Le troisième lien Québec-Lévis pourrait coûter près de 10 milliards

«Il y a des gens qui vont dire que c’est beaucoup d’argent, mais c’est absolument nécessaire pour Québec, Lévis, la Rive-Sud, une bonne partie de Chaudière-Appalaches et pour l’est du Québec», a déclaré le premier ministre François Legault.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Il y a des gens qui vont dire que c’est beaucoup d’argent, mais c’est absolument nécessaire pour Québec, Lévis, la Rive-Sud, une bonne partie de Chaudière-Appalaches et pour l’est du Québec», a déclaré le premier ministre François Legault.

Estimé à l’origine à 4 milliards de dollars, le projet de troisième lien pourrait finalement coûter jusqu’à 9,45 milliards, et ses travaux s’échelonneront sur une décennie.

Avant d’être élue en 2018, la Coalition avenir Québec avait souvent avancé qu’un tel projet pourrait rester sous la barre des 4 milliards de dollars. Or avec un budget de construction dont l’évaluation varie entre 6 et 7 milliards et des frais connexes de10 à 35 % de la facture, l’aventure pourrait bien coûter jusqu’à 9,45 milliards de dollars.

« Il y a des gens qui vont dire que c’est beaucoup d’argent, mais c’est absolument nécessaire pour Québec, Lévis, la Rive-Sud, une bonne partie de Chaudière-Appalaches et pour l’est du Québec », a déclaré le premier ministre François Legault lors du dévoilement du projet au Centre des congrès de Québec.

« Pour moi, c’est comme une gageure qu’on fait sur la grande région de Québec. C’est important dans les états d’avoir, oui, une métropole, mais aussi d’avoir une deuxième, troisième, quatrième grande ville qui se développe. »

Illustration: Courtoisie / Gouvernement du Québec

Du Centre Vidéotron jusqu’à Lévis

D’une longueur de 8,3 km, le tunnel reliera l’autoroute 20, près de Lévis, à l’autoroute Laurentienne, à la hauteur du Centre Vidéotron. On prévoit qu’il faudra entre 10 et 15 minutes pour le traverser d’une rive à l’autre.

Ainsi, il faudrait 10 minutes en autobus pour aller d’un centre-ville à l’autre, contrairement aux 45 minutes actuelles, évalue le ministère des Transports. Lors d’une présentation technique à l’intention des médias, les hauts fonctionnaires ont affirmé qu’entre 50 000 et 55 000 véhicules allaient l’emprunter chaque jour. La vitesse maximale permise pour les voitures à l’intérieur sera de 70 km/h.

En déplaçant la sortie du tunnel près du Centre Vidéotron, le gouvernement répond aux critiques qui avaient vivement dénoncé l’idée d’une sortie aux portes du quartier Saint-Roch, devant le stade municipal. Cela rend aussi possible le projet de la Ville de transformer l’autoroute Laurentienne en boulevard urbain dans ce secteur.

« Voilà une excellente retombée de ce grand plan, et cela est tout à fait heureux », a déclaré à ce sujet le maire Régis Labeaume, qui dit voir dans le tunnel une manière d’améliorer son projet de réseau structurant.

« C’est la plus belle journée de ma carrière politique », a quant à lui soutenu le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, qui milite en faveur du troisième lien depuis le début à Québec.

Les sceptiques demeurent toutefois nombreux dans ce dossier. Une campagne nationale d’opposition au projet doit être lancée mardi matin par différents groupes écologistes, dont Équiterre et le Conseil régional de l’environnement.

Questionnés sur l’impact que pourrait avoir le projet sur l’étalement urbain, en particulier sur la Rive-Sud, les représentants du ministère ont affirmé qu’ils s’attendaient plutôt à ce qu’il densifie les villes de Québec et de Lévis.

Le tunnel Québec-Lévis sera par ailleurs étudié par le Bureau d’audiences publiques en environnement, mais pas avant 2023, soit après les prochaines élections, a indiqué le ministre des Transports, François Bonnardel.

Un tunnel sur deux étages

Ce troisième lien Québec-Lévis sera constitué d’un tunnel de deux étages, comptant chacun trois voies de circulation, dont une réservée aux autobus électriques.

