Québec investit 250 millions dans l’électrification du transport scolaire

Un autobus d’écoliers au diesel coûte environ 100 000$, alors que la version électrique se détaille 300 000$.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Un autobus d’écoliers au diesel coûte environ 100 000$, alors que la version électrique se détaille 300 000$.

Près de 2600 nouveaux autobus électriques dédiés au transport scolaire prendront la route d’ici trois ans.

Québec a annoncé vendredi un investissement de 250 millions de dollars sur trois ans afin d’intensifier l’électrification du transport scolaire.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a précisé que le remplacement d’un autobus d’écoliers en fin de vie par un véhicule électrique ne sera pas optionnel.

« Pour amener les transporteurs à remplacer leur flotte de véhicules au diesel qui arrivent en fin de vie à leur 12e année, les transporteurs seront obligés d’acheter un véhicule électrique à partir de ce règlement qui sera adopté et sera en opération dès cet été », a-t-il dit en conférence de presse.

Or, la différence de prix entre les deux est énorme : un autobus d’écoliers au diesel coûte environ 100 000 $, alors que la version électrique se détaille 300 000 $. Cependant, l’aide gouvernementale sera substantielle ; elle atteindra 150 000 $ la première année, puis 125 000 $ la deuxième et 100 000 $ la troisième. Québec table sur une réduction des coûts à mesure que la technologie évoluera pour justifier le caractère régressif de l’aide.

Quant aux bornes de recharge qui seront requises par les transporteurs, dont le coût s’élève à environ 20 000 $, celles-ci seront subventionnées à 75 % par le gouvernement.

Réduction visée de 800 000 tonnes de GES

L’objectif à long terme est d’avoir 65 % des quelque 10 650 autobus de la flotte de transport scolaire électrifiée d’ici 2030, comparativement à 1 % présentement. L’atteinte de cet objectif signifierait une réduction de 800 000 tonnes des émissions de gaz à effet de serre.

À court terme, le nombre de 2600 sur trois ans correspond à la quantité d’autobus qui doivent arriver en fin de vie, après 12 ans de service, d’ici la fin de 2023. Seulement 6 % de la flotte québécoise est en fin de vie, ce qui permet de limiter l’impact sur les compagnies de transport scolaire.

« Avec la durée de vie de 12 ans des autobus, on prévoit que d’ici 2035 la majorité sinon la totalité de la flotte sera électrifiée », a soutenu le ministre Bonnardel.

La part du lion au Québec

 

Deux fournisseurs québécois d’autobus d’écoliers électriques, Lion Électrique et Girardin Blue Bird, devraient bénéficier grandement de cette initiative, mais Québec n’a aucunement l’intention d’obliger l’achat local, l’objectif étant d’abord et avant tout d’électrifier.

« Au Québec, les émissions (de gaz à effet de serre) au niveau du transport sont de loin celles qui handicapent le plus notre bilan. C’est essentiellement 45 % de nos émissions qui relèvent du transport », a plaidé le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette.

« Pour nous permettre d’atteindre ces objectifs, pendant une période de transition, ce sera possible d’importer aussi des véhicules électriques des États-Unis. Si la capacité québécoise n’est pas suffisante, on pourra compenser par des véhicules fabriqués aux États-Unis », a-t-il ajouté.

« C’est un défi industriel très important, très grand pour le Québec », a reconnu son collègue François Bonnardel.

« On est conscients qu’aujourd’hui, les grandes sociétés industrielles, Girardin et Lion, auront beaucoup à faire pour livrer ce nombre d’autobus. »

Pour ce premier effort, il va d’ailleurs permettre pour les trois prochaines années de « prolonger la durée de vie de 12 à 14 ans pour permettre quand même une transition adéquate vers ce transfert des autobus électriques dans les prochaines années ».

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