Des syndicats craignent la «mauvaise surprise» que créeraient les réductions de service à la STM

L’avenue la plus modérée qu’envisage la STM impliquerait l’élimination de tout près de 200 postes. Mais elle a aussi évalué un scénario plus extrême, qui amputerait ses effectifs de plus de 1100 professionnels, dont environ 700 chauffeurs d’autobus.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’avenue la plus modérée qu’envisage la STM impliquerait l’élimination de tout près de 200 postes. Mais elle a aussi évalué un scénario plus extrême, qui amputerait ses effectifs de plus de 1100 professionnels, dont environ 700 chauffeurs d’autobus.

En réduisant son offre de service pour 2022, la Société de transport de Montréal (STM) pourrait devoir remercier des dizaines, et même des centaines d’employés. Mis sur leurs gardes, des syndicats tournent leur attention vers Québec et demandent une injection rapide d’argent pour éviter les mises à pied.

Le Devoir rapportait jeudi que la STM a étudié dans les derniers mois au moins trois scénarios de réduction de son offre de service pour 2022. Le transporteur, qui dit avoir les mains liées, demande une aide financière d’urgence afin d’ajuster le tir avant la fin de l’année.

Selon un document interne, l’avenue la plus modérée qu’envisage l’organisme de gestion du transport collectif impliquerait l’élimination de tout près de 200 postes. Mais la STM a aussi évalué un scénario extrême, qui amputerait ses effectifs de plus de 1100 professionnels, dont environ 700 chauffeurs d’autobus.

Dans sa note d’analyse, datée de juin, la société de transport précise qu’elle sondera ses effectifs d’ici la fin de 2021 pour évaluer la faisabilité d’un programme de départs volontaires. Si la STM va de l’avant avec le scénario privilégié, « les départs volontaires s’étaleront tout au long de l’année 2022 à raison d’environ 20 employés par mois » chez les chauffeurs, les opérateurs et le personnel d’entretien.

« Les Montréalais doivent avoir l’assurance qu’une mauvaise surprise ne les attend pas », ont réagi vendredi dans une lettre ouverte quatre syndicats d’employés de l’opérateur. D’après l’Unité des professionnelles et des professionnels de la STM, le Conseil régional FTQ Montréal métropolitain, le Syndicat du personnel administratif, technique et professionnel du transport en commun et le Syndicat des chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes au transport de la STM, il est plus que temps que les gouvernements volent au secours des sociétés de transport collectif.

À la recherche de solutions

« Nous sommes consternés d’apprendre qu’aucune solution n’a encore été présentée par les gouvernements depuis le dévoilement en juin dernier de tels scénarios de coupes », ont indiqué les présidents de ces quatre sections locales, Marc Glogowski, Marc-Édouard Joubert, Sylvain Forest et Pino Tagliaferri.

En entrevue avec Le Devoir cette semaine, le directeur général de la STM, Luc Tremblay, a dit avoir maintes fois fait appel au gouvernement québécois pour qu’il lui verse des fonds de secours en prévision de 2022.

Or, selon la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, l’organisme dépense déjà beaucoup. L’Autorité régionale de transport métropolitain, qui assure le financement du transport collectif dans le Grand Montréal, exhorte la STM à « limiter les hausses » de dépenses pour l’an prochain.

Les syndicats contactés s’étonnent qu’à une époque où l’électrification des transports prime, « la STM se fasse demander dans les coulisses de ralentir la cadence de ses projets d’investissement ».

Alors que la campagne électorale municipale bat son plein, ils exigent des candidats à la mairie de Montréal une véritable prise de position.

« Les engagements en mobilité des candidats à la mairie de Montréal font étonnamment abstraction de cette impasse financière incontournable à court terme, ont-ils écrit. Nous attendons des candidats qu’ils réagissent fermement à ces scénarios de coupes troublants. »

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