Face à un trou budgétaire de 43 millions $, la STM lance un cri du coeur

La STM dit qu’elle aura besoin de nouvelles sources de revenus pour combler le manque son manque à gagner.
Valerian Mazataud (Archives) Le Devoir La STM dit qu’elle aura besoin de nouvelles sources de revenus pour combler le manque son manque à gagner.

Aux prises avec un trou budgétaire de 43 millions de dollars qu’elle devra combler au cours de l’année 2022, la Société de transport de Montréal (STM) a lancé vendredi un « cri du cœur ». Elle prévient qu’elle ne pourra effectuer de compressions supplémentaires et réclame de nouvelles sources de revenus.

Devant la Commission des finances, la STM a fait valoir qu’elle avait effectué d’importantes compressions au cours des dernières années. La pandémie a entraîné une réduction majeure de l’achalandage à compter de mars 2020 et la situation s’est graduellement améliorée au cours de 2021. La cinquième vague de COVID-19 et le retour du confinement ont cependant freiné cette progression et la société de transport entame l’année 2022 dans une situation financière très précaire.

En décembre dernier, la STM a déposé un budget comportant un manque à gagner de 43 millions qui devra être comblé au cours de 2022, mais elle aura besoin de nouvelles sources de revenus pour y parvenir, dit-elle. « Les sociétés de transport ne peuvent pas faire de déficit. Donc, on est condamnés à trouver des solutions », a expliqué le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell.

La STM compte maintenir la réduction des services d’autobus et de métro au niveau de 2021 dans le but d’aller chercher une économie de 25 millions de dollars. Rappelons que l’an dernier, le service du métro avait été réduit de 5 % et celui des autobus, de 3,5 %.

 

Elle a aussi reporté d’un an le début des travaux d’entretien des voitures de métro Azur, ce qui ne présente pas d’enjeux de sécurité, mais pourrait augmenter le nombre d’arrêts de service, a prévenu le directeur général de la STM, Luc Tremblay. Cette mesure devrait lui permettre d’économiser 12 millions de dollars.

La gouvernance en cause

Devant la Commission des finances, Luc Tremblay a montré du doigt les lacunes dans la gouvernance des transports depuis la création, en 2017, de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM).

« Depuis l’arrivée de l’ARTM en 2017, la STM n’a plus qu’une source de revenus, qui est la contribution de l’ARTM. […] L’ARTM fait ses projections et décide unilatéralement du montant qu’elle va octroyer à la STM et la STM doit conjuguer avec la décision de l’ARTM avec ce qui lui est versé », a expliqué Luc Tremblay. « Cette gouvernance-là est très très lourde et ça devient excessivement difficile de pouvoir jouer le rôle qui est attendu de la STM. »

L’ARTM a déjà avisé la STM qu’elle réduirait de 18 millions sa contribution afin d’éponger son propre déficit. Le d.g. de la STM s’insurge contre cette mesure, qui fait passer le manque à gagner de la STM de 25 à 43 millions.

La STM ne souhaite pas pour autant l’abolition de l’ARTM. « Il y a eu de bons coups de l’ARTM, comme la refonte tarifaire et le Plan stratégique de développement, mais force est de constater qu’avec une nouvelle institution qui a cinq ans d’âge vient une évaluation des forces et faiblesses de ce modèle-là », a indiqué Éric Alan Caldwell.

Jointe par Le Devoir, l’ARTM rejette les affirmations de Luc Tremblay concernant la responsabilité de l’Autorité régionale dans l’octroi de fonds aux sociétés de transport. « L’ARTM ne décide pas “unilatéralement du montant qu’elle va octroyer” aux organismes publics de transport en commun, puisqu’ils participent eux-mêmes au processus qui est toujours en cours. En ce qui concerne la STM, la Ville de Montréal participe également à l’exercice », a fait valoir son porte-parole, Simon Charbonneau, dans un courriel.

Il qualifie de « constructives » les discussions qui se poursuivent avec le gouvernement du Québec et les différents partenaires. « Ensemble, nous travaillons sans relâche au défi que représente le déficit de la région métropolitaine et nous avons bon espoir de trouver des solutions à court et à plus long terme », a souligné M. Charbonneau.



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