Le transport collectif en route vers l’électrification à Québec

Dès l’an prochain, le RTC quadruplera son parc de vélos électriques en libre-service.
Photo: Marc Dufresne Getty Images Dès l’an prochain, le RTC quadruplera son parc de vélos électriques en libre-service.

Malgré la pandémie et une baisse d’achalandage encore importante en 2021, le Réseau de transport de la capitale (RTC) présente un budget équilibré de 250,2 millions de dollars pour 2022 et poursuit son effort d’électrification et de diversification de son offre de services.

Dès l’an prochain, le RTC quadruplera son parc de vélos électriques en libre-service. Proche parent du Bixi montréalais, le réseau àVélo mis en place en 2021 comptera alors 40 stations et 400 bicyclettes.

Les Flexibus feront aussi leur apparition dans le paysage de Québec et de sa périphérie. Le RTC entend déployer ce nouveau service de transport sur demande dans le pourtour nord de son territoire, soit à Notre-Dame-des-Laurentides, Saint-Émile, Lac-Saint-Charles, Val-Bélair, Loretteville, Montmorency et Wendake.

Ensemble, ces deux nouveaux services coûteront 2,7 millions de dollars au RTC en 2022.

En 2022, Québec prévoit d’injecter 284,1 millions de dollars dans son tramway. Une mise à jour sur d’éventuels dépassements de coût est promise pour janvier.

Cap vers l’électrification

Dès l’an prochain, Québec commencera sa conversion vers un parc d’autobus électriques en mettant à l’essai trois autobus fabriqués au Québec par Nova Bus, une filiale du Groupe Volvo. Attendus à la fin de l’année 2022, ces autobus, loués et entièrement électriques, seront mis à l’essai pendant trois ans. Au terme de cette échéance, l’achat par appel d’offres des autobus électriques doit commencer.

Le RTC, comme les autres sociétés de transport du Québec, doit électrifier ses installations en vertu du Plan pour une économie verte 2030 présenté en 2020 par le gouvernement Legault. Celui-ci prévoit une baisse de 37,5 % de ses émissions de GES d’ici 2030 par rapport à celles de 1990.

L’électrification des transports, lesquels sont responsables de 43 % des gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère au Québec, constitue la pièce maîtresse de cette stratégie durable.

Le premier ministre Legault prévoit 5 milliards de dollars pour aider les sociétés de transport à acquérir des autobus électriques. Le RTC compte, d’ici 2030, se procurer 200 autobus entièrement électriques, à un coût estimé à 550 millions de dollars.

Le réseau prévoit d’injecter 144 millions de dollars, d’ici 2031, dans la mise en place du Réseau express de la capitale. Concrètement, ces sommes serviront à la réalisation de voies réservées et d’une signalisation préférentielle destinée au transport collectif, de même qu’au déploiement de Parc-o-Bus.

Au cours des deux dernières années, le réseau de transport de Québec a fait l’acquisition de 150 autobus hybrides, une mesure qui lui a permis de réduire de 9 % sa consommation de carburant en 2021.

Aide salvatrice de Québec

Le budget présenté jeudi par le Réseau de transport de la capitale évite d’être écrit à l’encre rouge grâce à une aide d’urgence de 19,7 millions de dollars. Le RTC compte aussi sur une hausse de l’achalandage pour augmenter les revenus tirés de ses usagers de 8 millions de dollars en 2022.

Le réseau compte retrouver 80 % de la fréquentation observée avant la pandémie. Le RTC avait formulé la même prédiction pour 2021, en manquant sa cible, le sommet de fréquentation ayant rarement dépassé 60 % au cours de l’année qui s’achève.

« Avant la pandémie, le RTC, on était en feu », souligne son directeur général, Alain Mercier, qui relève l’ampleur du défi actuel, avec un manque à gagner considérable à prévoir. « Encore aujourd’hui, les pertes sont importantes. »

Le conseil d’administration du RTC doit encore étudier les tarifs mis en vigueur en 2022. Une hausse du prix n’est pas exclue.

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