Une route jugée dangereuse pour les cyclistes à Laval

Une portion importante de la montée Masson (route 125) entre Terrebonne et Laval ne dispose d’aucune piste cyclable ni d’accotements asphaltés.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Une portion importante de la montée Masson (route 125) entre Terrebonne et Laval ne dispose d’aucune piste cyclable ni d’accotements asphaltés.

Plusieurs cyclistes déplorent le manque d’aménagements sécuritaires sur un axe routier qui traverse Laval du nord au sud. Ils demandent à l’administration municipale d’agir avant que des accidents ne surviennent à cet endroit.

La montée Masson (route 125), qui traverse l’île Jésus du nord au sud, est empruntée par de nombreux cyclistes, qui y circulent notamment à des fins d’entraînement de même que pour se déplacer entre Terrebonne et Laval. Or, une portion importante de cette route entre ces deux destinations ne dispose d’aucune piste cyclable ni d’accotements asphaltés. De nombreux cyclistes se voient alors frôler par des camions et des automobilistes lorsqu’ils se déplacent sur cet axe routier.

« L’absence d’accotement set la présence de nombreux camions rendent l’endroit assez dangereux », confirme le coordonnateur au club cycliste Espoirs Laval, Nicolas Masbourian, qui emprunte souvent la montée Masson avec les membres de son équipe. « Il faudrait qu’on circule en dehors de la route pour que ce soit sécuritaire. Ça ne fait pas de sens », déplore-t-il.

« J’ai connu des situations où il y avait de l’impatience de la part des automobilistes qui frôlaient le peloton [cycliste] pour faire part de leur désapprobation à notre circulation sur la route », raconte pour sa part l’entraîneur Antoine Malo, qui œuvre dans le même club cycliste.

Pour sa part, la présidente de Triathlon Laval, Annie-Claude Bédard, « évite » carrément cette route. « C’est sûr que je n’amène pas mes jeunes rouler sur [la Montée Masson] », tranche celle qui préfère opter pour de longs détours pour assurer la sécurité de ceux-ci.

Prévenir des accidents

La section de la route 125 qui traverse l’île Jésus fait partir du réseau routier local de la Ville de Laval. Inquiets pour leur sécurité, plus de 160 cyclistes et citoyens ont ainsi signé une pétition cette semaine pour presser l’administration de Marc Demers de compléter la piste cyclable présente sur la montée Masson et d’asphalter les accotements de cette route.

Le document réclame en outre l’ajout de panneaux de signalisation supplémentaires pour rappeler aux automobilistes et aux camionneurs qu’ils doivent conserver une distance d’au moins 1,5 mètre lorsqu’ils dépassent un cycliste.

« On dirait qu’il n’y a pas eu de volonté [de la Ville] de rassurer les cyclistes avec une signalisation qui vise à améliorer leur sécurité », lance M. Malo.

Il ne s’agit d’ailleurs pas de la première fois que le manque d’infrastructures sécuritaires pour les cyclistes sur la montée Masson est souligné par des résidents de Laval. Cela avait notamment été le cas en 2017 dans le cadre d’une consultation publique menée par la Ville. Or, le temps presse d’agir pour éviter que des cyclistes soient victimes d’accidents sur cette route.

« Ce sont les accumulations de risques sur de longues périodes qui vont entraîner des accidents », appréhende M. Masbourian.

Par courriel, une porte-parole de la Ville de Laval, Anne-Marie Braconnier, souligne que des travaux sur plusieurs tronçons de la montée Masson ont eu lieu dans les dernières années afin d’améliorer l’état de sa chaussée. Un long segment de cette route fera d’ailleurs l’objet de « travaux majeurs », notamment afin de rénover le réseau d’aqueduc à cet endroit. La Ville ne précise toutefois pas si ce chantier servira d’occasion pour aménager une piste cyclable sur ce tronçon de la montée Masson.

La Ville entend par ailleurs analyser « la possibilité » d’ajouter un deuxième « panneau de sensibilisation » afin de rappeler aux automobilistes de respecter une distance sécuritaire avec les cyclistes sur cette route, indique Mme Braconnier.

Un réseau incomplet

Depuis 2015, la Ville de Laval a dépensé des dizaines de millions de dollars afin d’aménager 113 km de voies cyclables. Or, celles-ci manquent de connexions entre elles, ce qui les rend peu pratiques pour les cyclistes, qui sont par conséquent peu nombreux à les utiliser régulièrement, constate Nicolas Masbourian.

« Le problème en général, c’est qu’il y a des quartiers qui sont bien aménagés en pistes cyclables, mais ce sont les liaisons [entre ceux-ci] qui font défaut », constate également Georges Schneller, un des instigateurs du Groupe de réflexion sur le vélo à Laval. Celui-ci espère d’ailleurs qu’à l’avenir la Ville consultera davantage les citoyens sur la planification de son réseau cyclable.

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