Les usagers du transport en commun pourront accéder au troisième lien à partir du centre-ville dans des stations sur la colline Parlementaire, dans le quartier Saint-Roch et à la hauteur du boulevard Guillaume-Couture, du côté de Lévis.

Le gouvernement a choisi de ne plus présenter le troisième lien comme un projet en soi, mais l’intègre désormais dans un vaste projet : le Réseau express de la Capitale (REC). Ce REC inclut aussi le projet de tramway de la Ville de Québec, un nouveau réseau de voies réservées ainsi que différents projets en transport sur la Rive-Sud dans la région de Québec.

L’annonce de lundi a aussi permis d’apprendre que le MTQ allait créer une importante station d’interconnexion pour le transport en commun près des ponts. Le secteur de l’avenue des Hôtels, à proximité de l’aquarium, sera dès lors complètement refait : la pente sera adoucie, et un tunnel reliant la station au pôle d’interconnexion du tramway, de l’autre côté du boulevard Laurier, sera construit sous la voie ferrée.

Les premiers passagers du tramway devraient pouvoir y monter à compter de 2027, mais l’attente risque d’être beaucoup plus longue pour le troisième lien, dont les travaux pourraient s’étirer jusqu’à 2031.

Beaucoup de questions restent toutefois sans réponses, notamment en ce qui a trait au financement du REC. Mercredi, François Legault a dit s’attendre à recevoir une contribution « significative » de la part d’Ottawa.

À voir en vidéo

3 commentaires
  • Claude Coulombe - Abonné 18 mai 2021 02 h 01

    Une mauvaise bonne idée...

    L'environnement et plus particulièrement la lutte aux changements climatiques est le talon d'Achille de la CAQ. La CAQ, le gouvernement des banlieues avec «4 chars dans le driveway» (sic), vit dans le déni de la science et un «tout à l'auto» digne des années 60.

    Un 3e lien pour Québec, une mauvaise bonne idée! Un projet dont l’achalandage ne justifie en rien un investissement public de dix milliards de dollars. On a beau maquiller le projet en vert pâle avec une voie de bus électriques, ce projet favorise l'émission de GAES et l’étalement urbain au détriment des terres agricoles de l’est de Lévis et du comté de Bellechasse. Think Big! Pourquoi pas paver le fleuve jusqu'à Trois-Rivières tant qu'à voir grand?

    Mais la réalité de la crise climatique finira par le rattraper... Ce projet pharaonique sera le tombeau de François Legault.

  • Bernard Terreault - Abonné 18 mai 2021 07 h 30

    Vraiment nécessaire ?

    Ìle de Montréal: 2 millions d'habitants, Montérégie, 1,5 millions, total 3,5 millions, pour les relier 4 ponts, un tunnel,, un métro, donc 1 lien pour 600 000 habitants.. Population de Québec, 750 000, Chaudière-Appalache, 430 000, total 1,2 millions. Si on fait le rapport, Québec a déjà 1 lien par 600 000 par habitants, aucune raison d'en construire un de plus à un coût astronomique.

  • Jean Hamelin - Abonné 18 mai 2021 09 h 28

    Vous dites tombeau?

    Il est bien évident que pour les Québec solidaires le troisième lien c' est de la merde comme le disait la poétesse de QS Catherine ,la rue leur appartient c' est leur carré de sable et là un tramway tu ne peut le bloquer comme les automobilistes dociles qui reviennent du travail épuisé d'être pogné dans les bouchons ou les rues bloqué par les mous du Parti communiste,on à interdit les constructions en hauteurs parce que sa brisait la vision de certain après cela les mous de qs nous disent ouais mais là vous faites de l' étalement urbain,si ce troisième lien peut diminuer la création de GES en étant moins longtemps sur les routes j' ai rien contre,au qs ne pas oublier que les automobilistes paient un un montant sur leur permis de conduire pour financer le transport public qui ne serait pas viable monétairement sans cela,et comme ce projet aura une durée de cent ans ce n' est pas se tourner vers le passé comme veulent bien nous le faire croire Dorion/ zanetti mais vers le futur qs sont dépassé par l' histoire il ne comprenne que la leur qui fait du surplace le maire Labeaume à insufflé un mouvement vers le futur alors si vous ne voulez plus que votre ville avance votez QS