Le clocher de l’église Saint-Esprit-de-Rosemont présente un risque d’effondrement

Construite au début des années 1930, l’église Saint-Esprit-de-Rosemont est considérée comme la seule église de style Art déco à Montréal.
Photo: CC Wikipedia Construite au début des années 1930, l’église Saint-Esprit-de-Rosemont est considérée comme la seule église de style Art déco à Montréal.

Les travaux de restauration de l’église Saint-Esprit-de-Rosemont, située sur la rue Masson, ont été suspendus en raison des risques d’effondrement du clocher. Un périmètre de sécurité a été aménagé autour de l’église, ce qui a obligé la Société de développement commercial de la Promenade Masson à revoir son projet de piétonnisation pour cet été.

Le 22 février dernier, alors que la façade de l’église faisait l’objet de travaux de maçonnerie, des faiblesses ont été détectées et les experts ont déterminé que le clocher présentait un risque d’effondrement. La rue Masson a été aussitôt été fermée et un périmètre de sécurité a été déployé autour de l’église. Pour éviter des bris, des sangles ont été installées sur les quatre côtés du clocher. Ces équipements sont cependant temporaires, a indiqué au Devoir Olivier Lavoie, marguillier à la fabrique de la paroisse de Saint-Esprit-de-Rosemont.

Une partie de la rue Masson a pu être rouverte à la circulation depuis, mais le chantier a été suspendu. La fabrique souhaiterait compléter dès cette année les travaux de la façade et du clocher, mais elle ignore si cet objectif est réaliste puisque la facture est évaluée à 2 millions $. « On n’a pas les liquidités et l’Archevêché n’a pas les moyens de nous aider non plus. On compte beaucoup sur le Conseil du patrimoine religieux », a commenté M. Lavoie.

Une rencontre est d’ailleurs prévue vendredi avec le Conseil du patrimoine religieux du Québec et l’Archevêché de Montréal pour discuter du dossier.

La fabrique envisage aussi de lancer une campagne de financement auprès du public.

1000 $ par jour

Construite au début des années 1930 selon les plans de l’architecte Joseph-Égilde-Césaire Daoust, l’église Saint-Esprit-de-Rosemont est considérée comme la seule église de style Art déco à Montréal. Elle comporte aussi des vitraux réalisés par Guido Nincheri. « L’église Saint-Esprit est un symbole dans le quartier. Elle fait partie du décor », fait valoir Olivier Lavoie.

En raison du périmètre de sécurité qui a dû être aménagé autour de l’église, la fabrique doit payer 1000 $ par jour pour l’occupation du domaine public depuis le 22 février, ce que déplore M. Lavoie. Une demande a été acheminée à l’arrondissement afin d’obtenir une exemption ou du moins un rabais compte tenu du caractère patrimonial de l’édifice, mais cette lettre est demeurée sans réponse, selon Olivier Lavoie : « Ça fait mal à nos finances et l’argent qu’on met pour un permis d’occupation, c’est de l’argent qu’on ne met pas sur des pierres ».

À l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, on indique que la demande de la fabrique est toujours sous analyse.

Piétonnisation

Les risques d’effondrement du clocher et la fermeture partielle de la rue ont forcé la Société de développement commercial (SDC) de la Promenade Masson à revoir son projet de piétonnisation estival. « C’est arrivé comme un cheveu sur la soupe au moment où on s’apprêtait à présenter un projet pour une piétonnisation hybride de la rue Masson. Mais ce n’est plus possible. On s’est tourné vers un nouveau projet », a indiqué Kheir Djaghri, directeur général de la SDC de la Promenade Masson.

Compte tenu des événements, la SDC envisage maintenant d’aménager des espaces piétons aux intersections et sur plusieurs rues transversales afin d’animer l’artère commerciale pendant la belle saison.

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