La STM tente de rassurer ses employés face à de potentielles réductions de services

Le scénario de réduction de service le plus extrême que la STM a évalué amputerait ses effectifs de plus de 1100 professionnels, dont environ 700 chauffeurs d’autobus.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le scénario de réduction de service le plus extrême que la STM a évalué amputerait ses effectifs de plus de 1100 professionnels, dont environ 700 chauffeurs d’autobus.

Devant les risques de réduction de service pour 2022, la Société de transport de Montréal (STM) tente de faire baisser la pression à l’interne. Interpellé par des employés inquiets, l’organisme a tenu une rencontre de dernière minute la semaine dernière pour les rassurer.

Le Devoir a obtenu un enregistrement de cette réunion, tenue le 19 octobre par webdiffusion. On y entend le directeur général de la STM, Luc Tremblay, répondre aux questions des salariés pendant près d’une heure.

« Je sais que ça peut être très insécurisant », indique-t-il, en référence aux potentielles réductions de postes envisagées par l’employeur.

Selon les informations récoltées par Le Devoir, le transporteur a planché sur au moins trois scénarios de réduction de service pour 2022. L’avenue la plus modérée impliquerait l’élimination de tout près de 200 postes. Mais la STM a aussi évalué un scénario extrême, qui amputerait ses effectifs de plus de 1100 professionnels, dont environ 700 chauffeurs d’autobus.

Tout ça pour permettre à l’organisme parapublic d’éviter de nager dans le rouge l’an prochain. La STM a calculé qu’elle devra dénicher plus de 60 millions de dollars pour équilibrer son budget en 2022. Sans fonds d’urgence, elle n’aura pas le choix de réduire le passage des rames de métro et des bus, fait valoir son directeur général.

Pas de mises à pied

Sans surprise, la nouvelle fait du bruit à l’interne. Dans la webdiffusion obtenue par Le Devoir, M. Tremblay reçoit plusieurs questions et commentaires d’employés inquiets : « pendant combien de temps la STM prévoit-elle tenir le coup ? », « on parle quand même de coupures de 200 postes alors que vous dites ne pas vouloir faire de mise à pied », « qu’en est-il des employés non syndiqués ? »

Pendant de longues minutes, Luc Tremblay soutient qu’il veut à tout prix éviter les départs.

« Si jamais on n’arrive pas à avoir de l’aide pour toutes sortes de raisons, je vous rassure : on a toujours dit qu’on va maintenir les conventions collectives sur les garanties de non mise à pied. Il est toujours possible de faire des ajustements via de l’attrition », lance le directeur général de la STM.

« On ne mettra pas les gens à pied », répète-t-il.

Même le scénario d’attrition allume peu la STM, qui espère toujours une bouée de sauvetage de ses partenaires financiers. « C’est le scénario qu’on ne veut pas », réitère Luc Tremblay à ses employés.

« On est capable d’optimiser »

Les potentielles réductions de service auxquelles devra faire face la société de transport mettent des syndicats montréalais sur leurs gardes. À la mi-octobre, quatre d’entre eux cosignaient une lettre pour exhorter le transporteur à faire tous les ajustements nécessaires au maintien de l’offre.

« Les Montréalais doivent avoir l’assurance qu’une mauvaise surprise ne les attend pas », avaient-ils écrit.

De son côté, Québec veut à tout prix éviter les coupures à la STM. « On est capable d’optimiser. De réduire certains coûts, certaines dépenses, mais je ne veux pas qu’on réduise le service », a indiqué, jeudi, le ministre des Transports, François Bonnardel, lors d’une mêlée de presse.

Dans la course à la mairie, chaque candidat a sa solution. Lundi, au débat municipal diffusé à Radio-Canada, la mairesse sortante, Valérie Plante, a réitéré son engagement à procéder par « acupuncture sur certaines lignes », sans préciser si sa solution aurait des impacts sur les emplois.

Son principal adversaire, Denis Coderre, espère que la Ville aura la capacité financière de voler au secours de l’opérateur. Sinon, il ne voit qu’une manière réaliste d’éviter les coupes de service : « couper 50 % des services administratifs de la STM ».

Aucun des scénarios envisagés par l’organisme pour 2022 ne faisait état de réductions de postes aussi importantes. D’ailleurs, si la STM allait de l’avant, ce sont les chauffeurs, opérateurs et employés d’entretien qui écoperaient d’abord, selon les documents consultés par Le Devoir.

À voir en vidéo