée en marge de cette conférence de presse, a dit craindre que ce quartier « tranquille » soit bouleversé par les nuisances sonores et visuelles que ce projet de train léger pourra engendrer.

« C’était déjà une mauvaise idée sur Sherbrooke, c’est encore pire pour moi maintenant. Le train va passer juste devant ma porte », laisse tomber Ronald Daignault. Ce dernier, qui est membre du Collectif en environnement Mercier-Est, s’inquiète notamment de la possibilité que les résidences qui longent ce nouveau trajet voient leur valeur dégringoler en raison de l’arrivée des structures aériennes du REM.

« Cette proposition-là, on la met dans l’espace public aujourd’hui dans l’espoir d’ouvrir le dialogue avec la population […] On pense que c’est une solution qui est très prometteuse, mais on sera à l’écoute de la population », a pour sa part assuré la directrice des affaires publiques de CDPQ Infra, Virginie Cousineau. Elle évalue d’ailleurs à plus de 40 000 le nombre de résidents concernés qui seront consultés dans les prochains mois, seulement le long de cette nouvelle portion du tracé du projet de train léger.

À terme, le projet du REM de l’Est totalisera 32 kilomètres, le long desquels 23 stations seront aménagées. La mise en fonction de cette deuxième phase du projet de train léger est prévue en 2029. Entre-temps, le projet devra être soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, probablement au printemps 2022.
 


Une version précédente de ce texte inversait le nombre pour la longueur du REM de l'Est (32 km) et le nombre de stations (23). Les nombres qui apparaissent dans le texte sont maintenant les bons. Nos excuses.

 



À voir en vidéo