La technologie à la rescousse des cyclistes, avec quelques années de retard

Montréal devient la première ville québécoise à opter pour l’application Garage 529 pour contrer le vol de vélos sur son territoire.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Montréal devient la première ville québécoise à opter pour l’application Garage 529 pour contrer le vol de vélos sur son territoire.

Montréal a emboîté le pas, cette semaine, à plusieurs villes canadiennes en se tournant vers l’application Garage 529 dans l’espoir de contrer le phénomène du vol de vélos dans la métropole.

L’an dernier, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a enregistré 1732 plaintes pour vols de vélos, pour une moyenne qui « reste stable » annuellement « autour de 2000 », indique-t-il dans un courriel au Devoir. « Le nombre de vols pourrait toutefois être beaucoup plus élevé puisqu’il s’agit d’un crime qui est peu rapporté à la police », note le corps de police, qui effectue chaque année « une vingtaine d’arrestations » en lien avec ce type de délit.

« Il fallait que les gens déclarent le vol du vélo, mais il y en a qui ne le faisaient pas en se disant que ça ne sert à rien », constate la conseillère associée aux transports actifs au sein du comité exécutif, Marianne Giguère. Certains voleurs ne manquent d’ailleurs pas d’audace pour dérober des bicyclettes, en particulier dans le contexte de la pandémie, qui a augmenté l’attrait pour ce moyen de transport à Montréal.

Une solution techno

Mercredi, le SPVM a toutefois annoncé la concrétisation d’un partenariat avec l’organisme Garage 529, qui a développé, à Seattle, en 2013, une application Web et mobile qui facilite l’enregistrement de vélos et leur « traçage » dans le but de les protéger du vol. Les cyclistes montréalais peuvent ainsi inscrire leur vélo en ligne en quelques minutes. Ils pourront aussi le faire prochainement sur une version traduite en français de l’application mobile de l’organisme.

Le SPVM recommande ensuite aux cyclistes de se procurer dans les divers postes de quartier du corps de police un autocollant inviolable avec un numéro d’identification unique qui vise à avoir un effet dissuasif auprès des voleurs.

« Par un effet de masse, les gens vont avoir l’application sur leur téléphone, donc dès qu’un vélo est déclaré volé, les gens vont le savoir. Ça change tout, tant dans la simplicité d’enregistrer [son vélo] que dans son utilisation », se réjouit Mme Giguère.

En 2015, Vancouver a adhéré à la plateforme Garage 529. La métropole a depuis constaté une baisse de près de 40 % du nombre de vols de vélos sur son territoire.

« On vise ça aussi, de diminuer le nombre de vols de vélos de 30 % à 40 % d’ici cinq ans, affirme l’élue de Projet Montréal. Mais ça marche en fonction de l’adhésion, donc on espère qu’un grand nombre de cyclistes vont y adhérer. »

Vendredi soir, près de 1100 cyclistes avaient déjà enregistré gratuitement leur monture sur la plateforme web de Garage 529.

« Ce qui est important de dire, c’est que plus il y aura de vélos enregistrés, plus l’application sera utile », insiste également le président-directeur général de Vélo Québec, Jean-François Rheault.

Dominique Audet, un des instigateurs de la page Facebook Vélo volé Montréal, voit aussi d’un bon œil l’arrivée de cette plateforme Web à Montréal.

« Le voleur aura beaucoup plus de mal à écouler le vélo que dans l’ancien système », espère Dominique Audet, qui voit défiler chaque jour les témoignages de cyclistes désemparés après avoir subi un vol. « Les accusations seront plus faciles à porter qu’avant », estime-t-il.

Un virage tardif

Dominique Audet se désole toutefois que plusieurs années aient été nécessaires avant que Montréal emboîte le pas à Vancouver en optant pour cette plateforme.

« Ça ne fait pas de sens que ça n’ait pas bougé avant », lance-t-il. Dans les dernières années, plusieurs villes en Alberta, au Manitoba et en Ontario ont entre autres effectué ce virage technologique.

« Il a fallu s’adapter aux réalités québécoises », justifie Mme Giguère. La Ville devait notamment vérifier que cette application est « conforme à [sa] réglementation » et convaincre le SPVM de la pertinence de celle-ci, ajoute-t-elle.

« Pour eux, c’était quand même de leur proposer un gros changement de pratique », affirme l’élue de Projet Montréal, en référence au corps de police.

Montréal devient tout de même la première ville québécoise à opter pour l’application Garage 529 pour contrer le vol de vélos sur son territoire.

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