La STM demeurera réduite en 2022 en raison de la pandémie

«Dans le contexte actuel, le budget 2022 reflète l’offre de service 2021», indique Éric Alan Caldwell. Ainsi, «sur le terrain, on ne verra pas de différence par rapport au niveau du service» l’an prochain.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir «Dans le contexte actuel, le budget 2022 reflète l’offre de service 2021», indique Éric Alan Caldwell. Ainsi, «sur le terrain, on ne verra pas de différence par rapport au niveau du service» l’an prochain.

L’offre de service continuera l’an prochain d’être inférieure à ce qu’elle était avant la pandémie pour les usagers des bus et du métro de la Société de transport de Montréal (STM), qui écope d’une baisse de l’achalandage prolongée dans l’ensemble de son réseau.

Pour équilibrer son budget de 1,576 milliard de dollars, la STM devra dénicher 43 millions grâce à de « nouvelles sources de revenus », qu’elle n’a pas encore identifiées, indique le budget 2022 de l’organisme, dévoilé mercredi en marge de celui de la Ville de Montréal.

« C’est un gros défi », reconnaît en entrevue au Devoir le président du conseil d’administration de la STM, Éric Alan Caldwell, qui assure être « en mission » pour trouver une solution à ce défi financier.

La STM commencera donc cette nouvelle année en se serrant la ceinture. D’ailleurs, pour réaliser des économies, l’organisme « a revu à la baisse son offre de service » en 2022 par rapport à celle qui était en vigueur en 2019, soit avant la pandémie, indique le budget. Cette diminution sera de l’ordre de 3,5 % pour le réseau de bus et de 5 % pour le réseau du métro. La STM réalisera ainsi des économies de 21,3 millions de dollars en 2022, indique son budget.

L’offre de la STM demeurera tout de même à un niveau « comparable » à celui livré en 2021, assure l’organisme, qui a vu l’achalandage de son réseau repartir à la baisse dans les derniers jours dans la foulée du retour au télétravail de nombreux employés et de la montée du variant Omicron.

« J’espère qu’on aura une reprise de l’achalandage plus robuste. […] Mais dans le contexte actuel, le budget 2022 reflète l’offre de service 2021 », indique M. Caldwell. Ainsi, « sur le terrain, on ne verra pas de différence par rapport au niveau du service » l’an prochain, assure-t-il.

Or, une bonification de la fréquence du transport en commun est nécessaire pour que l’achalandage de celui-ci reprenne au terme de la pandémie, analyse le président de l’organisme Trajectoire Québec, François Pepin.

« Ça n’aura pas d’impacts majeurs [l’offre de service réduite] parce qu’il n’y a pas beaucoup de monde dans le transport collectif, mais ça vient mettre en péril la relance du transport collectif au terme de la pandémie », souligne-t-il en entrevue.

Le dépôt de ce budget survient d’ailleurs près d’un mois après que l’Autorité régionale de transport métropolitain a reçu une aide additionnelle de 100 millions de dollars de la part de Québec pour soutenir financièrement les sociétés de transport de la grande région de Montréal. « Il faudrait que l’aide gouvernementale soit redistribuée rapidement à la hauteur des besoins des quatre sociétés de transport [de la région] », affirme M. Pepin.

Par courriel, l’ARTM a pour sa part fait valoir qu’elle entrevoit « un manque à gagner en 2022, malgré l’aide additionnelle annoncée » par Québec. L’organisme s’évertue ainsi, avec ses partenaires, à trouver des « solutions » pour faire face à la pandémie.

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