Un voyageur aérien sur vingt était infecté durant les Fêtes

Ottawa a réintroduit le test obligatoire à l’arrivée pour les voyageurs aériens qui arrivent d’un pays autre que les États-Unis le 1er décembre, afin de ralentir l’entrée au pays du variant Omicron.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Ottawa a réintroduit le test obligatoire à l’arrivée pour les voyageurs aériens qui arrivent d’un pays autre que les États-Unis le 1er décembre, afin de ralentir l’entrée au pays du variant Omicron.

Une proportion record des voyageurs de l’étranger entièrement vaccinés ont découvert qu’ils avaient contracté la COVID-19 grâce au test PCR obligatoire à l’aéroport, montrent les données publiées par le gouvernement fédéral pour décembre.

Parmi les passagers qui sont arrivés au Canada durant la semaine suivant Noël et qui étaient obligés de subir à l’arrivée un second test de dépistage de la COVID-19, un sur 20 a eu la mauvaise surprise d’apprendre son infection au virus. Et ce, même s’il est obligatoire d’être adéquatement vacciné et de montrer la preuve d’un premier test PCR négatif datant de moins de trois jours pour monter à bord d’un avion.

« On voit que les taux de positivité [mesurés aux frontières] ont augmenté depuis plusieurs semaines. Ça démontre l’importance des mesures qu’on a prises à nos frontières pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens », a indiqué vendredi le Dr Howard Njoo, administrateur en chef adjoint de la Santé publique fédérale.

Ottawa a réintroduit le test obligatoire à l’arrivée pour les voyageurs aériens qui arrivent d’un pays autre que les États-Unis le 1er décembre, afin de ralentir l’entrée au pays du variant Omicron. À la mi-décembre, quand le gouvernement fédéral a décidé de déconseiller officiellement les voyages à l’étranger, seulement une fraction de un pour cent de ces tests revenaient positifs.

Or, les taux de positivité ont radicalement augmenté entre les semaines du 12 décembre (0,74 %), du 19 décembre (2,26 %) et du 26 décembre (4,93 %), selon les dernières données sommaires de l’Agence de la santé publique du Canada.

 


Au moins 5000 personnes porteuses du virus ont été relevées grâce à un test à l’aéroport, uniquement entre le 26 décembre et le 1er janvier, sur les 101 013 voyageurs testés à l’aéroport durant cette période.

Conséquence d’Omicron

« [Ce taux de positivité] est énorme. Ça suit la tendance du variant Omicron, ça a commencé à exploser avec son arrivée », indique Benoit Barbeau, virologue et professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal.

Il explique cette situation par le fait que la vaccination semble moins efficace pour prévenir l’infection au variant Omicron qu’à la souche originale du virus de la COVID-19. Le variant développerait aussi une charge virale plus rapidement, ce qui pourrait déjouer le premier test PCR, effectué à l’étranger, croit-il.

« De passer d’une charge virale zéro à une charge virale importante peut être assez rapide. Si trois jours [avant l’arrivée], vous testez négatif, il est plus probable que ce soit un faux négatif avec Omicron. »

Le spécialiste était jusqu’à tout récemment ambivalent quant au bien-fondé de l’obligation d’un second test à l’arrivée. À la lumière des plus récentes données, il dit maintenant croire à l’utilité de cette mesure, qui pourrait notamment aider à ralentir l’arrivée au pays d’autres variants, comme un sous-variant d’Omicron.

Encore utile, juge la Santé publique

Plus tôt cette semaine, Air Canada, WestJet et l’aéroport Pearson de Toronto ont demandé au gouvernement Trudeau de mettre fin à l’obligation du second test PCR imposée aux voyageurs qui arrivent au pays. Le bureau du ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, dit qu’un tel assouplissement n’est pas prévu à court terme et que la Santé publique lui conseille de maintenir le test PCR à l’arrivée.

« C’est très important aussi pour la surveillance [de l’évolution de la pandémie], affirme le Dr Njoo. Il n’est pas [uniquement] question de diagnostiquer [la maladie chez] les voyageurs individuellement, mais aussi de détecter peut-être un nouveau variant. Ça fait partie de notre programme de dépistage à la frontière. »

Le taux de positivité est encore plus élevé pour les tests effectués à la frontière terrestre entre le Canada et les États-Unis. Plus de 12 % des écouvillons recueillis auprès de voyageurs vaccinés sélectionnés aléatoirement durant la semaine suivant Noël ont révélé la présence du virus. Ce taux grimpe à près de 19 % auprès des 1927 personnes partiellement vaccinées ou non vaccinées qui ont traversé la frontière durant cette même semaine, comme des travailleurs essentiels.

En guise de comparaison, le taux de positivité des tests PCR effectués dans les centres de dépistage du Québec auprès de la population générale a également connu une importante hausse durant le mois de décembre, culminant à plus de 30 % dans les premiers jours de janvier.

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