Plus de transparence réclamée pour le REM de l'Est

CDPQ Infra devrait dévoiler sous peu les détails des consultations qui se tiendront dans les différents secteurs traversés par le REM de l’Est, ainsi que la composition du comité consultatif d’experts indépendants.
Photo: CDPQ Infra CDPQ Infra devrait dévoiler sous peu les détails des consultations qui se tiendront dans les différents secteurs traversés par le REM de l’Est, ainsi que la composition du comité consultatif d’experts indépendants.

La Caisse de dépôt et placement du Québec mènera des consultations ce printemps concernant le futur Réseau express métropolitain (REM) de l’Est. Estimant qu’il importe de rétablir la confiance du public envers ce projet, une coalition d’organismes presse CDPQ Infra de rendre publiques, en amont des consultations, les études qui ont mené au choix du tracé et des technologies retenues.

Dans une lettre qu’ils ont fait parvenir au ministre des Transports, François Bonnardel, et à la ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, 25 organisations et experts font valoir que CDPQ Infra devra mettre en application plusieurs conditions afin de rendre le projet du REM de l’Est socialement acceptable.

La lettre, que Le Devoir a pu consulter, est signée par le directeur général du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, Emmanuel Rondia, ainsi que par une vingtaine de représentants d’organisations telles qu’Équiterre, Trajectoire Québec, le Regroupement des riverains de la rue Notre-Dame et l’Ordre des urbanistes du Québec. Parmi les signataires, on retrouve aussi Phyllis Lambert, fondatrice du Centre canadien d’architecture, et Gérard Beaudet, professeur titulaire à la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal.

« Il y a beaucoup d’inconnues. On veut avoir accès à un maximum d’informations, quitte à prendre un peu plus de temps pour s’assurer que tout est sur la table et qu’on ait le temps d’analyser les informations », explique Emmanuel Rondia.

Accès à la documentation

Les cosignataires réclament notamment que les consultations, initialement prévues pour avril, soient menées par une instance indépendante, et que le rapport et les recommandations qui en découleront soient rendus publics.

La consultation ne devrait pas se limiter au REM de l’Est, mais tenir compte des abords du tracé et de son arrimage avec d’autres projets d’infrastructures, comme la réfection de la rue Notre-Dame, ajoute-t-on. Et surtout, les signataires veulent avoir accès aux informations les plus complètes possible, en amont des consultations, qu’il s’agisse des études sur les coûts de réalisation, sur les options de tracé et de mode, sur les répercussions sur les autres projets de transport ou les analyses de coûts et bénéfices qui ont guidé le gouvernement et CDPQ Infra dans ses choix.

« Pour l’instant, on a l’impression qu’il faut croire CDPQ Infra sur parole », explique Sarah V. Doyon, directrice générale de Trajectoire Québec. « On nous présente de beaux chiffres, mais on n’a pas les études sur lesquelles s’appuyer. » Elle se questionne notamment sur les répercussions du projet sur l’achalandage des autres réseaux de transport et sur les prévisions de CDPQ Infra quant à la part des automobilistes parmi les futurs usagers du REM.

La principale préoccupation de Sylvain Gariépy, président de l’Ordre des urbanistes du Québec, demeure l’intégration urbaine du projet. « Outre la belle modélisation qui nous montre le point de vue à partir du REM vers le fleuve, je serais curieux de voir le même type de modélisation à partir d’un appartement du 3e étage au cœur du centre-ville », dit-il.

On nous présente de beaux chiffres, mais on n’a pas les études sur lesquelles s’appuyer

 

L’urbaniste Gérard Beaudet est pour sa part très critique à l’égard du gouvernement et de CDPQ Infra. « Je pense qu’on a affaire à un gouvernement qui accepte très mal les remises en question de leurs décisions », soutient-il.

La lettre envoyée il y a trois semaines est restée sans réponse.

CDPQ Infra devrait dévoiler sous peu les détails des consultations qui se tiendront dans les différents secteurs traversés par le REM de l’Est, ainsi que la composition du comité consultatif d’experts indépendants. « Ce processus de consultation sera rigoureux, inclusif et transparent et sera appuyé par la participation des partenaires gouvernementaux et municipaux », a affirmé Jean-Vincent Lacroix, porte-parole de CDPQ Infra.

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