Repenser l’urbanisme avec des villes plus vertes

Le groupe suggère notamment d’inciter les villes à adopter des politiques favorisant l’inclusion de logements sociaux dans les nouveaux projets de développement.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le groupe suggère notamment d’inciter les villes à adopter des politiques favorisant l’inclusion de logements sociaux dans les nouveaux projets de développement.

Des villes plus vertes et plus résilientes, des centres-villes plus attractifs et des bâtiments plus durables. Voilà quelques ingrédients qui devraient être intégrés dans la recette de la future Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires que promet Québec, estime le groupe G15 + dans un mémoire qui sera soumis au gouvernement du Québec vendredi.

Le G15 + regroupe des organisations issues de sphères diversifiées, parmi lesquelles le Conseil du patronat, l’Ordre des urbanistes du Québec, la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ) et Vivre en ville. Celles-ci ont convenu de soumettre des recommandations communes au gouvernement pour la future Stratégie nationale.

La pandémie a fait mal aux centres-villes et aux commerçants avec la baisse du taux d’occupation des bureaux. La crise du logement s’est aussi intensifiée dans de nombreuses grandes villes du Québec pendant la crise sanitaire. Dans ce contexte, le développement des municipalités doit s’articuler autour de centres-villes et de cœurs de village plus forts et d’une offre de logements plus abordables, croit le G15 +.

« Dans les 18 derniers mois, la résilience a été particulièrement importante pour les Québécois. Les grands objectifs qu’on poursuit, c’est de renforcer la vitalité et l’attraction économique de nos centres-villes », explique Karl Blackburn, p.-d.g. du Conseil du patronat du Québec. « Il faut accorder des pouvoirs plus grands aux municipalités en matière de fiscalité. Ce sont elles qui sont les mieux placées pour orienter, planifier le développement de leurs centres urbains. »

Favoriser les innovations vertes

Dans son mémoire, que Le Devoir a pu consulter, le groupe plaide pour le financement immédiat de 10 000 nouveaux logements dans le cadre du programme Accès Logis et pour le lancement d’un chantier de rénovations majeurs pour le parc locatif actuel. Les propriétés publiques excédentaires devraient être mises à profit pour le développement de logements sociaux et communautaires, ajoute-t-on.

Le groupe suggère notamment d’inciter les villes à adopter des politiques favorisant l’inclusion de logements sociaux dans les nouveaux projets de développement. Un code québécois de salubrité résidentielle devrait aussi être adopté et les municipalités devraient obtenir davantage de pouvoirs d’intervention en matière de santé publique.

Les quartiers et les bâtiments doivent aussi être verdis. Québec devrait viser une certification carboneutre pour les bâtiments publics, estime le G15 + qui propose la création d’un fonds en aménagement et urbanisme durables afin de soutenir la réalisation d’écoquartiers. « Il faut appuyer nos villes, appuyer nos promoteurs et les développeurs immobiliers les plus innovants avec un coup de pouce afin que le marché change, et non faire comme on fait depuis des décennies », croit Christian Savard, directeur général de Vivre en ville.

La décontamination des terrains est un outil indispensable pour assurer le développement et la prospérité des villes, avance le groupe. À cet égard, Québec devrait consacrer 1 % du budget annuel d’investissement aux infrastructures naturelles et aux phytotechnologies, souligne le G15 +. « Les terrains contaminés, c’est du potentiel économique perdu. Ils rapportent peu de taxes aux villes et font en sorte que les secteurs où ils se trouvent ne sont pas mis en valeur », signale Christian Savard.

En matière de mobilité, le groupe presse Québec d’accélérer les investissements dans le développement et le maintien des infrastructures de mobilité durable et de transport collectif. On doit également privilégier l’entretien du réseau routier plutôt qu’une augmentation de la capacité routière et assurer le transfert modal vers le ferroviaire et le maritime.

Il y a plusieurs mois, Québec a lancé un vaste chantier afin de dépoussiérer la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, qui n’a pas fait l’objet de refonte majeure depuis 1979. La Stratégie nationale d’urbanisme et d’aménagement des territoires est attendue pour le printemps de 2022.

D’autres organisations ont soumis leur mémoire plus tôt cette semaine. La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe 82 municipalités de la grande région de Montréal, suggère de freiner l’étalement urbain en imposant des mesures plus strictes de développement aux villes situées à l’extérieur de son périmètre. Elle fait valoir qu’avec son Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), la CMM a réussi à densifier son territoire au cours des dix dernières années tout en protégeant ses milieux naturels et ses terres agricoles. Des règles similaires devraient s’appliquer aux territoires voisins, estime la CMM.

Des organismes environnementaux, parmi lesquels Équiterre et le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement, demandent pour leur part une réforme de la Loi sur l’expropriation pour renforcer la capacité des municipalités à protéger les milieux naturels. Ils suggèrent également une canopée de 45 % dans tous les milieux de vie.

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