La Baie aura une tour à bureaux moins haute que prévu au centre-ville

Au printemps, l’Office de consultation publique de Montréal avait que la tour de 120 mètres était trop élevée et risquait de rompre l’équilibre visuel du secteur. La Compagnie de la Baie d’Hudson est revenue avec une nouvelle proposition de tour de 102 mètres.
Photo: Menkes Shooner Dagenais LeTourneux Architectes / Fahey Au printemps, l’Office de consultation publique de Montréal avait que la tour de 120 mètres était trop élevée et risquait de rompre l’équilibre visuel du secteur. La Compagnie de la Baie d’Hudson est revenue avec une nouvelle proposition de tour de 102 mètres.

Afin de répondre aux critiques de l’Office de consultation publique de Montréal (OPCM), le propriétaire du célèbre magasin La Baie, sur la rue Sainte-Catherine, a revu à la baisse la hauteur de la tour de bureaux qu’il projette de construire à l’arrière de l’immeuble. La nouvelle mouture du projet a même reçu l’aval du comité exécutif mercredi.

Le projet initial de la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) prévoyait la restauration du bâtiment patrimonial construit en 1891 par la compagnie Henry Morgan. Mais l’entreprise souhaitait aussi démolir la partie arrière du bâtiment, ajoutée en 1966, afin d’y construire une tour de bureaux de 25 étages comportant des terrasses.

À l’issue de consultations menées au printemps dernier, l’OCPM a toutefois jugé que la tour de 120 mètres était trop élevée et risquait de rompre l’équilibre visuel du secteur. Cette hauteur était presque deux fois supérieure à la limite autorisée dans le secteur, qui était de 65 mètres. L’organisme de consultation soulignait aussi que la présence de cet immeuble obstruerait une fenêtre de vue à partir du mont Royal.

Après discussions avec la Ville, HBC est revenue avec une nouvelle proposition de tour de 102 mètres de haut et un coefficient d’occupation du sol légèrement réduit. « Le projet répond aux préoccupations soulevées par l’OCPM », estime Robert Beaudry, responsable de l’urbanisme au comité exécutif. « Ça nous permet de conserver des éléments des vues patrimoniales à partir du belvédère [du mont Royal] et c’était vraiment l’objectif. »

Photo: Menkes Shooner Dagenais LeTourneux Architectes / Fahey La nouvelle mouture du projet «nous permet de conserver des éléments des vues patrimoniales à partir du belvédère [du mont Royal] et c’était vraiment l’objectif», souligne Robert Beaudry, responsable de l’urbanisme au comité exécutif.

À ceux qui jugeraient cet immeuble encore trop élevé, l’élu répond que plusieurs bâtiments du boulevard de Maisonneuve sont très hauts, dont la tour KPMG avec ses 146 mètres. Selon M. Beaudry, les modifications au projet et l’ouverture démontrée par le propriétaire font en sorte de permettre l’acceptabilité sociale du projet. « Ç’a été un travail de longue haleine. Il y a eu plusieurs rencontres avec le promoteur. Mais ça vient démontrer que notre administration est capable de travailler avec des promoteurs dans des dossiers comme ça », dit-il.

L’après-pandémie et le maintien du télétravail à temps partiel pourraient réduire les besoins en espaces de bureaux au centre-ville, mais Robert Beaudry croit que des bureaux de classe A demeurent très recherchés.

L’OCPM avait par ailleurs recommandé la mise en place de mesures pour tenir compte des impacts que le chantier aura sur les itinérants dans ce secteur de la ville. HBC a donc créé une table de concertation composée notamment de spécialistes en itinérance qui a entrepris l’élaboration d’un plan d’action communautaire.

« Un bon coup »

Héritage Montréal avait critiqué le projet initial de HBC lors des consultations de l’OCPM, mais l’organisme accueille favorablement la réduction de la hauteur de la tour. « C’est sûr que nous, on trouve qu’il y a de plus en plus de tours au centre-ville. L’enjeu, c’est de se retrouver avec un mur qui cache le fleuve, mais aussi les Montérégiennes », souligne Taïka Baillargeon, directrice adjointe des politiques chez Héritage Montréal.

Elle signale qu’à partir du mont Royal, les vues vers le mont Saint-Bruno et le mont Saint-Hilaire sont déjà obstruées. « Baisser de 18 mètres, c’est quand même important, même si la tour reste haute. C’est un bon coup, je pense. »

Photo: Menkes Shooner Dagenais LeTourneux Architectes / Fahey La directrice adjointe des politiques chez Héritage Montréal, Taïka Baillargeon, se réjouit de la volonté du propriétaire de procéder à la restauration du bâtiment patrimonial de la rue Sainte-Catherine.

Mme Baillargeon se réjouit par ailleurs de la volonté du propriétaire de procéder à la restauration du bâtiment patrimonial de la rue Sainte-Catherine et de ses intentions quant à la protection de certains des éléments de décor intérieur, un volet sur lequel la Ville de Montréal n’a cependant pas d’emprise. La nouvelle configuration de l’immeuble permettra aussi de mettre davantage en valeur l’église voisine Christ Church. La première mouture du projet risquait d’« écraser » l’église, qui se retrouvait alors au milieu de tours, signale Taïka Baillargeon.

Mme Baillargeon souhaite toutefois que la Ville cesse de traiter les hauteurs du centre-ville à la pièce et espère que les travaux pour la révision du Plan d’urbanisme permettront de déterminer des règles claires à cet égard.

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