Les prix des véhicules d’occasion à des sommets

Le stock de voitures neuves est en baisse d’environ 20% au Canada, mais cette pénurie devrait s’aggraver à mesure que le pays se remettra en marche.
Photo: Tijana Martin La Presse canadienne Le stock de voitures neuves est en baisse d’environ 20% au Canada, mais cette pénurie devrait s’aggraver à mesure que le pays se remettra en marche.

Les acheteurs de voitures canadiens qui espèrent acheter un véhicule d’occasion avant un voyage estival peuvent s’attendre à deux choses : moins d’options et des prix plus élevés.

Une pénurie mondiale de semi-conducteurs, une puce informatique petite mais cruciale utilisée dans les nouveaux véhicules, a réduit la production pendant des mois. La situation a provoqué une onde de choc dans l’industrie automobile nord-américaine, provoquant de longs délais d’attente pour les véhicules neufs et faisant augmenter la demande et le coût des véhicules d’occasion.

Le problème devrait s’aggraver au Canada dans les semaines à venir, alors que l’économie rouvre et que la demande refoulée due aux confinements répétés frappe le marché, selon les experts. « L’impact de la pénurie a été légèrement atténué au Canada jusqu’à présent cette année, principalement en raison des restrictions liées aux confinements à cause de la COVID-19 », a déclaré James Hancock, directeur du développement commercial pour Canadian Black Book, une société d’analyse de données automobiles.

Le stock de voitures neuves est actuellement en baisse d’environ 20 % au Canada, a-t-il déclaré. Mais cette pénurie devrait s’aggraver à mesure que le pays se remettra en marche. Aux États-Unis, par exemple, où l’on agit comme si de rien n’était depuis les derniers mois, le stock de voitures neuves est en baisse de 50 %, a indiqué M. Hancock.

Cette pénurie a fait grimper le coût des véhicules d’occasion aux États-Unis, certains très demandés étant désormais plus chers que le prix d’origine. « Nous avons été en quelque sorte à l’abri si vous nous comparez aux États-Unis, a déclaré M. Hancock. Les prix de leurs véhicules d’occasion sont extrêmement élevés, environ 150 % au-dessus de ce qu’ils étaient au début de l’année. Le Canada commence tout juste à ressentir les conséquences de la pénurie de semi-conducteurs. »

La situation au Canada est exacerbée par l’exportation de véhicules d’occasion aux États-Unis. Les concessionnaires canadiens se font damer de plus en plus le pion dans les enchères face à des concessionnaires américains prêts à payer une prime sur les voitures d’occasion en raison d’un taux de change favorable et de prix plus élevés, a affirmé Warren Barnard, directeur général de l’Association des concessionnaires de véhicules d’occasion de l’Ontario.

« J’entends des histoires de nos membres sur les prix ridiculement élevés des véhicules d’occasion aux enchères, qui bien sûr sont finalement répercutés sur l’acheteur au détail », a-t-il déclaré.

Les exportations de véhicules d’occasion sont en hausse de 55 % par rapport à 2020 et de 27 % par rapport à 2019, selon les chiffres du Canadian Black Book.

Nouveaux acheteurs

À la pénurie de véhicules s’ajoute un afflux soudain de nouveaux acheteurs de véhicules. Les experts du secteur affirment que de nombreux acheteurs de véhicules neufs comptaient auparavant sur les transports en commun et le covoiturage, mais qu’en raison des préoccupations liées à la COVID-19 et de leur désir de voyager en voiture malgré les interdictions de voyager à l’international, ils choisissent d’acheter un véhicule.

Pendant ce temps, de nombreuses personnes à la fin d’un bail choisissent désormais de racheter leur véhicule, ce qui resserre d’autant plus l’offre, selon les experts. Comme le coût d’achat d’un contrat de location est de plus en plus inférieur à la valeur actuelle du véhicule, il a mentionné qu’ils pouvaient faire demi-tour et faire un meilleur échange ou le vendre par eux-mêmes.

La combinaison d’une offre faible, d’une demande élevée et d’une flambée des prix constitue « une tempête parfaite », a estimé M. Barnard.

« Je n’ai pas encore entendu parler de véhicules âgés de deux ans qui prennent réellement de la valeur ici, mais cela ne me surprendrait pas si cela se produisait », a-t-il soutenu.

Avec Associated Press

Les prix de l’essence bondissent

Le prix de l’essence a atteint un sommet sans précédent à Vancouver vendredi et a augmenté de façon spectaculaire dans tout le pays, et d’autres hausses sont à prévoir selon un analyste. Le président d’Énergie abordable pour les Canadiens, Dan McTeague, affirme que le prix moyen de l’essence à Vancouver a atteint 1,74 $ vendredi, et que celui en Ontario a été de 1,35 $ le litre en moyenne. Selon le site Web Essence Montréal, le prix moyen de l’essence au Québec était de 1,36 $ le litre en milieu de journée. M. McTeague s’attend à ce que les prix grimpent encore davantage à mesure que les voyages aériens reprennent et que l’assouplissement des restrictions pandémiques augmente la demande pour le carburant. La vitesse à laquelle les prix de l’essence ont augmenté est selon lui remarquable, les prix moyens au Canada ayant crû de 30 cents depuis le début de l’année. La canicule en cours dans la partie ouest du continent a également contribué à mettre une pression sur les prix, certaines raffineries étant à des niveaux d’exploitation inférieurs. « C’est le développement d’une tempête parfaite pour les consommateurs et nous devons nous y préparer et envisager une année très coûteuse à venir », a déclaré M. McTeague.

La Presse canadienne



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